Alors que les vendanges débutent tout juste, les principaux responsables des caves coopératives du Limouxin ont reçu, ce mercredi 29 juillet, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga. Face à elle, ils ont...
Alors que les vendanges débutent tout juste, les principaux responsables des caves coopératives du Limouxin ont reçu, ce mercredi 29 juillet, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga. Face à elle, ils ont dressé un constat alarmant. Sécheresse, stress hydrique, récoltes en baisse, difficultés économiques et blocages administratifs fragilisent plus que jamais l’avenir de la viticulture locale.
Les premières récoltes de raisins commencent déjà, dans un contexte très précoce sur le limouxin. Ce mercredi 29 juillet, les représentants des principales caves coopératives du Limouxin n’ont pas caché leur inquiétude devant Carole Delga, venue échanger avec eux aux côtés du maire de Limoux, Pierre Durand. Francis Pagès, président de la coopérative Cavale, Thomas Roger, président de l’appellation Limoux et du syndicat des AOC, Pierre-Louis Farges, président de Sieur d’Arques, et Jérôme Boyé, président d’Anne de Joyeuse ont dressé un état des lieux particulièrement préoccupant de la viticulture locale.
Premier constat : une récolte qui s’annonce décevante"Ça va être une autre petite récolte. Les récoltes se suivent et se ressemblent en petitesse", résument les viticulteurs. Pierre-Louis Farges ajoute "qu’on s’attendait à une bonne saison au final non". Après plusieurs années marquées par le gel, puis la grêle, c’est désormais le manque d’eau qui frappe de plein fouet les exploitations un peu plus chaque saison. "On a des beaux fleurons limouxin, mais on n’arrive pas à produire", explique Thomas Roger face à la présidente de la Région.
Si le crémant de Limoux continue de porter le territoire sur les marchés, cette dynamique est aujourd’hui freinée par des volumes insuffisants. "On arrive plus à faire un rendement nécessaire pour satisfaire notre clientèle", déplorent les professionnels. Les vendanges, de plus en plus précoces, illustrent les conséquences directes du changement climatique.
Des demandes de soutienAu cœur des discussions, la question de l’eau s’est imposée comme une priorité absolue. Tous plaident pour accélérer les projets de retenues collinaires et de stockage hivernal afin de sécuriser l’irrigation en été. "L’eau, c’est le sujet qui nous touche tous", rappelle le président de l’appellation Limoux, Thomas Roger, convaincu que ces ouvrages permettraient également de favoriser la biodiversité. Mais les difficultés sont nombreuses. "Même si les bassins sont financés, encore faut-il avoir les moyens nous-même d’amener les réseaux et être certains d’avoir de l’eau lorsqu’on en a besoin", ajoutent les viticulteurs. Selon eux, le principal obstacle reste aussi au niveau administratif. Les financements existent, assure Carole Delga, "ce qui nous manque, ce sont les autorisations. C’est la réglementation qui bloque".
Carole Delga s’est montrée attentive aux revendications. La présidente de la Région a indiqué vouloir poursuivre le travail engagé avec le préfet de l’Aude afin de débloquer plusieurs dossiers, notamment concernant l’irrigation. Elle a également insisté sur la nécessité de faire évoluer la future Politique agricole commune (PAC) afin que les territoires méditerranéens, particulièrement touchés par le changement climatique, bénéficient d’une meilleure prise en compte. "Il faut reconnaître les spécificités de nos territoires", explique-t-elle, plaidant pour des aides adaptées aux réalités du sud de la France, notamment la création d’une "zone méditerranéenne".
Un département perturbé par les épisodes climatiquesLes échanges ont aussi porté sur la valorisation du rôle environnemental des agriculteurs. Les responsables des caves rappellent que les vignes participent à l’entretien des paysages et constituent un rempart contre les incendies, particulièrement dans un département régulièrement confronté aux feux de forêt. "Pour taper sur les agriculteurs, il y a du monde. Mais lorsqu’il faut éteindre les feux, ils sont présents avec leurs tracteurs et leurs citernes", font remarquer les représentants des caves.
Un autre sujet d’inquiétude évoqué a été les épisodes de grêle. "On a des sinistres tous les ans". Les viticulteurs souhaitent relancer un dispositif de lutte aujourd’hui abandonné faute de financements. "On cherche environ 50 000 euros par an pour remettre en place le système", explique Thomas Roger.
Au terme de près d’une heure d’échanges, un même sentiment dominait. Celui d’une profession qui refuse de baisser les bras, mais qui demande désormais des décisions rapides. Face à la multiplication des aléas climatiques et à la baisse continue des récoltes et des aides financières, les caves coopératives du Limouxin estiment que l’urgence n’est plus de dresser le constat. Mais bien de donner à la viticulture les moyens de continuer à faire vivre un territoire dont elle demeure l’un des principaux moteurs économiques. La présidente de la Région Occitanie affirme : "On va continuer de lutter pour vous".