Pascal Roques, arboriculteur à Montesquieu (Lot-et-Garonne), subit de lourdes pertes dans ses vergers de pruniers en raison des vagues de chaleur extrême. La FDSEA 47 et les Jeunes agriculteurs ont constaté les dégats...
Pascal Roques, arboriculteur à Montesquieu (Lot-et-Garonne), subit de lourdes pertes dans ses vergers de pruniers en raison des vagues de chaleur extrême. La FDSEA 47 et les Jeunes agriculteurs ont constaté les dégats dans ses vergers. Les deux syndicats dénoncent la gestion de l'eau et réclament des mesures urgentes pour soutenir les agriculteurs du Lot-et-Garonne.
Pascal Roques se saisit d'une prune, la scrute sans rien dire et la garde dans sa main, comme un précieux trésor en voie de disparition. Arboriculteur depuis quatre générations, il s'est installé sur la commune de Montesquieu en 1994. Sa Ferme de Roques, réputée pour la vente directe, est sur la route de l'Océan. Il cultive 30 hectares de vergers, dont 15 de pruniers.
Ce jeudi matin, entouré de membres de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs du Lot-et-Garonne, il constate une nouvelle fois les dégâts causés par les dernières vagues de chaleur extrême. Ces canicules ont plongé les exploitations dans "une situation d'une gravité exceptionnelle", selon les deux syndicats.
"Des pertes de rendement considérables"Au milieu de ses pruniers, Pascal Roques montre du doigt l'échaudure, les fruits brûlés, les feuilles brunies. Il se désole des charpentières - les branches mères - desséchées. "Les vieux arbres ont mieux résisté, explique-t-il. Dix ans sont nécessaires pour qu'un prunier produise". À 62 ans, sans repreneur qui se profile, il pose donc la question : "Qu'est-ce que je fais ?". De plus en plus de terres seraient à vendre en Lot-et-Garonne. Un signe de plus du malaise agricole. La profession demande un mental d'acier.
Le malheur ne vient parfois pas tout seul. Vendredi dernier, il a grêlé vingt minutes sur les vergers de la ferme Roques. "Une grêle diffuse, mais il fallait un casque". Après l'effet dévastateur du mélange chaleur et vent d'Autan, le sort s'acharne. Le producteur estime que 30 à 40 % de sa production de prunes est morte. "Les fortes chaleurs et le manque d'eau provoquent des pertes de rendement considérables, souligne Alain Briffeille. Les cultures grillent sur pied, les fruits restent petits ou tombent prématurément, les récoltes diminuent fortement et deviennent parfois impossibles".
Aujourd'hui, pour le président de la FDSEA 47, "l'urgence, c'est l'eau". "Sa gestion suscite une profonde incompréhension sur le terrain", assure-t-il. Il dénonce le casse-tête des arrêtés de restriction, regrette que les règles diffèrent selon les cours d'eau, les secteurs ou les ouvrages de prélèvement. L'eau utilisée par Pascal Roques vient de la Garonne. L'arrosage est limité deux jours par semaine. "Cela représente 30 % d'apport en moins".
Les deux syndicats s'étonnent aussi du manque de transparence concernant l'état des réserves d'eau et des lacs de réalimentation. Ils répètent enfin ce que clament tous les agriculteurs depuis plusieurs printemps : il est temps d'accélérer les projets de stockage hivernal de l'eau. "Chaque hiver des millions de mètres cubes d'eau rejoignent l'océan, tandis que chaque été les productions agricoles souffrent du manque d'eau".
Si la question de l'indemnisation est inévitable, elle ne reste qu'un pansement à court terme. "Nous ne serons jamais indemnisés à hauteur du boulot effectué, s'agace Ombeline Chapolard (JA). Nous en avons marre de faire des centaines d'heures pour rien. Nous voulons juste vivre de notre travail. Les paysans sont en colère". Cette exaspération est là depuis plusieurs années maintenant, mais, à l'approche de l'élection présidentielle de 2027, elle pourrait être décuplée. L'hiver sera brûlant.
Le déclenchement des dispositifs de calamités agricoles constitue une première étape, mais il ne répondra pas à lui seul à l'ampleur des pertes. JA 47 et DFSEA 47 demandent des mesures exceptionnelles pour permettre aux exploitations de passer le cap de 2026, notamment une année blanche, avec la suspension des cotisations MSA et un dégrèvement généralisé de la taxe foncière sur le non bâti. Les syndicats souhaitent également la mise en place de l'activité partielle. Ce dispositif est prévu en cas de canicule et de sécheresse.