À Castelnau-Montratier, la sécheresse estivale a brisé les espoirs de Pascal Testut. Installé depuis 2005, cet agriculteur avait pourtant misé dès 2018 sur une variété de raisin de table robuste et économe en eau....
l'essentiel À Castelnau-Montratier, la sécheresse estivale a brisé les espoirs de Pascal Testut. Installé depuis 2005, cet agriculteur avait pourtant misé dès 2018 sur une variété de raisin de table robuste et économe en eau. Mais après trois mois sans une goutte de pluie, sa récolte est totalement anéantie, à l'instar de ses vergers de pommes. Face à un manque à gagner colossal et au risque de séquelles sur ses vignes l'an prochain, l'exploitant appelle l'État à l'aide tout en gardant la foi en son métier. Rencontre.
"Le moral est en baisse, je ne sais pas comment je vais faire", raconte Pascal Testut. Les fortes chaleurs de cet été n'auront épargné personne. À Castelnau-Montratier (Lot), l'agriculteur s'était lancé en 2018 dans la culture d'une variété de raisin particulièrement résistante à la chaleur et peu gourmande en eau, les précipitations naturelles lui suffisant. Tous les ans, il ramassait ces fruits qui étaient bien plus gros que le raisin utilisé pour le vin, avec une couleur tournant vers le rose, des grappes plus imposantes et sans pépin. Ces fruits étaient consommés ainsi, ils n'étaient pas destinés à être transformés en alcool. "J'avais aucune difficulté à les vendre, il y a une forte demande sur ce produit", affirme-t-il. "L'année dernière, malgré les fortes chaleurs, j'avais eu une belle récolte".
Pascal Testut ne pourra pas ramasser ses raisins cette année.
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Mais cette année, changement radical sur son exploitation : il n'a pas plu depuis trois mois. Même l'orage du lundi 3 août n'aura servi à rien. "On n'a pas eu une goutte d'eau ici". Et même si cette variété est résistante, elle n'est pas non plus une solution miracle. Les conséquences sont immédiates : feuilles brûlées, grains petits et secs, quand d'autres n'ont même pas achevé leur croissance. Impossible pour lui de les ramasser dans cet état. "Je ne peux pas les vendre à mes clients, c'est un fruit qui ne rentre pas dans les critères".
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"Le raisin a trois semaines d'avance, mais il n'y a rien à récolter"En voyant l'état de ses vignes, il n'a pas d'autre choix : "Pour moi, la récolte est anéantie pour cette année", se désespère-t-il. "C'est une perte sèche". Le manque d'eau a stressé la vigne, qui a figé les raisins dans leur développement. Pascal Testut ne peut pas non plus arroser sur cette parcelle, il est totalement dépendant de la météo. "J'ai passé 300 heures de travail sur un hectare, tout ça va partir en fumée". Des fruits en mauvais état, donc pas de récolte pour lui et une perte financière astronomique. "Je n'ai pas encore chiffré, mais ça sera conséquent". Il poursuit : "J'ai arrêté toutes les interventions, comme tondre. Il faut que j'économise et l'essence coûte cher".
En 2025, les raisins avaient meilleures mines.
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Désormais, il va devoir attendre novembre, au moment de tailler ses vignes, et faire tomber son raisin. "À cause du stress, la plante peut être altérée. L'année prochaine, il y a un risque de perte de moins 20 ou moins 30 %, lié à ces fortes chaleurs".
Ses autres cultures sont aussi impactéesSes autres cultures ont aussi été touchées par la chaleur comme les pommes. "On va être à 50 % de dégâts, c'est sûr. Elles sont brûlées". Si ses poires ont évité le pire, leur rendement ne suffira pas à compenser les pertes enregistrées sur ses autres productions. "C'est un équilibre, si on veut être dans les clous, il faut que tout marche. Là, c'est la première fois que je vois ça, depuis que je me suis installé en 2005, ce n'est pas normal". Il a contacté la DDT pour qu'elle puisse venir constater les dégâts, et espère une aide de l'État pour sortir la tête de l'eau. "On doit nous faciliter la tâche, parce qu'on arrive dans des années difficiles". Malgré cela, il continue de croire en son métier. "Je veux finir ma carrière ici, je suis attaché à mes terres et mes cultures", conclut-il.