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Dans « Gloria », Gena Rowlands électrise le film de John Cassavetes

Дата публикации: 18-07-2026 16:00:11

Un très beau film où le réalisateur offre à son épouse et actrice fétiche, l’un de ses meilleurs rôles. Ce soir à 20h50 sur TCM Cinéma.

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Gena Rowlands dans « Gloria » de John Cassavetes. COLUMBIA PICTURES CORPORATION (PHOTO BY COLUMBIA PICTURES CORPORATION / COLLECTION CHRISTOPHEL VIA AFP)

Elle court. Accompagnée d’un gamin de 6 ans, elle fuit les tueurs de la Mafia. Gloria, ex-call-girl, connaît les règles de l’Honorable Société. Le père, la mère et la sœur du petit Phil sont abattus dans leur appartement du Bronx. Traquée par les voyous, recherchée par la police, photographiée par la presse, Gloria se réfugie à Manhattan et apprend qu’elle est accusée de kidnapping. Il ne reste qu’à fuir, fuir pour tenter de survivre, en compagnie de l’enfant…

C’est un polar, certes, mais un polar de John Cassavetes, donc un film qui échappe à toute classification. En 1980, comme d’habitude, ce dernier a besoin d’argent. Sa carrière d’acteur est sur une pente descendante : après « les Douze Salopards » de Robert Aldrich et « Rosemary’s Baby » de Roman Polanski, il n’a jamais retrouvé de succès comparable. Comme metteur en scène, il a réalisé « Meurtre d’un bookmaker chinois » (1976), qui a été placardisé, et « Opening Night » (1977), certes salué par la critique, mais le public n’a pas suivi.

Sa seule présence transforme les scènes

Cassavetes écrit le scénario de « Gloria », le vend à Columbia, et se ravise. Sa femme, Gena Rowlands, tiendra le rôle principal. C’est un trait de génie : grâce à elle, le personnage de Gloria devient crédible. Ex-maîtresse d’un truand, grande fumeuse et grande gueule, Gloria aurait pu sombrer dans le cliché de la pute-au-grand-cœur.

Mais non : Gena Rowlands, boule d’énergie électrique, emporte le film. Dans les ruelles sombres, les immeubles insalubres, les bars inquiétants, sa seule présence transforme les scènes. Et, pour une fois, le dialogue (péché mignon de Cassavetes) ne noie pas l’action.

Profitons-en pour attirer l’attention sur l’acteur qui joue le barman, Lawrence Tierney. Habitué des rôles de durs à cuire (notamment dans « Reservoir Dogs » de Quentin Tarantino), il a été un sacré dur à cuire dans la vraie vie. Jusqu’à sa mort, en 2002, il a alterné les rôles de truands et les (véritables) séjours en prison. Il s’était illustré, dans les années 1950, comme bagarreur notoire chez les louchebems des Halles de Paris…

◗ Samedi 18 juillet à 20h50 sur TCM Cinéma. Film policier américain de John Cassavetes (1980). Avec Gena Rowlands, Lawrence Tierney. 1h56. (En multidiffusion et A la demande).

Par  François Forestier

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