À Belfort-du-Quercy (Lot), Christophe et Jean-Luc Vérines, producteurs de prunes, melons et céréales, dressent un bilan alarmant : jusqu'à 50 % de pertes sur leur verger de pruneaux d'Agen. Face au dépérissement de...
l'essentiel À Belfort-du-Quercy (Lot), Christophe et Jean-Luc Vérines, producteurs de prunes, melons et céréales, dressent un bilan alarmant : jusqu'à 50 % de pertes sur leur verger de pruneaux d'Agen. Face au dépérissement de leurs arbres et à la guerre des prix en grande surface, les deux frères réclament un accès facilité à l'eau, qu'ils considèrent comme l'unique rempart pour sauver leur exploitation, contre la chaleur et la sécheresse qui frappent l'agriculture et ruinent des années de travail. Récit.
"Il nous faut de l'eau, sans elle les cultures sont en souffrance", lance Christophe Vérines. Avec son frère Jean-Luc, il gère un GAEC de polyculture à Belfort-du-Quercy : melons, pastèques, céréales, et le produit star de l'exploitation, les pruneaux d'Agen, qu'ils commercialisent sous leur marque Véri'Good.
"On sera sur une perte estimée entre 30 et 50 %"Bien qu'ils gèrent d'une main de maître cette petite entreprise familiale, les deux frères n'ont pas été épargnés par la sécheresse et les canicules à répétition. À commencer par les prunes. "On sera sur une perte estimée entre 30 et 50 %", assure Christophe Vérines.
Les arbres présentent de nombreuses feuilles mortes, la majorité n'ont pas de fruits à la cime. Ceux qui en ont, sont en mauvais état ou en quantité réduite tandis que d'autres plants n'ont tout simplement pas survécu et sont tout secs. Quant aux fruits déjà tombés par terre, ils ne sont pas commercialisables, ce qui représente aussi un manque à gagner. "Je ne regarde plus mes arbres, ça me fait tellement mal au cœur", souffle le producteur. Un déchirement d'autant plus profond que la pruniculture représente le cœur de son activité, avec environ 60 % de l'exploitation.
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"Je dois avoir 2 000 arbres impactés. Même un orage ne nous sauverait pas". Par chance, il avait commandé 1 000 plants en 2025 pour cette année. "Je pensais qu'on allait avoir un problème avec un excès d'eau, mais je ne m'attendais pas à ce que ce soit lié à la sécheresse". Mais il voit la réalité en face : son verger s'est affaibli, il faudra deux ans à ses fruitiers pour retrouver une bonne santé, si tout se passe bien dans les prochains mois. Comme tous les ans, il attendra la période du 15 août pour ramasser ses fruits. "Ils doivent être mûrs. Quitte à perdre en quantité, le principal c'est la qualité".
La solution pour lui ? Un meilleur accès à l'eauSes autres cultures ont relativement tenu le choc, notamment les melons et les pastèques. "On a réussi à sauver la récolte, mais le problème en ce moment, c'est la guerre des prix dans les grandes surfaces. Le consommateur s'en réjouit, mais nous, les agriculteurs, on en souffre. Ils préfèrent les produits exportés plus abordables que les melons du Quercy qui sont un peu plus chers".
Christophe Vérines tente bien que mal de trouver des solutions pour sauver son exploitation : il a installé des filets paragrêle et il blanchit les feuilles à l'argile, mais pour lui la seule possibilité, c'est l'eau. "C'est essentiel de mettre de l'humidité, on baisse la température de 6 °C et la biodiversité fait son travail". Il l'assure : "L'eau, c'est une climatisation naturelle. Si j'en ai, je m'en sortirai même avec des prix bas, sans ça, on risque de perdre notre souveraineté alimentaire. Les zones où on n'a pas irrigué, on sera à 100 % de perte". Pour cela, il souhaite pouvoir créer une retenue d'eau sur sa propriété comme selon le projet de loi d'urgence agricole*. "On ne veut pas se l'accaparer. Elle doit suivre son cours, mais sans elle, on peut tout perdre".