Sergio Leone sublime le genre avec une mise en scène opératique, la musique d’Ennio Morricone et un casting légendaire. Ce soir à 20h50 sur Ciné+ Classic et disponible à la demande sur myCANAL.
Claudia Cardinale dans « Il était une fois dans l’Ouest » de Sergio Leone 2003 BY PARAMOUNT PICTURES ALL RIGHTS RESERVED/GROUPE AB
Que dire de nouveau à propos d’« Il était une fois dans l’Ouest », chef d’œuvre honni à sa sortie par les défenseurs du western classique qui ne virent dans cette somptueuse vision opéra tique et baroque qu’un amas de chichis, de subversion grandiloquente ? Qu’il est frappant devoir combien ce cinquième long-métrage de Sergio Leone, conçu comme le point de départ d’un nouveau cycle dans son œuvre, reproduit un à un les grands motifs de sa trilogie dite « des dollars » achevée un an plus tôt.
Après la guerre de Sécession du « Bon, la Brute et le Truand », le cinéaste choisit la conquête de l’Ouest comme filigrane et détache trois individus emblématiques qui se disputent le pouvoir : un soliste méthodique et froid (Bronson reprend à son compte le zen eastwoodien), son décalque maléfique (Henry Fonda, aussi sadique que l’était la « brute » Lee Van Cleef), un bandit de grand chemin truculent (Jason Robards, réincarnation du « truand » Eli Wallach).
S’ajoute une putain flamboyante enquête d’émancipation vers laquelle converge le désir des trois autres, formidable personnage campé par la bellissime Claudia Cardinale, sans doute le plus abouti. Nouveauté ? Continuité, plutôt, puisque Leone invite une tête d’affiche supplémentaire à chaque film : « Pour une poignée de dollars » était porté par le seul Eastwood qui s’associe à Lee Van Cleef dans « Et pour quelques dollars de plus », le duo devenant trio dans « le Bon, la Brute… ».
Quoi d’autre ? Il y a toujours un magot que d’aucuns convoitent (point de dollars sonnants et trébuchants ici, mais un passage clé du chemin de fer), des gun fights d’anthologie, ballets de mort sans cesse réinventés (sur le quai d’une gare, autour d’un wagon, depuis un bon bain chaud…), des associations mouvantes dictées par les événements qui obligent les personnages à s’observer et à se comprendre avant de s’entre-tuer. Cette considération muette qui perle sur l’écran en dépit de la haine et de l’adversité ambiantes fait aussi la noblesse du film : on s’y étripe avec dignité, presque avec amour.
◗ Mardi 14 juillet à 20h50 sur Ciné+ Classic. Western américain de Sergio Leone (1968). Avec Claudia Cardinale, Henry Fonda, Charles Bronson, Jason Robards. 2h24. (Disponible à la demande sur myCANAL).
Par Guillaume Loison
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