Une enquête est diligentée par l'Office français de la biodiversité (OFB) pour atteinte à des animaux protégés par une entreprise de dératisation et désinfection du Passage-d'Agen, laquelle aurait recours à des pièges...
Une enquête est diligentée par l'Office français de la biodiversité (OFB) pour atteinte à des animaux protégés par une entreprise de dératisation et désinfection du Passage-d'Agen, laquelle aurait recours à des pièges à glu, capturant des espèces non ciblées. De son côté, la société affirme qu'il ne s'agit pas d'une "méthode utilisée de manière systématique". On vous explique.
Hérissons, oiseaux, belettes... Tout un tas d'animaux dont les caractéristiques physiques n'ont rien de celles d'un rat ou d'une souris se seraient retrouvés enlisés, jusqu'à leur dernier souffle, dans les pièges à glu dont une société de dératisation et de désinfection du Passage-d'Agen est accusée d'en faire "un usage massif".
Si cette technique n'est pas rangée parmi les piégeages d'animaux interdits aux yeux de la loi, capturer de cette manière des êtres non ciblés constitue bel et bien une infraction au Code de l'environnement. Une enquête est actuellement diligentée par un agent de l'antenne clairacaise de l'Office français de la biodiversité pour atteinte aux espèces protégées, découlant du signalement émis par une ancienne technicienne de l'entreprise passageoise.
Une proposition de loi pour les interdireL'association PAZ (Projets Animaux Zoopolis) s'est constituée partie civile dans le dossier auprès du parquet d'Agen, cette dernière menant depuis plusieurs années une campagne défendant l'interdiction de ces pratiques "barbares", selon sa présidente Amandine Sanvisens.
"Les animaux restent collés des jours sur ces plateformes. Ils s'arrachent les pattes avant de mourir de faim, de soif, d'épuisement. C'est d'une cruauté extrême. Ces pièges ne sont parfois pas relevés pendant des semaines. Nous avons des preuves massives que ces professionnels les utilisent en extérieur. Nous ne savons pas si cette pratique est généralisée à toutes les agences dont dispose cette entreprise au niveau national. Nous lui avons écrit pour qu'elle supprime progressivement ces plaques de glue", déclare-t-elle.
L'association a lancé une pétition en ligne, sommant l'enseigne spécialisée dans l'éradication de nuisibles de mettre un terme à l'achat de ces dispositifs en plus de leur déploiement auprès de sa clientèle. Le document recueille actuellement près de 20 000 signatures. Les convictions de la PAZ ont donné naissance à trois propositions de loi devant l'Assemblée nationale afin d'interdire la fabrication, la commercialisation et l'utilisation de ces pièges à colle non sélectifs.
"Tout un panel d'espèces est touché par ces méthodes. Les reptiles, de toute sorte, sont les plus impactés. L'emploi de ces pièges étant très peu encadré, le risque est qu'ils soient placés en extérieur et capturent tous les animaux qui s'en approchent. La réglementation est assez floue", concède-t-on à l'OFB du Lot-et-Garonne.
L'enseigne s'engage au retrait des pièges en extérieurSollicitée par notre rédaction, la société dans le viseur de la police environnementale réfute toute intervention reposant sur le principe de "tuer". "Notre mission consiste à protéger les personnes, les lieux de vie et les activités de nos clients contre les risques sanitaires liés aux nuisibles."
L'utilisation de ces pièges ne constituerait, parmi ses salariés, ni une "méthode de référence", ni "une solution utilisée de manière systématique." "Notre approche repose avant tout sur les principes de la protection intégrée contre les nuisibles (Integrated Pest Management), qui privilégie avant tout la prévention, les mesures d'exclusion et les méthodes ciblées. Les produits biocides ou autres dispositifs létaux n'étant utilisés que dans des contextes de risque identifié en dernier recours. Cette évolution vise entre autres à réduire les risques de capture d'espèces non ciblées, à préserver la biodiversité tout en limitant la production de déchets", témoigne un représentant, assurant que la société s'engage, dans un délai très court au niveau national, "à retirer les pièges à glu utilisés dans les postes extérieurs dont la vocation est avant tout de mesurer la "pression animale" afin de prendre et d’inciter nos clients à prendre les mesures empêchant toute intrusion pouvant nuire à la santé, aux biens ou à l’activité."