Sandrine Rousseau, députée écologiste, était l'une des invitées du Festival international de journalisme à Couthures-sur-Garonne, ce samedi 11 juillet. Des agriculteurs de la CR 47 et des chasseurs lot-et-garonnais...
Sandrine Rousseau, députée écologiste, était l'une des invitées du Festival international de journalisme à Couthures-sur-Garonne, ce samedi 11 juillet. Des agriculteurs de la CR 47 et des chasseurs lot-et-garonnais ont accueilli la femme politique avec un "barbecue convivial". Ayant accepté d'échanger avec ses opposants, la discussion s'est rapidement tendue, donnant lieu à un dialogue de sourds. L'économiste est repartie sous les huées.
"Pour sauver un paysan, mangez un vegan." Au Festival international de journalisme, à Couthures-sur-Garonne (Lot-et-Garonne), cette banderole de la Coordination rurale (CR) 47 donne le ton. En fond, un petit groupe de casquettes jaunes - fortes chaleurs obligent, le bonnet est resté au placard - est agglutiné devant un brasero, sur lequel grillent moult morceaux de viande.
Une grande histoire de désamourCe samedi 11 juillet, des agriculteurs de la CR 47 et des chasseurs étaient présents pour accueillir une des invitées du festival : Sandrine Rousseau, députée écologiste. Convenons-en : ici, le terme "accueillir" n'est pas utilisé en son sens le plus positif. Entre la femme politique et la CR, le désamour est viscéral. "Par ses idées et son buzz, elle nuit régulièrement à l'agriculture de notre pays", écrit le syndicat sur ses réseaux sociaux.
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Pour la recevoir, les agriculteurs ont préparé un "barbecue convivial". Et ce choix n'a rien d'une coïncidence saisonnière. En 2022, la députée avait déclenché une vive polémique nationale en déclarant qu'il fallait "changer de mentalité pour que manger une entrecôte cuite sur un barbecue ne soit plus un symbole de virilité".
Une discussion rapidement tendueSandrine Rousseau accepte le face-à-face avec les agriculteurs. Mais très vite, la discussion est parasitée par une tension électrique. Un adhérent de la CR 47 tente d'exposer sa détresse. "Vous avez en face de vous quelqu'un qui, depuis quatre ans, n'a pas sorti un sou de son exploitation", lâche-t-il. "C'est ça, le sujet, pas le barbecue", réplique Sandrine Rousseau. Le ton monte. "Vous nous dites que vous n'en avez rien à br*nler de notre revenu !", s'emporte l'agriculteur. "Non, de la rentabilité, rétorque l'écologiste. Plus on ira vers la rentabilité internationale, en concurrence avec l'Argentine et le Mercosur, plus vous crèverez. Le prix auquel vous vendez est conditionné par les marchés internationaux, et ça n'est pas possible."
Karine Duc, présidente de la chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne, assiste à l'échange aux premières loges. Elle grimpe sur le ring. "Vous méprisez les agriculteurs, déplore-t-elle. Sans arrêt, vous votez contre des lois agricoles..." "Oui, tout à fait. Quand il s'agit de remettre l'acétamipride, je vote contre", assume l'essayiste. Autour, les commentaires et invectives forment un fond sonore hostile. "Venez avec nous dans les champs", "avec votre politique de merde", "c'est pas le même discours qu'à la télé"...
Sandrine Rousseau s'emporte. "J'assume tout ce que je dis, assène-t-elle. Vous voulez que je vous dise que la viande, c'est un cadavre d'animal ? Pour moi, la rentabilité, ça n'est pas le sujet. C'est votre revenu." Karine Duc tente de reprendre une dernière fois : "Vous êtes complètement à l'ouest. Vous savez mieux que la centaine de personnes, alors que vous n'êtes pas agricultrice..." "Non, moi je suis économiste", riposte l'invitée du festival. L'ultime réponse ne manque pas de crisper les troupes de la CR 47. L'échange prend fin. Elle repart sous un concert de huées.
"Nos agriculteurs sont tellement à bout, entre le contexte économique et la canicule qui les impacte fortement. Ils méritent mieux à l'Assemblée nationale", cingle la Coordination rurale sur Facebook. Ironie suprême : à 15 h 30, ce samedi, Sandrine Rousseau intervenait dans un débat intitulé : "Se parler malgré nos désaccords". Le comité d'accueil lot-et-garonnais lui aura au moins offert un bon entraînement.