Océane Riallan, éleveuse dans les Hautes-Pyrénées, fait face à la disparition mystérieuse d'une centaine de brebis depuis fin juillet, après un épisode de brouillard. Malgré les longues heures de recherche depuis...
l'essentiel Océane Riallan, éleveuse dans les Hautes-Pyrénées, fait face à la disparition mystérieuse d'une centaine de brebis depuis fin juillet, après un épisode de brouillard. Malgré les longues heures de recherche depuis plusieurs semaines, elles restent introuvables. Un nouveau coup dur pour l'agricultrice, dont le troupeau a déjà été fragilisé par des maladies. Son activité pourrait ainsi être menacée, même si elle veut garder espoir. On vous explique ce mystère qui enfle dans les hauteurs pyrénéennes.
Une centaine de brebis évaporées dans la nature depuis plusieurs semaines. C'est le mystère qui n'arrête pas de tourner dans la tête d'Océane Riallan. Une grande partie de ses bêtes et de celles d'un autre éleveur se sont volatilisées de l'espace où elles étaient installées, dans les hauteurs du secteur du Pic du Montaigu.
Fin juillet, la météo a eu raison de la surveillance du jeune berger chargé de veiller sur le troupeau : "Malheureusement il y a eu trois jours de gros brouillard, comme n'importe quel humain on ne voit pas... Les bêtes s'étaient dispersées et après on s'est rendu compte qu'il en manquait une centaine. En sachant que les bêtes ne connaissaient pas ces montagnes, les brebis n'avaient pas de repères..."
"On a remué ciel et terre"Depuis, c'est le branle-bas de combat pour retrouver le troupeau. "On a remué ciel et terre, on a fait intervenir la Pastorale Pyrénéenne qui nous vient en aide lors de problèmes de ce type. Ils sont venus huit jours d'affilée pour faire des recherches, ils n'ont rien vu. On a prévenu tous ceux qui pouvaient être prévenus : éleveurs et amis sur le secteur qui font de la montagne."
Ses brebis sont perdues dans la nature.
Reproduction autorisée - Océane Riallan
Car les bêtes peuvent aller loin... Une vingtaine de ses brebis ont été aperçues il y a quinze jours au-dessous du lac Bleu, bien loin de leur point de départ. Mais le temps que l'agricultrice soit au courant, elles étaient déjà reparties. Un déplacement qui ne surprend pas la jeune agricultrice : "C'est possible car cette année est sèche, les brebis ne connaissent pas le terrain, elles vont aller à l'instinct là où il y a de l'herbe... Des brebis sont capables de marcher énormément."
Océane Riallan est toujours à la recherche de ses brebis, perdues dans la nature.
Reproduction autorisée - Océane Riallan
Un nouveau coup dur pour l'éleveuse qui les enchaîne. D'abord les maladies qui lui font perdre une vingtaine de bêtes : la piroplasmose transmise par la tique en janvier, puis l'ehrlichiose et la fièvre catarrhale ovine. De 150 brebis, il n'en reste plus que 85 aujourd'hui. Et même celles qui restent ont avorté, et ne donneront pas d'agneaux cette année.
Une réalité qui pourrait remettre en question l'activité de l'agricultrice. "Je m'empêche d'y penser sinon je m'effondre, je ne suis pas fille d'agriculteur, je suis Nantaise, j'ai démarré de rien. Je n'ai même pas remboursé mes brebis, je vais payer pendant au moins cinq ans des brebis qui ne sont plus là. Mais je préfère me concentrer sur ce que je peux faire. "
"Chercher une aiguille dans une botte de foin"L'agricultrice basée à Saint-Lézer ne baisse donc pas les bras : "Je remonte à la montagne demain soir pour soigner, faire de la recherche sans trop savoir où chercher… Je compte beaucoup sur le fait qu'en septembre, s'il fait mauvais, les brebis vont finir par descendre. Mais il risque d'y en avoir sur le carreau, peut-être certaines auront mis bas et ne voudront pas descendre, d'autres seront blessées."
Parmi les prochains points de recherche : la forêt entre Gazost et Hautacam. Et chacun qui va en randonnée ou en montagne peut ouvrir l'œil. Les bêtes d'Océane sont siglées des lettres "OR" en bleu. Car c'est "comme chercher une aiguille dans une botte de foin" rappelle-t-elle, l'union peut faire la force.