Vice-présidente du conseil départemental du Lot-et-Garonne, l'écologiste Annie Messina a frontalement attaqué sur les réseaux sociaux les trois députés locaux qui ont voté la loi d'urgence agricole. Le texte autorise,...
Vice-présidente du conseil départemental du Lot-et-Garonne, l'écologiste Annie Messina a frontalement attaqué sur les réseaux sociaux les trois députés locaux qui ont voté la loi d'urgence agricole. Le texte autorise, sur avis de l'Anses et sous strictes conditions, le recours dérogatoire aux produits contenant de l'acétamipride ou du flupyradifurone. Les échanges acrimonieux illustrent la vivace controverse au sujet de ces molécules et de leur utilisation.
Trois noms, une phrase et un hashtag pour une formule hautement inflammable. Annie Messina agite les réseaux sociaux depuis mardi matin. Au lendemain de l'adoption par l'Assemblée nationale du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, la vice-présidente du conseil départemental du Lot-et-Garonne, militante écologiste, a posté un message explosif sur sa page Facebook : "Emeline Rey, Michel Lauzzana, Hélène Laporte. Nos trois députés du Lot-et-Garonne ont voté cette nuit pour le cancer ! #pesticides".
Le texte, voté par le Sénat mardi en début de soirée, prévoit, dans son article II, que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), saisie par le ministre chargé de l’agriculture, déroge, à titre exceptionnel et sous conditions, à l’interdiction de l’utilisation de produits contenant de l'acétamipride ou du flupyradifurone. Les deux molécules sont controversées.
"Vous ne croyez pas la science ?"" Quelle honte d’instrumentaliser la lutte contre le cancer à des fins politiciennes", a réagi vivement Michel Lauzzana dans la partie commentaire de la publication. "Seule l'autorité scientifique compétente, l'Anses, pourra accorder une éventuelle dérogation pour la filière de la noisette, sur la base d'une évaluation scientifique", précise le médecin de profession avant d'interpeller Annie Messina : "Vous ne croyez pas la science ?".
L'élue du canton de Villeneuve, pédiatre, lui répond sèchement : "Le seul qui a instrumentalisé le cancer, notamment celui des enfants, c’est toi Michel Lauzzana (le député de la majorité présidentielle s'est mobilisé dans la lutte contre les cancers pédiatriques, NDLR), mais tu viens de trahir cette cause en votant cette loi. Je te mets au défi de prouver l’innocuité de l’acétamipride et autres pesticides qui ont contre eux toutes les communautés scientifiques".
Jugeant le post insultant et diffamant, "à l’image des députés LFI à l’Assemblée", Emeline Rey (droite républicaine) s'est, elle aussi, insurgée à la lecture de la publication. "Les produits auxquels tu fais référence sont interdits depuis plusieurs années en France, nos producteurs sont en train de mourir car aucune alternative viable n’existe pour le moment (mais la recherche se poursuit). Ils sont donc dans une situation d’impasse sanitaire et économique".
"Bien sûr que tu les laisses crever"Mettant également en avant le rôle de l’Anses, elle souligne que "ces dérogations sont juridiquement encadrées, limitées dans le temps et limitées dans les quantités de produits utilisables". Et de conclure : "Peut-être que tu te satisfais de voir notre alimentation venir de l’étranger (avec des normes loin d’être aussi exigeantes que les nôtres), de voir des exploitations fermer les unes derrière les autres chez nous. Moi, je ne laisserai jamais nos agriculteurs crever".
"Bien sûr que tu les laisses crever, et surtout, tu les rends malades, eux, leurs enfants, les consommateurs, rétorque Annie Messina. Et en plus tu les rends dépendants des intrants ce qui aggrave leurs conditions économiques, et par contre enrichit les agro-industriels et la FNSEA dont fait partie Monsieur Duplomb. Et de plus, toi et ton groupe, vous avez voté contre le plafonnement des marges de la grande distribution".
Alignée sur les arguments de M. Lauzzana et Mme Rey, Hélène Laporte (RN) s'est montrée la plus offensive : "Vous racontez donc n’importe quoi. Par contre, vous êtes membre d'un parti qui refuse la perpétuité pour les violeurs sériels d’enfants, cette position est plus que méprisable. Alors vos accusations vous pouvez vous les garder : lisez le texte, vous éviterez de vous ridiculiser."
Le 6 septembre prochain, au Passage d'Agen, se tiendra la 7e édition de Nouvelles Confluences, une initiative de la majorité du conseil départemental. Une table ronde sera consacrée au thème suivant : "Réseaux sociaux : accélérateurs ou fossoyeurs de la démocratie ?". Une question plus que jamais d'actualité.