Ce dimanche 5 juillet, en début d’après-midi, le gigantesque incendie parti la veille de Trévillach s’est dangereusement approché de Bouleternère, où les habitants d’une centaine de maisons ont dû quitter leurs...
Ce dimanche 5 juillet, en début d’après-midi, le gigantesque incendie parti la veille de Trévillach s’est dangereusement approché de Bouleternère, où les habitants d’une centaine de maisons ont dû quitter leurs domiciles pendant quelques heures. En fin de journée, la préfecture a également ordonné l’évacuation de tous les villages du massif des Aspres, ainsi que d’Ille-sur-Têt. Soit environ 10 000 personnes.
Forte odeur de brûlé, lumière jaune, habitants arpentant les rues munis de masques chirurgicaux ou de foulards pour se protéger des fumées… Ce dimanche, vers 18 heures, une ambiance inédite régnait dans le village de Bouleternère, alors que l’incendie parti la veille de Trévillach était aux portes de la commune. En début d’après-midi, les habitants d’une centaine de maisons situées près de la voie ferrée ont dû être évacués pendant plusieurs heures. Selon le maire, Pascal Trafi, ils ont finalement été autorisés à regagner leurs logis en fin de journée, avec pour consigne d’y rester confinés.
Quoi qu’il en soit, le feu n’est pas passé loin des habitations. "Les flammes étaient à une cinquantaine de mètres de ma maison, mais elles n’étaient même pas à dix mètres de celles qui longent la haie de la voie ferrée. J’ai eu un peu peur car j’ai du mal à marcher. Je n’avais jamais vu ça en trente ans", indique Jean, un retraité qui faisait partie des habitants de Bouleternère mis à l’abri.
Jocelyne, assise à ses côtés dans la salle des fêtes de la commune, qui a accueilli les villageois évacués, confirme : "C’est la première fois qu’on voit le feu arriver par là." Cependant, la Bouleternéroise avait pris les devants. "Vu comment ça descendait des collines et le vent qu’il y avait, j’avais préparé ce matin un sac avec des médicaments, du linge et un nécessaire de toilette."
C’était l’apocalypse
Jean, un agriculteur de Bouleternère, en train de constater les dégâts sur ses cerisiers ce dimanche en fin d’après-midi.
Nicolas Parent - Nicolas Parent
Lulu, une autre retraitée résidant au lotissement de Les Feixes, n’avait pour sa part rien vu venir : "À un moment donné, l’incendie semblait s’être calmé, puis il y a eu des rafales de vent et vers 14 h 30 ou 15 heures, un pompier a tapé à ma porte et m’a dit qu’il fallait évacuer. J’ai juste eu le temps de prendre les clés de la voiture et de fermer la porte. Je n’ai même pas pris mes comprimés ni rien. Jamais de la vie je n’aurais cru que les flammes étaient si près."
Pendant ce temps, au passage à niveau de la voie ferrée, où les soldats du feu ont réussi à stopper la propagation des flammes vers les maisons, une équipe de pompiers veille pour éviter toute reprise. De l’autre côté des rails, Jean, un agriculteur de 67 ans, est venu à vélo constater les dégâts sur ses cerisiers. "Le feu a attaqué mon champ, explique-t-il en montrant les arbres aux feuilles brûlées et le sol noirci, alors que des explosions retentissent au loin. Quand l’incendie a traversé la RD66, entre midi et deux heures, on était chez nous, juste là-bas, au lotissement des Pyrénées. Les pompiers se sont rapidement positionnés. De mon côté, j’ai ouvert le canal d’irrigation et j’ai mis de l’eau tout autour de la maison, puis avec un tuyau, on a humidifié chez les voisins. C’était très violent. Très rapide. C’était l’apocalypse. On va passer une nuit un peu bizarre."
À quelques kilomètres de là, les habitants d’Ille-sur-Têt ont également passé une fin d’après-midi éprouvante. Vers 18 h 30, le feu avait pris dans certaines parties du village. Agitation anormale, habitants sortant de chez eux avec des valises, pompier posté à l’entrée du centre ancien pour diriger la population vers la salle La Catalane : la situation ne semblait pas prendre une bonne tournure. Peu après 19 heures, la préfecture ordonnait aux habitants de quitter la commune. Comme elle l’avait déjà fait peu de temps auparavant pour l’ensemble des villages du massif des Aspres.
Le centre d’Ille-sur-Têt ce dimanche en fin d’après-midi, juste avant que la préfecture n’ordonne l’évacuation du village.
Nicolas Parent - Nicolas Parent