Vigne, brebis, oliviers, bière et désormais pistaches... Depuis leur arrivée au domaine Roquenégade en 2021, Alexis et Émilie ont fait le choix d’une agriculture diversifiée. Rejoints cette année par Denis, ils...
Vigne, brebis, oliviers, bière et désormais pistaches... Depuis leur arrivée au domaine Roquenégade en 2021, Alexis et Émilie ont fait le choix d’une agriculture diversifiée. Rejoints cette année par Denis, ils poursuivent leur modèle agricole avec de nouvelles productions et déjà d’autres projets.
Au domaine Roquenégade, au pied de la montagne d'Alaric dans les Corbières, il y a toujours quelque chose qui pousse. De la vigne bien sûr, mais aussi des oliviers, de l’orge, des pistachiers. Et au milieu, quelque 70 brebis, des hectares de prairies, garrigues et pinèdes. Depuis leur arrivée en 2021 dans le Val-de-Dagne, Émilie Gal et Alexis Gaudin ont fait de la diversification le cœur de leur projet agricole. "On ne voulait pas être sur une monoculture avec tous les risques que ça implique, on voulait vraiment se diversifier", explique le jeune couple. Cinq ans plus tard, le domaine commence à prendre la forme qu’ils avaient imaginée. Et cette année, pour la première fois, quelques pistaches sont apparues sur les arbres.
La récolte tient encore dans de petits paniers, et pas question de commercialisation pour l’instant. Mais sur les quatre hectares plantés entre 2023 et 2025, ces premières pistaches ont valeur de test. "Ça nous permet surtout de voir à quel moment elles arrivent vraiment à maturité, de goûter, de faire des essais de torréfaction", explique Émilie. Il faudra encore patienter trois à quatre ans pour de véritables récoltes. Le couple a choisi des variétés destinées à la pâtisserie, avec un positionnement qualitatif. "On n’est pas sur de la pistache apéritif d’entrée de gamme", précise Alexis.
Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panierLe pistachier n’est finalement qu’une pièce supplémentaire dans un puzzle beaucoup plus large. Situé entre 200 et 500 mètres d’altitude, ce beau domaine compte huit hectares de vignes bio en production, bientôt une dizaine, trois hectares d’oliviers, 25 hectares de prairies, deux hectares d’orge, deux gîtes et un troupeau d’environ 70 brebis. Une brasserie est également née l’an dernier. "La vigne reste aujourd’hui l’activité principale, avec une production attendue cette année autour de 12 000 à 15 000 bouteilles. Mais à terme, elle ne devrait plus représenter que 40 à 50 % du chiffre d’affaires. La pistache pourrait peser autour de 15 %, comme la bière et la future distillerie", ajoutent les deux agriculteurs. Une façon de répartir les risques."Si on a une année difficile sur le vin, comme cela nous est arrivé deux années d’affilée, on peut se reposer sur autre chose." Le domaine a en effet encaissé une récolte viticole perdue avec la grêle en 2024, puis la sécheresse et les sangliers en 2025. "On est sur un projet de long terme", insiste Alexis.
Un troisième associé et encore des projetsDepuis juin, l’aventure se poursuit à trois. Denis Bourdin, 34 ans, rencontré par le couple en Guyane il y a plusieurs années, a quitté le génie civil pour rejoindre le domaine. Avec lui arrive un nouveau projet : une distillerie. "L’idée était de rejoindre le projet sans simplement ajouter une personne, il fallait créer un nouveau pôle économique." L’alambic doit arriver en novembre et l’objectif est de démarrer les premières productions début 2027. Au menu, du gin à partir notamment du genévrier présent sur le domaine, du vermouth, ou encore du whisky produit avec l’orge cultivée sur place." Là encore, l’idée est de valoriser ce qui existe déjà. On a des sous-produits à la brasserie ou autour du vin. Le but, c’est d’aller plus loin dans leur valorisation."
Car derrière la multiplication des activités, le trio défend surtout un système où chacune doit servir les autres. "Les brebis pâturent dans les cultures pérennes, leur fumier amende les sols et l’orge alimente la brasserie. En cinq ans, plus de 4 000 arbres ont aussi été plantés sur le domaine, entre pistachiers, haies et agroforesterie. Chaque pôle est réfléchi pour apporter une plus-value aux autres." Une agriculture volontairement polyvalente, donc, mais pas encore arrivée au bout de sa construction. "On pousse vraiment les curseurs de la diversification", sourit Alexis. À Roquenégade, la pistache commence tout juste à donner ses premiers fruits. Le reste aussi.
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