Ce documentaire retrace l’ascension d’un groupe devenu une légende de son genre musical. Ce soir à 22h55 sur Arte.
Maurice, Barry et Robin dans « The Bee Gees : How Can You Mend a Broken Heart » 2020 POLYGRAM ENTERTAINMENT/ARTE
Au départ, trois frères musiciens, managés par leur père. Le film documentaire de Frank Marshall raconte formidablement bien l’épopée des Bee Gees, pourtant mille fois décrite. Les hauts, les bas. Issus d’une famille anglaise immigrée en Australie, Maurice, Barry et Robin se vivent comme des triplés. Ils commencent à se produire dès l’adolescence.
Ils ne feront rien d’autre du reste de leur vie que de jouer de la musique ensemble. Leur formation, de pop music, débute sur les brisées des Beatles et rencontre ses premiers succès très vite, trop vite peut-être. L’Amérique leur fait un pont d’or, mais la fratrie implose : trop d’ego. En 1969, et pendant deux ans, chacun part de son côté – la suite, on la connaît, ils se retrouveront pour ne plus se quitter.
Bref. Ce n’est pas la partie la plus intéressante du documentaire, ça traîne même en longueur. Le film aurait pu commencer directement au fameux château d’Hérouville, fondé par le musicien expérimental Michel Magne. Les Bee Gees reformés ont entendu parler de cette demeure du Val-d’Oise où Elton John a enregistré. Ils arrivent, se plaignent de trouver un « taudis », mais quelle magie finalement !
Ici s’écrit et s’enregistre la bande originale du film « Saturday Night Fever », qui va les consacrer rois du disco, cette musique « gay et noire » qui vise à rendre le corps heureux, un virage déjà ébauché avec « You Sould Be Dancing », que les clubs passaient plusieurs fois par nuit. Ils sortiront du château avec « Saturday Night Fever », mais aussi « Stayin’ Alive » et « How Deep Is Your Love ».
Résultat : 18 millions d’albums écoulés dans le monde (le plus vendu à l’époque) et quatre singles au sommet des charts. La tournée qui suit est fatalement monumentale. Ce succès sidérant, démesuré, les empêche de voir le mouvement inverse qui s’opère, et sa violence. Le disco devient ringard, on pulvérise ses disques en place publique. Les Bee Gees ne passeront pas les années 1980. Ils reviendront par les voix de Barbra Streisand, Dionne Warwick, Diana Ross et jusqu’à Céline Dion. Avec succès, puisque visiblement ils y sont condamnés.
◗ Dimanche 19 juillet à 22h55 sur Arte. Documentaire de Frank Marshall (2020). 1h47. (Disponible en replay jusqu’au 27 juillet 2026 sur Arte.tv).
Par Sophie Delassein
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