La récolte 2026 retrouve des volumes plus proches de la normale, mais la crise viticole reste aiguë dans l’Aude. Charges record, aides insuffisantes et retards sur l’irrigation : le syndicat des vignerons réclame des...
La récolte 2026 retrouve des volumes plus proches de la normale, mais la crise viticole reste aiguë dans l’Aude. Charges record, aides insuffisantes et retards sur l’irrigation : le syndicat des vignerons réclame des mesures urgentes pour redonner de l’air aux exploitations.
Loin d’être particulièrement abondante, la récolte 2026 revient à la normale, après quatre années de petite récolte, mais a la particularité d’être hétérogène, à cause des différences entre territoires irrigués et non irrigués. "Il y a carrément des secteurs où on a vendangé moins que l’an dernier !", remarque Damien Onorré, le président du syndicat audois des vignerons, qui souligne la faiblesse de la récolte nationale. Tableau à l’appui, le président compare les charges pesant sur les exploitations en Europe : "En France elles sont les plus élevées d’Europe, on bat tous les records par hectare viticole avec 8 000 euros, alors que nos collègues italiens arrivent à 3 165 euros l’hectare et nos collègues espagnols à 1 605". Des chiffres qui ne tiennent pas compte du blocus du détroit d’Ormuz et de l’augmentation du prix du gazole non routier.
Pour le syndicat, "l’économie doit nous aider, avec une récolte enfin à la normale depuis 4 ans, on ne va pas brader le fruit de notre travail !"
Photo Philippe LEBLANC
Les coûts de production en France aggravent la situation : "C’est intenable, c’est l’État qui nous a amenés là-dedans. Plutôt que nous aider avec des enveloppes qui ne sont pas à la hauteur, des dégâts subis, le premier travail à faire, c’est vraiment sur les charges, sur nos coûts de production pour vraiment être compétitifs".
Le fonds de réarmement "Canicule Adaptation Sécheresse Incendie" est perçu comme étant dérisoire, ce qui interroge le syndicat sur la volonté ministérielle : "Dans le dimensionnement de l’enveloppe, la viticulture n’a pas été prise en compte. L’enveloppe est de 1,6 million d’euros. Réparti sur les plus de 4 000 agriculteurs audois, cela donne 300 euros par exploitation, alors que l’objectif était au minimum 2 000 euros par exploitation. Avec ça, on ne réarmera personne ! Et en plus, on nous demande de faire un travail de sélection pour essayer de flécher au maximum sur les exploitations".
Une fois de plus, le syndicat plaide pour la suppression de la taxe foncière sur le non bâti, un impôt décrit comme injuste : "On nous impose sur des vignes qui ne sont plus rentables, car elles ne produisent plus".
Les dossiers irrigation n’avancent pas
Si toutes les enveloppes sont jugées sous-dimensionnées, les viticulteurs insistent sur l’impératif d’obtenir une aide à l’irrigation : "Il faut nous accompagner pour lutter contre les aléas climatiques, notamment les assurances récoltes qui ne fonctionnent plus".
Damien Onorré : "On va porter une vigilance particulière sur les prix d’orientation".
Photo Philippe LEBLANC
Un autre outil pourrait être précieux, les paiements pour services environnementaux, mais à ce jour, il n’est toujours pas mis à disposition des vignerons : "On voudrait aider nos jeunes agriculteurs qui entretiennent les espaces et auraient ainsi un revenu complémentaire. Or rien n’avance !", déplore Damien Onorré, qui poursuit sur la nécessité d’autoriser une année blanche, "ce qui reporterait les annuités des emprunts et nous permettrait de souffler." Jamais une année blanche n’a été mise en place… à 100 %. La récolte étant rentrée, l’heure est aux transactions.
S’exprimant sur les tarifs du vin, le président s’arc-boute sur les prix d’orientation négociés par l’IGP Pays d’Oc. "On souhaite que tous les vins y compris les rosés et les rouges puissent en faire partie. L’économie doit nous aider, avec une récolte enfin à la normale depuis 4 ans, on ne va pas brader le fruit de notre travail !"