La lutte contre le frelon asiatique s’intensifie dans le Lot-et-Garonne. Le comité 47 prépare des commandes groupées de pièges pour réduire les coûts et protéger des cheptels d’abeilles déjà amputés de 30 % de leur...
La lutte contre le frelon asiatique s’intensifie dans le Lot-et-Garonne. Le comité 47 prépare des commandes groupées de pièges pour réduire les coûts et protéger des cheptels d’abeilles déjà amputés de 30 % de leur population.
Le comité Frelon asiatique 47 s’apprête à franchir un nouveau cap dans sa stratégie de combat contre le redoutable nuisible.
"Nous sommes en pleine préparation de la saison de piégeage, qui se fera au printemps prochain", explique André Saligné, maire de Saint-Antoine-de-Ficalba et membre du comité. "Dans ce contexte, nous comptons proposer aux communes et aux communautés de communes d’adhérer à un projet de commandes groupées."
L’année dernière, le village de Trentels avait acheté cinquante pièges. L’idée serait d’élargir la lutte contre ces indésirables. "Les pièges coûtent très cher", développe André Saligné. "Mais si les commandes groupées sont suffisamment importantes, on pourrait faire descendre le prix à environ 30 à 40 euros."
Des nids de plus en plus basDans un premier temps, le comité compte voir combien de communes seraient intéressées. Par la suite, des pièges pourront être prêtés aux personnes ayant identifié un nid non loin de chez elles. Tout l’enjeu est de voir combien de reines ont été attrapées.
Concrètement, comment fonctionnent les pièges à frelons ? Munis de quatre trous, ils sont conçus pour que les frelons, en y entrant, ne puissent pas faire marche arrière. "Contrairement à des insectes plus petits, qui eux pourront s’échapper", précise André Saligné. "Les frelons sont attirés par un appât dans le piège. Une fois à l’intérieur, impossible pour eux d’en sortir."
Avec des dizaines de milliers de nids présents dans le département, la lutte est serrée. D’autant qu’auparavant, les nids secondaires se trouvaient plutôt au sommet des arbres. Désormais, on en voit de plus en plus assez bas.
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"Avant l’hiver, en septembre, octobre et novembre, c’est entre 200 et 400 reines qui sont fécondées", explique André Saligné. "Quand arrive le froid, elles vont se terrer dans les endroits creux. Ensuite, quand les températures remontent à 12-13 degrés, elles sortent de leur hibernation, et il ne leur reste plus qu’à construire leur nid et pondre. Pour cela, elles vont chercher de la nourriture, en allant récupérer du pollen sur les premières fleurs qu’elles trouvent."
Une fois suffisamment nourries, les reines pondent leurs premiers œufs dans un nid primaire. "Ceux-là se situent généralement dans des endroits creux, plutôt abrités, contrairement aux nids secondaires, en extérieur."
20 à 30% d'abeilles en moins dans les cheptelsCe sont ces fameux nids de la taille d’un ballon de basket visibles dans les arbres. La reine et ses ouvrières le construisent après avoir quitté le nid primaire durant l’été.
"Les mois de mars et avril sont ceux où une reine se balade un peu partout, elle devient donc plus facile à piéger. Mais pour détruire un nid, il faut déjà le repérer. Souvent, ils sont bien cachés, et la destruction, ça a son coût."
D’où l’intérêt pour le comité de rassembler autant que possible les communes entre elles dans l’achat des pièges. "Un nid de frelons consomme environ 12 à 13 kg d’insectes par an", reprend André Saligné. "C’est un vrai danger pour notre biodiversité... Si on prend l’exemple des abeilles, il existe des cheptels où on a perdu 20 à 30 % de la population. Les abeilles se font dévorer, elles subissent le stress, et ne sortent plus."
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La population du frelon augmente-t-elle, ou au contraire reste-t-elle stable? Difficile à estimer, pour André Saligné, car leur nombre repose sur plusieurs facteurs. "La rudesse de l'hiver peut tuer beaucoup de reines. De même, un printemps très pluvieux ne permettra pas aux frelons de bien nourrir les larves, et les nids resteront petits."
Pa ailleurs, un été très sec présente au moins un avantage: il impacte les nids. "Leur nombre et leur taille dépendent de paramètres climatiques. On pense que le chiffre augmente encore, mais finira par se stabiliser. On sait aussi que la quantité de nids baisse quand on piège pendant au moins quatre ans."