Dans le Lot-et-Garonne, les abeilles subissent les conséquences des temps caniculaires qui touchent le département depuis plusieurs semaines. Les apiculteurs, eux aussi, sont contraints de s’adapter. C’est donc tout...
Dans le Lot-et-Garonne, les abeilles subissent les conséquences des temps caniculaires qui touchent le département depuis plusieurs semaines. Les apiculteurs, eux aussi, sont contraints de s’adapter. C’est donc tout l’écosystème apicole qui vacille sous l’effet du changement climatique. Patrick Granziera, président du syndicat de l’Abeille gasconne, livre un diagnostic peu radieux sur cet été de crise et esquisse des pistes pour trouver des solutions.
Des fleurs séchées, des ruches transformées en cocottes-minute et des abeilles plus occupées à jouer les ventilateurs qu'à polliniser. Le tableau dressé n'est pas utopique, bien au contraire. Pourtant, c'est la réalité qui frappe actuellement le Lot-et-Garonne. Cet été 2026, la filière apicole encaisse de plein fouet le choc thermique. Entretien avec Patrick Granziera, président du syndicat de l'Abeille gasconne.
Comment se portent les abeilles lot-et-garonnaises par ces temps caniculaires ?
C'est une catastrophe ! Nos abeilles souffrent. Elles ne sont pas épargnées par la chaleur. Elles ne sortent pas, car il faut assurer la climatisation de la ruche. Les abeilles se mettent à plusieurs à l'entrée et battent des ailes pour créer un peu d'air.
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Et les apiculteurs qui s'en occupent ?
Nous aussi, on souffre. Dans nos combinaisons, c'est le sauna ! Ces séquences caniculaires nous mettent à mal. C'est subi et immédiat. On ne l'a pas vu venir. On a eu jusqu'à 42 degrés à l'ombre. C'est dingue. On ne peut travailler que très tôt le matin. On peut commencer vers 5 heures du matin. Ça peut aller jusqu'à 11 heures, mais après ce n'est plus possible. On protège nos abeilles comme on peut...
Quelles conséquences ont ces fortes chaleurs sur le fonctionnement des abeilles ?
C'est tout un système qui est impacté. Les abeilles peuvent assurer la pollinisation de bonne heure, mais la journée ce n'est pas faisable. Elles ne peuvent pas être performantes 24 heures sur 24. L'autre problème, c'est que lorsqu'il fait chaud, les plantes souffrent aussi. Elles sèchent, donc il reste moins de quoi polliniser.
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Pouvez-vous d'ores et déjà dresser un bilan de la saison ?
Il est encore un peu tôt. Il y a des endroits où c'est la cata, d'autres où ça va encore. On fera le point à la fin de l'été. Heureusement, le printemps s'est bien passé, donc on verra bien pour le bilan global...
Vous êtes apiculteur depuis une quinzaine d'années. Vous avez dû constater ce changement climatique aux premières loges...
Évidemment. Depuis trois ans, on sent une véritable différence. Je m'aperçois que je recule de plus en plus la récolte. Avant, c'était impensable, mais aujourd'hui, on peut récolter jusqu'à fin septembre, voire début octobre. Dans les années à venir, il va faire de plus en plus chaud. Y aura-t-il assez d'espaces floraux pour les abeilles ? C'est la nature qui décidera. En tout cas, il va falloir réfléchir à des fonctionnements différents.
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Justement, quelles solutions peut-on mettre en place pour améliorer cette situation alarmante ?
Dans l'immédiat, on peut déplacer les ruchers à l'ombre. Mais ce n'est pas possible pour tout le monde. Ceux qui en ont 400 ou 500, ce n'est pas faisable. Sinon, il faut installer des ombrages, mais ça coûte cher.
Et à long terme, que faudrait-il faire ?
Il y a des réflexions à mener. On peut s'imaginer peindre les toits des ruches en blanc, plutôt que d'avoir de la tôle. Cela permettrait d'avoir une réflexion différente de la chaleur. Il faudrait aussi voir avec l'environnement agricole, même si nos amis agriculteurs y réfléchissent déjà. Il faut peut-être planter des fleurs qu'on n'a pas l'habitude d'avoir. Par exemple, la rose, elle, sèche facilement avec la chaleur. Mais, encore une fois, ça dépendra beaucoup de l'évolution du climat.