Vincent et Laura étaient citadins et rien ne les destinait vraiment à devenir éleveurs en Lot-et-Garonne. Pourtant, en 2022, le couple a choisi de changer de vie et de bâtir sa propre ferme à Saint-Hilaire-de...
l'essentiel Vincent et Laura étaient citadins et rien ne les destinait vraiment à devenir éleveurs en Lot-et-Garonne. Pourtant, en 2022, le couple a choisi de changer de vie et de bâtir sa propre ferme à Saint-Hilaire-de-Lusignan. Porcs noirs gascons élevés en plein air, transformation artisanale, vente en circuit court et désormais repas à la ferme : quatre ans plus tard, la Maison Priotti incarne une reconversion audacieuse, construite à force de travail, de convictions et de passion. On vous raconte
Rien ne prédestinait vraiment ces deux citadins à poser leurs valises au cœur du Lot-et-Garonne. Vincent, originaire de région parisienne, et Laura, Bordelaise, se rencontrent pendant leurs études à Montpellier. Lui décroche un BTS de technicien en grandes cultures, avec une spécialisation dans le maïs ; elle devient ingénieure en agroalimentaire.
Après une première expérience dans une grande exploitation agricole en région parisienne, Vincent ressent pourtant rapidement le besoin de changer d’air. Le couple aspire à davantage d’espace, de liberté et à une autre qualité de vie.
« En région parisienne, le coût de la vie et le rythme frénétique finissent par vous étouffer. On dépensait énormément pour un quotidien très stressant. On avait un besoin vital de grands espaces et d’une vraie qualité de vie », confie Vincent.
Le Lot-et-Garonne, une terre d’opportunitésC’est finalement le jeu des opportunités qui conduit le couple en Lot-et-Garonne. Le prix du foncier, beaucoup plus accessible qu’en région parisienne, pèse évidemment dans la balance. Mais Vincent et Laura découvrent surtout un territoire où leur projet peut réellement prendre racine.
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« Quand on compare le prix de l’immobilier et du foncier agricole avec la région parisienne, la différence est abyssale. Ici, nous avons pu devenir propriétaires de nos terres et investir sans nous asphyxier financièrement », souligne Laura.
Loin des grandes exploitations de la Beauce, le couple découvre également un monde agricole à taille humaine. « Quitter le béton et la pression citadine nous a permis de retrouver des valeurs simples. Dans le Lot-et-Garonne, nous avons été accueillis à bras ouverts, avec une vraie solidarité paysanne », poursuit Vincent.
Une ferme construite de leurs mainsMais changer de vie ne signifie pas choisir la facilité. Créée en 2022, leur exploitation est le fruit d’un investissement considérable. Il leur faudra notamment un an et demi d’autoconstruction avant de pouvoir accueillir leurs premiers porcelets, puis une année supplémentaire d’élevage avant de commercialiser leur production.
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« Travailler autant pour notre propre ferme et notre liberté a une valeur inestimable. Chaque heure passée à bâtir notre exploitation prend du sens, loin de la routine du métro-boulot-dodo », résume Laura.
Aujourd’hui, la Maison Priotti s’étend sur 16 hectares, dont sept clôturés pour accueillir les animaux. Les cochons évoluent entre prairies et forêts de chênes. Le couple entend volontairement conserver une exploitation à taille humaine, avec une production comprise entre 60 et 80 porcs par an.
Et ici, quasiment tout se fait sur place. Vincent et Laura ont aménagé leur propre laboratoire de transformation, un atelier de découpe, une cuisine et une conserverie. Salaisons et conserves sont élaborées sans nitrites ajoutés ni conservateurs, avec la volonté de maîtriser la production de l’élevage jusqu’au produit fini.
Le circuit court comme évidenceLe couple a également fait du circuit court l’un des piliers de son modèle. Les produits de la Maison Priotti sont commercialisés directement dans la boutique de la ferme, dans plusieurs magasins de producteurs de la région ainsi que sur Internet.
Une façon de conserver le contact avec les consommateurs et de raconter, derrière chaque produit, une manière différente de travailler.
Cette volonté de partage va désormais encore plus loin. Une fois par mois, Vincent et Laura organisent un repas à la ferme autour du porc noir gascon. Au programme : apéritif local, buffet d’entrées, cochon cuit lentement à la broche et au feu de bois, accompagnement, café et gourmandises maison.
Le prochain rendez-vous est fixé au mardi 18 août, à partir de 19 h 30. Le tarif est de 28 euros par personne et de 12 euros pour les moins de 12 ans, hors boissons. Les réservations sont obligatoires et le nombre de places limité.
Quatre ans après avoir lancé leur aventure, Vincent et Laura ne semblent guère regretter le virage effectué. « On ne regrette pas un seul instant d’avoir quitté la région parisienne. Vivre au grand air, produire une nourriture saine et partager ces moments avec les gens d’ici, c’est exactement la vie meilleure que nous cherchions », conclut Vincent.