Après onze ans de sauvegarde, la société Egretier a été placée en redressement judiciaire. 11 des 25 salariés vont quitter l’entreprise, durement frappée par la crise viticole. Son dirigeant veut toutefois croire au...
Après onze ans de sauvegarde, la société Egretier a été placée en redressement judiciaire. 11 des 25 salariés vont quitter l’entreprise, durement frappée par la crise viticole. Son dirigeant veut toutefois croire au rebond grâce à l’agroalimentaire.
L’avenir n’est pas forcément obscur pour Jean-Michel Egretier. Le patron de la SARL Egretier s’accroche à la branche agroalimentaire, qui, assure-t-il, a "le vent en poupe". Frappée de plein fouet par la crise viticole, l’entreprise a été placée en redressement judiciaire fin juillet dernier, avec une fixation de date de cessation de paiements. Mais loin de baisser les bras, Jean-Michel Egretier lance : "Si l’agro alimentaire poursuit sur sa lancée, mon fils Lucas, 27 ans, intégrera à son tour l’entreprise familiale".
Elle est toujours implantée route de Perpignan à Narbonne.
Photo Philippe LEBLANC
Le 29 juillet, l’ouverture du redressement judiciaire, qui a succédé à la résolution du plan de sauvegarde de 10 ans, a contraint la société à abandonner l’activité de fabrication et de vente de matériel viticole. Jean-Michel Egretier tient à rassurer ses clients fidèles : "Ce qui a été commandé est livré, et nous avons toujours des machines d’occasion complètes. On a des pièces détachées pour ce matériel, on fournit, pour le service après-vente".
"La crise viticole a provoqué l’effondrement de cette activité. Tant qu’on avait des commandes, on assurait puisqu’on avait du stock et on pouvait livrer très vite. Et on était réglé dans les 60 jours après la livraison, ce qui nous permettait d’avoir un fonds de roulement. Mais quand les commandes n’arrivent plus, forcément, il n’y a plus de rentrées d’argent, forcément".
Onze salariés seront licenciés.
Photo Philippe LEBLANC
Sur les 25 salariés, ne resteront que 14. Onze seront licenciés. L’ambiance est pesante même si, poursuit Jean-Michel Egretier : "Un commercial qui faisait 1,2 million de chiffre d’affaires est tombé à 300 000 euros. Donc les employés se doutaient bien qu’un jour ou l’autre les difficultés seraient là… Pour nous qui sortions 200 machines, on est tombés à 30. Les gars voyaient bien que ça ne tournait pas".
Jean-Michel Egretier le dit sans ambages : "C’est la pire crise qu’on ait jamais eue. Le contexte est international : la Californie arrache à tout va et les secteurs liés à la viticulture ont tous plongé".
La société comporte toujours son département recherche et développement, qui lui a permis de déposer de très nombreux brevets, et de collectionner les prix, dont le dernier est "le copilote"
Un mélangeur, destiné à un grand groupe agro alimentaire.
Photo Philippe LEBLANC
Un tout nouveau brevet viticole est venu s’ajouter à la collection Egretier. Une machine garantissant la sécurité de l’utilisateur lors des décuvages dans les caves : "On a sorti un conquet à bande. Un appareil où un tapis amène la vendange sur une vis protégée qui alimente une pompe. Ce dispositif de prévention des accidents a été pris en compte par la MSA et le ministère de l’agriculture. Il y aura des contrôles dans les caves coopératives et particulières. Et les gens vont être obligés de se mettre aux normes".
Jean-Michel Egretier avec un mélangeur.
Photo Philippe LEBLANC
En attendant la mise au point de ce nouvel outil, la société Egretier poursuit la fabrication de machines destinées aux grands groupes agro alimentaires comme l’italien Galbani ou Nestlé. Des mélangeurs pour produits transformés, des vannes et des pompes de transfert quittent toujours Narbonne pour l’étranger.
La société Egretier est en période d’observation, et en janvier 2027 déposera un plan de continuation.
La société industrielle historique de Narbonne, dotée d’un vrai savoir-faire technique, traverse une période économique délicate.
Le tribunal de commerce de Narbonne a prononcé simultanément la résolution du plan de sauvegarde, l’ouverture d’un redressement judiciaire, la fixation de la date de cessation des paiements au 29 juillet 2026, et la désignation d’un administrateur et d’un mandataire judiciaires. La période d’observation court jusqu’au 29 janvier 2027.
La société éponyme a été créée en 1954 par le père Michel Egretier, capitaine d’industrie réputé pour son esprit inventeur. Elle est toujours implantée route de Perpignan à Narbonne. L’entreprise familiale, aujourd’hui aux mains du fils Jean-Michel, est spécialisée dans la conception et la fabrication de machines industrielles œuvrant dans deux domaines, viticole et agro alimentaire.