Deux nuits loin de chez eux. Pour les habitants de Taulis et de Taillet, évacués dimanche face à la progression du méga incendie qui menace le massif des Aspres, ces 48 heures ont été faites d’inquiétude mais aussi...
Deux nuits loin de chez eux. Pour les habitants de Taulis et de Taillet, évacués dimanche face à la progression du méga incendie qui menace le massif des Aspres, ces 48 heures ont été faites d’inquiétude mais aussi d’une formidable chaîne de solidarité. Avant l’annonce d’un retour chez eux…
C’est au gymnase d’Arles-sur-Tech que les habitants de Taulis ont trouvé refuge après leur évacuation, dimanche dernier. En quelques heures, le site s’est transformé en centre d’hébergement d’urgence sous la coordination de la municipalité, en lien avec la communauté de communes du Haut Vallespir. Quatorze personnes y ont passé leur première nuit, rejointes dès le lendemain par un quinzième évacué. Au fil des heures, le dispositif s’est adapté afin d’offrir davantage de confort. Les repas étaient servis au centre Sud Canigó, tandis que la nuit suivante s’est déroulée au dortoir du collège. En journée, une salle aménagée à La Maza permettait aux sinistrés de se reposer. La mobilisation n’a cessé de s’étendre. Lundi, en milieu d’après-midi, avec l’évacuation de Vinça, une deuxième base d’accueil a été ouverte dans la salle des fêtes d’Arles-sur-Tech, climatisée.
"Je suis bien"À quelques kilomètres de là, au Pont-de-Reynès, les habitants de Taillet ont trouvé refuge dans la salle des Échoppes. Hier matin encore, tout retour au village restait impossible. Le téléphone de la maire de Taillet, Gulsen Gonzalez, présente aux côtés de ses administrés, sonnait sans interruption. Les élus reynésiens, les agents municipaux, les bénévoles et les membres des associations se sont relayés pour s’assurer que personne ne manquait de rien. Un appartement des Échoppes avait été mis à disposition afin que chacun puisse faire sa toilette dans de bonnes conditions. À 80 ans, Andrée résumait l’état d’esprit général avec le sourire : "Ici, je suis bien. Tout le monde s’occupe de moi. Je discute, je mange, je bois et j’ai bien dormi. Même la télé ne me manque pas. Il y en a qui ont chanté, ça fait de l’animation". Elle saluait également le dévouement d’une aide-soignante de l’ADMR (Aide à domicile en milieu rural), venue l’aider à se doucher alors qu’elle était en repos. Son mari, Jeannot, suivi en hospitalisation à domicile, avait quant à lui été transféré à Médipôle en attendant de pouvoir regagner son domicile. Si certains redoutaient de manquer rapidement de vêtements de rechange en cas de prolongation de l’évacuation, d’autres pensaient déjà à l’après. Les bénévoles de l’association Taillet à l’Affiche s’interrogeaient sur le maintien de la fête du village, prévue samedi 11 juillet, sans pouvoir tenir les dernières réunions de préparation.
Le soulagementAprès 48 heures d’attente, le soulagement est finalement arrivé ce mardi 7 juillet, en milieu d’après-midi. À 15 h, le préfet des Pyrénées-Orientales a annoncé la levée de l’ordre d’évacuation pour Taulis et Taillet. Les habitants des deux communes ont été autorisés à regagner leur domicile, une nouvelle accueillie avec émotion après deux nuits d’exil.
Au moment de retrouver leurs maisons, beaucoup confiaient avoir compris la nécessité de cette évacuation préventive face à un incendie d’une ampleur exceptionnelle. Tous se disaient également profondément "touchés" par "l’accueil et la solidarité" dont ils avaient bénéficié. Une pensée allait enfin aux habitants qui, ailleurs dans le département, ne pouvaient toujours pas regagner leur logement, ainsi qu’aux sapeurs-pompiers et à l’ensemble des personnels mobilisés, toujours à pied d’œuvre sur le front du feu.
Dans les locaux de l’ancienne maison de retraite de Céret, transformés en lieu d’accueil d’urgence, la vie reprend peu à peu ses habitudes. Depuis dimanche soir, les 90 résidents de l’Ehpad d’Ille-sur-Têt y ont trouvé refuge après leur évacuation. Une nouvelle organisation s’est mise en place, portée par la solidarité des équipes mobilisées. "Tous trouvent leurs marques", témoigne Cyril Bride, le directeur, qui tient à saluer l’engagement du personnel mobilisé. Chacun s’affaire pour recréer un quotidien le plus proche possible de celui qu’ils connaissent habituellement. Le dispositif bénéficie également du renfort des équipes de l’Ehpad d’Arles-sur-Tech, qui préparent les repas. Dans les espaces de vie climatisés, des téléviseurs ont été installés, des jeux de société proposés, afin d’offrir des moments de détente et de convivialité aux résidents, malgré les circonstances. Ce mardi soir, une troisième nuit loin de leur établissement attendait les pensionnaires. Si l’incertitude demeure quant à la durée de cet accueil provisoire, les équipes veillent à "maintenir des repères" et un accompagnement rassurant, jour après jour.
M. C.W.
Suite à l’incendie qui ravage une partie des P.O. la solidarité s’organise pour venir en aide aux sinistrés. Le CCAS de la ville de Céret assure le relais pour le Vallespir de la collecte de dons lancée par L’Indépendant.
Voici les produits demandés : produits d’hygiène (gel douche, savon, shampoing, dentifrice, brosses à dents, protections hygiéniques…). Produits pour bébés (sérum physiologique, compresses, laits en poudre 1er, 2e et 3e âge…). Alimentation produits secs salés et sucrés, compotes…). Les dons de vêtements ne sont désormais plus nécessaires. Le CCAS assurera ensuite le transport des dons jusqu’au siège de L’indépendant à Perpignan.
Vous pouvez déposer vos dons au CCAS de Céret, 12 Avenue Clemenceau, jusqu’au jeudi 9 juillet à 12 h (mercredi 8 juillet, de 8 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h 30. Jeudi 9 juillet de 8 h à 12 h).