Un arrêté préfectoral a été pris dans le Lot-et-Garonne, ce vendredi 10 juillet, pour préserver les ressources en eau par ces temps de sécheresse. La grande majorité du département a été placée en situation d'alerte...
Un arrêté préfectoral a été pris dans le Lot-et-Garonne, ce vendredi 10 juillet, pour préserver les ressources en eau par ces temps de sécheresse. La grande majorité du département a été placée en situation d'alerte renforcée ou de crise. L'irrigation agricole y est strictement réglementée. Malgré tout, José Pérez, président de la CR 47, incite les agriculteurs à braver ces réglementations.
Ce soir du lundi 13 juillet, la Coordination rurale (CR) 47 est à Agen pour les festivités du 14-Juillet. Ils offrent un "apéritif républicain", en présence, entre autres, de Bruno André, préfet de Lot-et-Garonne. Le lendemain matin, contraste saisissant. La CR 47 met en ligne une vidéo dans laquelle José Pérez, son président, invite les agriculteurs lot-et-garonnais... à braver les restrictions imposées par la préfecture.
Ce vendredi 10 juillet, Bruno André a pris un arrêté pour préserver les ressources en eau dans le département. "Le Lot-et-Garonne connaît actuellement un épisode sévère de sécheresse. En effet, avec les épisodes de canicule et l’absence de pluies, la sécheresse des sols se situe à des niveaux proches de ceux observés en 2022", précise un communiqué.
Situation d'alerte renforcée, voire de criseDepuis, particuliers, professionnels, entreprises et agriculteurs doivent respecter un certain nombre de restrictions. Une carte a été établie pour connaître la situation concernant l'eau des nappes et des cours d'eau. La quasi-totalité du territoire se trouve en situation "d'alerte renforcée" ou de "crise". Concrètement, selon les zones, l'irrigation agricole peut y être interdite plusieurs jours dans la semaine, voire totalement suspendue, sauf dérogation. Seuls le maraîchage, les pépinières et le goutte-à-goutte ont plus de souplesse : l'interdiction s'applique surtout en journée - en revanche, aucune restriction ne s'applique pour l'abreuvement des animaux.
José Pérez, lui, ne juge pas utile de les respecter. "N'en tenez pas compte, lâche-t-il. Si vous devez irriguer vos productions pour sauver ce qu'il reste à sauver, n'hésitez pas. Sauvez vos récoltes, c'est tout ce qui importe." Propos qui s'accordent avec ceux de Patrick Franken, son ancien homologue. "Stopper, diminuer l’irrigation aujourd’hui, c’est anéantir vos récoltes, aggraver vos situations économiques, familiales, sociales, et finalement mettre en danger vos vies. Nous seuls comprenons cela. Hélas", écrit-il sur Facebook.
"Si vous avez de l'eau et que vous pouvez irriguer, continuez"Le numéro un de la CR 47 estime que ces périodes de forte chaleur ont suffisamment mis à mal les agriculteurs du département pour devoir faire face à des restrictions. "On vient de subir un grand coup de chaud, qui a détruit une partie des récoltes du Lot-et-Garonne, pointe-t-il du doigt. Si vous avez de l'eau et que vous pouvez irriguer, continuez."
Il va même plus loin. "Si on vient vous contrôler ou vous dire quoi que ce soit, appelez-nous : on viendra sortir ceux qui nous entravent chaque jour pour travailler et produire ! Dans les cinq minutes qui suivent, on sera chez vous, on viendra vous aider. Personne ne peut vous interdire quoi que ce soit chez vous. Ne vous posez même pas la question." La messe est dite.