Décomplexés et libres. Ce samedi 5 septembre 2026, une cinquantaine de pratiquants plus ou moins réguliers du naturisme ont vécu une expérience inédite : cueillir nus le raisin (du grenache gris en l’occurrence) dans...
Décomplexés et libres. Ce samedi 5 septembre 2026, une cinquantaine de pratiquants plus ou moins réguliers du naturisme ont vécu une expérience inédite : cueillir nus le raisin (du grenache gris en l’occurrence) dans une parcelle d’un hectare sur les hauts de Caramany. Organisées par les vignerons de la commune, ces vendanges d’un nouveau genre ont remporté un franc succès.
Pause fraîcheur, et crème solaire indice 50, pour ces vignerons naturistes décomplexés.
L'Indépendant - CHARLES BARON
Inscrites sur internet dès l’annonce parue, près d’une cinquantaine de personnes (dont une majorité d’hommes), avec une moyenne d’âge tournant autour de 50-55 ans, se sont retrouvées ce samedi 5 septembre au matin devant la cave coopérative de Caramany. "En lançant ces Vendanges d’un nouveau genre, je n’aurais jamais pensé que cela attirerait autant d’amateurs", se félicitait Arnaud Delonca, président des Vignerons de Caramany. Il faut avouer que cette première édition des Vendanges naturistes d’Occitanie, qui se déroulait sur une parcelle d’un hectare (de grenache gris) avec vue grandiose sur le village et le miroir du lac, le tout encadré par une végétation généreuse qui avait de quoi séduire les plus dubitatifs.
Faire corps avec la nature, sensation de liberté ou challengeC’est ainsi, qu’issus des Pyrénées-Orientales, de l’Hérault, de l’Aude, du Tarn… et même des Pyrénées-Atlantiques, ces pratiquants plus ou moins assidus du naturisme "classique", ont fait connaissance autour d’un petit-déjeuner joyeux, convivial et roboratif offert par les organisateurs. Une demi-heure plus tard, c’est dans leur plus simple appareil, sécateur à la main ou hotte ajustée sur le dos (4 000 kg ont été récoltés avant midi, NDLR), que ces vendangeurs d’un jour, libres et décomplexés, se sont attelés à la tâche dans leur rangée attribuée. C’est peu dire, qu’enduits du visage aux pieds de crème solaire indice 50 et chapeautés, ils ont mis du cœur à l’ouvrage.
Ainsi Paco, un artisan illois, confiait : "L’idée de ces vendanges "à poil" m’a tout de suite séduit. J’ai trouvé l’idée marrante, sans arrière-pensée malsaine. L’esprit du vrai adepte du naturisme, c’est de faire corps avec la nature, les éléments, le soleil, le vent. Mes dernières vendanges remontent à mes 19 ans. Là j’attaque un peu rouillé, mais les bons gestes vont revenir…".
Vue unique et sublime sur le village et le barrage depuis la vigne, devenue naturiste d’un jour.
L'Indépendant - CHARLES BARON
Quelques ceps plus loin, Franck et Dominique, un couple de Pollenstrencs, coupaient les grappes en cadence. "On fait régulièrement du naturisme depuis 2-3 ans pour la sensation de liberté et de désinhibition que cela nous procure. Mais franchement on n’aurait jamais pensé vendanger tout nus. Et on ne le regrette pas : il y a une super ambiance, tout le monde est adorable".
Pïerre, résident d’Elne qui fut "viticulteur pendant 17 ans" avant d’embrasser une autre carrière, a vite fait de reprendre la main. "Pour moi, ces vendanges insolites sont un challenge (regard de l’autre, complexes, etc.) et je suis en passe de le réussir !" Quant à Arnaud Delonca, ancien rugbyman, il avait promis de "jouer le jeu", pour montrer aussi que "les vignerons catalans n’avaient pas froid aux yeux". Et tout en confirmant qu’il y aurait bien "une seconde édition l’an prochain", il s’est déshabillé, se fondant tel un caméléon dans son décor préféré : la vigne.