Un hiver doux et pluvieux, un été sec, chaud voire trop chaud. C’est la recette qui pousse les vignerons à bouleverser le calendrier des vendanges. Dans l’Hérault, les premières grappes de raisin pourraient tomber du...
Un hiver doux et pluvieux, un été sec, chaud voire trop chaud. C’est la recette qui pousse les vignerons à bouleverser le calendrier des vendanges. Dans l’Hérault, les premières grappes de raisin pourraient tomber du début du mois d’août. Face à cette situation exceptionnelle, Jérôme Despey, le viticulteur à la tête de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, demande des réponses et aides au gouvernement.
À quelle date vous attendez-vous à récolter les premiers raisins ?
L’an dernier, j’ai commencé à vendanger ma première parcelle le 12 août. Cette année, ce sera encore plus tôt… Pour ma parcelle, je n’ai pas de date précise, mais sur certains secteurs, notamment sur le littoral héraultais, les premières grappes devraient être récoltées dès le début du mois d’août. Le début du mois d’août, c’est précoce, il y a une quarantaine d’années, je vendangeais aux alentours du 10 septembre.
Président de la CENECA, secrétaire général de la FNSEA, président de la chambre d’agriculture de l’Hérault… Le CV de Jérome Despey est bien chargé
MAXPPP - Mathieu Pattier
Cette précocité des vendanges vous surprend-elle ?
Pas du tout. Au vu des conditions climatiques de ces dernières semaines, nous nous y attendions. Nous avons enchaîné une sécheresse et plusieurs épisodes de canicule. Dans certains vignobles, les sols se sont fortement asséchés et, par endroits, les raisins ont été brûlés par le soleil. La canicule a aussi bloqué le cycle de maturation de la vigne. Résultat ? Les vendanges sont organisées légèrement plus tard que dans d’autres bassins viticoles de la France.
Quelles conséquences attendez-vous et que demandez-vous aux pouvoirs publics ?
Dans mon exploitation, il est encore trop tôt pour chiffrer précisément les pertes. Mais si elles s’avèrent importantes, nous, vignerons héraultais, solliciterons l’État. Nous demanderons à la préfète Madame Mauchet plusieurs choses dont un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti afin d’alléger les charges des exploitations. Nous souhaitons également la mise en place d’un fond d’urgence pour soutenir une filière viticole qui traverse déjà une crise économique depuis plusieurs années.