L’ancienne capitaine du XV de France, désormais retraitée des terrains, est la première marraine de l’histoire des Trophées du rugby.
L’ancienne capitaine du XV de France, désormais retraitée des terrains, est la première marraine de l’histoire des Trophées du rugby.
À première vue, trouver un lien entre le Lot-et-Garonne et Agathe Gérin, anciennement Sochat, est compliqué. Née à Limoges, ayant longtemps évolué à Bordeaux, elle est pourtant devenue une Lot-et-Garonnaise « d’adoption ». « Quand je jouais à Montpellier, j’ai rencontré ma femme. On a décidé de se rapprocher de sa famille, originaire de Buzet-sur-Baïse, et donc de s’installer dans la région, ce qui me permettait de revenir à Bordeaux », explique l’intéressée, désormais installée dans le « 47 » depuis 2021. « J’ai pu continuer de jouer, tout en bénéficiant du soutien familial. »
Développer le rugby fémininMais aussi d’aller au bord des terrains du Lot-et-Garonne, notamment au Queyran, où évoluent ses « deux beaux-frères ». Une manière de ne pas couper avec le rugby. Car la joueuse y a mis un terme cet été. Après avoir été formée à Limoges puis à Bordeaux, elle a lancé sa carrière pro à Montpellier (2017-2021), avant de revenir à Bordeaux (2021-2026).
Pour, au total, six titres de championnes de France, 63 sélections avec le XV de France, dont de nombreuses comme capitaine, et de grands souvenirs, comme « le premier titre avec Montpellier » ou « le Grand Chelem 2018, car on se sentait imbattables ». « J’ai beaucoup de fierté, mais je n’ai pas le recul nécessaire pour me rendre compte de tout ce que j’ai fait. Quand j’ai débuté le rugby à l’âge de 4 ans, je rêvais d’équipe de France, de chanter la Marseillaise... J’ai eu la chance incroyable de connaître ces émotions. Honnêtement, ma carrière n’aurait pas pu être beaucoup plus garnie », sourit-elle. « Si j’avais eu un titre de championne du monde, cela aurait été le summum, mais on ne peut pas tout avoir ! »
Une retraite à seulement 31 ans pour celle qui est également ergothérapeute et maman. « C’était le bon moment d’arrêter. Dans le rugby féminin, c’est de l’amateurisme pur, sauf pour la petite trentaine de contrats fédéraux. Dès lors qu’on n’a plus ces contrats, il faut jongler avec une vie professionnelle et les entraînements, qui sont sur un rythme pro. C’est beaucoup plus difficile avec la famille et les enfants », explique-t-elle, avant de poursuivre : « C’est un choix, et sans regret. Aujourd’hui, toutes les filles ont un double, voire triple projet. »
Contrairement à l’Angleterre, bourreau des Bleues depuis quelques années : « C’est difficile de continuer à évoluer parce qu’on va dire que le système arrive à bout de souffle. Il faudrait que cela évolue vers du semi-professionnalisme. Mais il faut de l’argent. C’est le nerf de la guerre. Et, pour avoir de l’argent, il faut plus de visibilité. Tant qu’il n’y aura pas plus de visibilité pour créer une économie derrière, ce sera difficile d’évoluer, y compris pour l’équipe de France. »
Mais aussi pour le Lot-et-Garonne, un « vivier impressionnant ». « Agen fait du très bon travail avec les moins de 18. Ce ne sont pas que les joueuses, c’est aussi tout le travail autour. La difficulté, c’est que, comme ce n’est pas pro, les filles sont obligées d’aller vers un double projet et de se rapprocher des lieux d’études, donc Bordeaux ou Toulouse. Ce sera toujours le cas, hormis si une équipe senior parvient à atteindre l’Élite 2. »
Très impliquée sur le rugby féminin, Agathe Gérin a « commencé à travailler pour le club de Bordeaux » pour développer ces sujets. Et sera donc la première marraine de l’histoire des Trophées. « C’est la base de notre sport. Bien sûr qu’on vient au stade pour jouer, mais on vient aussi pour rencontrer des gens, vivre des moments conviviaux. C’est ce qui fait grandir les gens en tant qu’humains. C’est un honneur d’être la marraine, et je trouve bien que le rugby amateur, et tous ses acteurs, puisse être mis en valeur. Car, sans bénévole, un club est mort. »