Pour continuer à vivre de leur métier, de nombreux domaines des Pyrénées-Orientales ont diversifié leurs activités. Visites, dégustations, repas, randonnées, kayak ou encore ateliers sensoriels… au Domaine Tambour, à...
Pour continuer à vivre de leur métier, de nombreux domaines des Pyrénées-Orientales ont diversifié leurs activités. Visites, dégustations, repas, randonnées, kayak ou encore ateliers sensoriels… au Domaine Tambour, à Banyuls-sur-Mer, l’œnotourisme est devenu un pilier de l’activité.
Baisse de la consommation, mévente, aléas météos… Pour survivre, les domaines viticoles des Pyrénées-Orientales n’ont pas eu le choix que de se réinventer. Il était vital de se renouveler et ne plus compter uniquement sur la vente de vins. Aujourd’hui, le vignoble du Roussillon regorge d’expériences pour partir à la découverte des vins d’ici et du patrimoine de la vigne.
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Et, à en croire les professionnels, il semblerait que l’œnotourisme séduise toujours plus de visiteurs d’année en année. Récemment, une étude de Winalist, une plateforme spécialisée dans les séjours œnologiques, a placé le Languedoc-Roussillon parmi les territoires les plus accessibles de l’Hexagone en matière de tarifs. Chez nous, il faut compter environ 29 € pour pousser les portes d’un domaine… Alors, L’Indépendant a poussé celle du Domaine Tambour à Banyuls-sur-Mer.
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L’oenotourisme, près de 30 % du chiffre d’affaires du domaineIl y a un peu plus de dix ans, le Domaine Tambour a su prendre la tangente de l’œnotourisme. Guillaume Blavette, numéro deux de la maison, notamment en charge la partie commerciale, le concède. Se tourner vers l’œnotourisme était une nécessité. "Vivre uniquement de la vente de bouteille était devenu un pari risqué. Si on n’avait pas développé la partie œnotouristique, ce serait beaucoup plus compliqué. Aujourd’hui, les gens ne viennent plus seulement acheter une bouteille. Ils veulent comprendre le vignoble, rencontrer les vignerons, vivre une expérience."
À la découverte du cru Banyuls-Collioure.
L'Indépendant - Charles Baron
À Banyuls-sur-Mer, le domaine Tambour a été créé en 1920.
L'Indépendant - Charles Baron
Une stratégie devenue indispensable qui s’est étoffée au fil des années. Randonnées dans les vignes, sorties en kayak pour admirer le vignoble depuis la Méditerranée, olympiades, ateliers d’assemblage, séances de vino-sophrologie… L’offre du domaine est bien fournie. "Les gens s’en souviennent longtemps et reviennent ensuite acheter du vin. Le but n’est pas de leur vendre un repas mais de créer un lien avec eux", explique Guillaume Blavette. Selon lui, cette activité représente désormais une part conséquente du travail de l’exploitation, "près de 30 % du chiffre d’affaires".
Ce jour-là, parmi les visiteurs, Vincent et Yann, deux amis venus de la région nantaise. Ils se laissent tenter par la formule visite et repas. Très vite, Guillaume les emmène au cœur des vignes. Ici, le guide détaille un vignoble entièrement travaillé à la main. Dans les rangs de vigne, les questions fusent. Rendements, vendanges, recrutement, cépages… Yann et Vincent, tous deux amateurs de vin, veulent tout comprendre. Guillaume répond à tout, expliquant le rôle des murettes en pierre sèche, des canaux d’évacuation des eaux. Et sans cacher les difficultés de la profession. "La vigne ici se meurt. Ce n’est pas parce qu’il y a trop de vignes, c’est plutôt l’inverse. Les jeunes ne veulent plus se lancer. Le travail est extrêmement dur et entièrement manuel."
Visite du chai et explications de ses subtilités.
L'Indépendant - Charles Baron
Dans le chai du domaine.
L'Indépendant - Charles Baron
La visite se poursuit dans le chai où Guillaume retrace toutes les étapes de la vinification avant d’inviter le groupe à un exercice sensoriel. Le nez plongé dans une barrique, chacun tente de reconnaître les arômes qui s’en dégagent.
On découvre un territoire, des vins mais surtout on partage quelque chose avec les autres
"Le pruneau !", souffle un participant. "Exactement ! Et après ?", lance Guillaume. Les réponses s’enchaînent : "Cerise confite, griotte, figue peut-être ?". L’ambiance est conviviale. Et c’est justement cette convivialité qui attend les visiteurs quelques minutes plus tard, en terrasse, pour un repas accord mets et vins. Banyuls blanc, Collioure rosé, rouge ou encore le surprenant "Blouge", un vin à mi-chemin entre le blanc et le rouge…
Saurez-vous reconnaître les arômes ?
L'Indépendant - Charles Baron
Guillaume Blavette, numéro 2 du domaine, et son public du jour.
L'Indépendant - Charles Baron
Chaque plat est accompagné de sa cuvée et d’explications. Avec un objectif : créer du lien et valoriser le produit.