La récolte des prunes d'Ente a débuté avec dix jours d'avance dans le Lot-et-Garonne en raison des fortes chaleurs. Reportage dans les vergers de Valentin Belbès, pruniculteur à Pujols, à côté de Villeneuve-sur-Lot....
l'essentiel La récolte des prunes d'Ente a débuté avec dix jours d'avance dans le Lot-et-Garonne en raison des fortes chaleurs. Reportage dans les vergers de Valentin Belbès, pruniculteur à Pujols, à côté de Villeneuve-sur-Lot. L'agriculteur prévoit une baisse de rendement de 30 % malgré des fruits de qualité.
La récolte 2026 des prunes d'Ente a commencé dans le Villeneuvois
DDM - VALENTIN VIE
Depuis la semaine dernière, les machines s’activent dans les vergers de Valentin Belbès, pruniculteur à Pujols. Et pour cause, la récolte des prunes d’Ente a débuté depuis quelques jours dans le Villeneuvois. Entre les rangées d’arbres, les trois tracteurs équipés de remorques avec une corolle secouent les pruniers pour faire tomber les fruits. Les prunes sont ensuite ramenées dans le hangar de production, où elles sont lavées, triées et calibrées, avant de passer à la phase de l’enclayage. Les "claies" sont ensuite mises dans des fours afin de sécher les prunes. Le cycle classique du pruneau d’Agen IGP.
La récolte 2026 des prunes d'Ente a commencé dans le Villeneuvois
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"On a commencé avec une dizaine de jours d’avance, confie le patron de l’exploitation les Délices du Plantou. Avec ces gros phénomènes de canicule, on a eu une récolte qui s’est un petit peu avancée par rapport à une date de récolte qui se situait en général autour du 12 ou 15 août. Avec ces phénomènes de chaleur, les arbres ont quand même souffert et commencent donc à lâcher leurs fruits. C’est pour ça qu’on a avancé la récolte du millésime 2026."
L’agriculteur de 34 ans exploite aujourd’hui 40 hectares de pruniers. Et ses vergers ne sont pas irrigués. Alors, pour aider les arbres à supporter les fortes chaleurs, il a notamment recours au paillage, une pratique qu’il dit inspirée des méthodes employées autrefois.
La récolte 2026 des prunes d'Ente a commencé dans le Villeneuvois
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"On utilise des pratiques assez ancestrales comme la mise de la paille sur les arbres ou encore le blanchiment des feuilles, afin d’éviter que le soleil tape sur la feuille. Ces techniques ont permis aux arbres de garder un peu de fraîcheur malgré ces épisodes de canicule."
La récolte 2026 des prunes d'Ente a commencé dans le Villeneuvois
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Malgré ces précautions, les dégâts sont conséquents. Les coups de soleil ont marqué les fruits et provoqué une première vague de pertes. Selon le producteur, la baisse du rendement sera de l’ordre de 30 %. "Avec ces gros phénomènes de canicule, on a perdu une partie de la récolte il y a à peu près un mois avec ces gros coups de soleil qu’il y a eu."
Pour autant, Valentin Belbès ne veut pas tomber dans la sinistrose. La récolte ne fait que commencer et les premières observations laissent entrevoir des fruits de qualité et des calibres intéressants. Les fortes températures ont accéléré la maturation et favorisé la transformation des acides en sucre. "On aura une année avec des prunes bien sucrées, mais pas non plus exceptionnellement sucrées. Par contre, côté quantité, c’est certain qu’on sera en dessous d’une année normale. Mais le fruit sera bon, ce qui est déjà ça", estime le producteur.
La récolte 2026 des prunes d'Ente a commencé dans le Villeneuvois
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Après plusieurs années difficiles pour la filière, notamment marquées par les épisodes de gel, cette nouvelle campagne suscite forcément des inquiétudes. Pour autant, le pruniculteur considère que la situation reste moins dramatique que lors de certaines années de gel printanier.
La récolte 2026 des prunes d'Ente a commencé dans le Villeneuvois
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"C’est compliqué à comparer, mais je reste plus optimiste que sur une vraie année de gel. Quand il a gelé, il y a eu des vergers où il n’y avait littéralement pas une prune. Ici, au moins, même si ce n’est pas une année record, on aura une partie de la récolte. Il manquera quand même 30 % par rapport à une année normale d’après nos estimations actuelles. Ce n’est pas aussi catastrophique qu’une année de gel."
Le constat est néanmoins préoccupant pour l’avenir. Car si la récolte 2026 est directement touchée, les conséquences de la chaleur pourraient également se faire sentir l’an prochain. "On partage tous cette inquiétude dans la filière, surtout pour ceux qui, comme moi, n’ont pas d’irrigation. Ce qui nous a inquiétés, c’est la répétition et la durée des épisodes de canicule. Effectivement, on sait déjà qu’on va perdre une partie de la récolte cette année, mais le vrai souci, ce sont les conséquences pour l’an prochain. Les bourgeons pour la prochaine récolte ont déjà été formés pendant ces épisodes de chaleur, donc on ne sait pas encore vraiment leur état. On verra en mars 2027 comment les arbres auront vraiment réagi."
La récolte 2026 des prunes d'Ente a commencé dans le Villeneuvois
DDM - VALENTIN VIE
Pour le jeune producteur, la multiplication des épisodes climatiques, toutes saisons confondues, va obliger les arboriculteurs à revoir leurs pratiques. "La canicule n’est pas le seul problème : l’excès d’eau en hiver joue aussi beaucoup, ça abîme les racines. Tous ces extrêmes, il faut apprendre à jongler avec. On va sûrement devoir adapter les tailles, réfléchir à nos méthodes, pas mal de choses seront à reconsidérer, et la filière entière doit se pencher dessus."