Ce documentaire retrace l’histoire du groupe qui a enflammé la scène internationale et continue de faire danser le monde. Ce soir à 22h45 sur Arte.
Agnetha Fältskog-Björn Ulvaeus et Benny Andersson-Anni-Frid Lyngstad dans « Abba Silver, Abba Gold » WOLFGANG HEILEMANN /ARTE
Le 6 avril 1974, quatre jeunes Suédois remportent l’Eurovision à Brighton avec leur chanson « Waterloo ». Le début de la légende ABBA que retrace ce documentaire truffé d’archives et de témoignages, dont ceux des quatre membres du groupe - en fait, deux couples à la ville, Benny Andersson-Anni-Frid Lyngstad et Agnetha Fältskog-Björn Ulvaeus.
Après avoir créé la surprise à l’Eurovision, ABBA doit surmonter une autre épreuve : se défaire de l’étiquette des vainqueurs du concours qui retombent illico dans l’oubli. Il faudra attendre l’année suivante et le succès planétaire de « Mamma Mia » pour qu’il soit programmé sur les radios anglaises.
Mais ce triomphe commercial n’est pas sans conséquence. « On nous a reproché de gagner beaucoup d’argent », confie Anni-Frid Lyngstad. Et puis « les Suédois leur en voulaient de porter un tel accoutrement », s’amuse l’ingénieur du son Michael Tretow. Pour autant, leur style, mix de variétés allemandes, de ballades italiennes, de chansons françaises et de classiques anglo-saxons qui ont bercé leur adolescence, contribue à réinventer la pop.
Leur succès planétaire n’altère cependant en rien leur surprenante propension à la sédentarité. Parce qu’ils ne veulent ni voyager ni donner de concerts, le quatuor s’enracine en Suède, au point de recruter un compatriote pour tourner leurs clips : le réalisateur Lasse Hallström qui, quelques années plus tard, s’imposera durablement à Hollywood.
Les deux couples se séparent mais poursuivent leur aventure musicale avant la dissolution définitive du groupe en 1983. Si les chanteuses prennent leurs distances avec la musique, les deux hommes se lancent dans la comédie musicale. D’abord « Chess » puis « Kristina fran Duvemala » et enfin « Mamma Mia ! », inspirée de leurs tubes. Bingo. Vingt ans plus tard, le spectacle, adapté au cinéma, est toujours à l’affiche.
Si, en 2021, ils reviennent avec « Voyage », premier album depuis 1981, ils refusent de faire un vrai come-back malgré une offre d’un milliard de dollars ! Ils préfèrent créer un show 2.0 à Londres, en mai 2022, où se produisent leurs avatars numériques rajeunis grâce aux effets spéciaux du studio de George Lucas. ABBA est immortel.
◗ Mercredi 15 juillet à 22h45 sur Arte. Documentaire de Chris Hunt (2023). 52 min. (Disponible en replay jusqu’au 15 janvier 2027 sur Arte.tv).
Par Nebia Bendjebbour