Plus d’une cinquantaine de sinistrés se sont réveillés dans la maison du citoyen de Thuir ce lundi 6 juillet 2026. La veille, ces Catalans souvent âgés ont dû quitter leur domicile en catastrophe car leur habitation...
Plus d’une cinquantaine de sinistrés se sont réveillés dans la maison du citoyen de Thuir ce lundi 6 juillet 2026. La veille, ces Catalans souvent âgés ont dû quitter leur domicile en catastrophe car leur habitation était menacée par les flammes. Dans une atmosphère lourde chargée d’angoisse, ces hommes et femmes refusent pour la plupart de céder aux lamentations. Reportage.
Les yeux sont fatigués et les traits sont tirés sur les visages des sinistrés de l’incendie de Trévillach. Dans la maison du citoyen de Thuir ce lundi 6 juillet 2026, en début de matinée une cinquantaine de Catalans accusent le coup d’une nuit difficile.
La veille, personne ne se connaissait. Mais tous ont vécu la même angoisse : celle de devoir quitter son domicile en catastrophe à cause d’un incendie menaçant parfois le pas de leur porte. "J’ai dû partir tellement vite que je n’ai même pas pris mes médicaments", témoigne Marité. Cette habitante d’Ille-sur-Têt, âgée de 81 ans, a laissé sa maison ce dimanche en milieu d’après-midi, emportant avec elle son essentiel : Wesley, Noémie et Mélanie, ses Boston terrier. "Le feu est arrivé tellement vite. Il y avait des explosions de bouteilles de gaz. Je n’ai jamais vécu cela. Comme quoi il y a un début à tout, même à 81 ans".
Dans cette salle thuirinoise où la plupart de sinistrés ont les cheveux blanchis par les années, l’ambiance est à la philosophie. Malgré la nuit difficile sur les lits de camp et dans le brouhaha de cette maison citoyenne municipale, beaucoup tentent de tromper l’ennuie et l’angoisse.
On se prépare au pire
Un garçonnet pleure au moment d’être changé par sa maman. Un homme s’adonne à un réveil musculaire en réalisant quelques exercices de gymnastique et de yoga. Un petit groupe échange sur la prise de conscience du changement climatique. Quand des propriétaires de chiens papotent autour… des flatulences de leurs compagnons à poils. "Il pète le tien Françoise ?", "Non, mais il rote". Même dans ces moments terribles, un éclat de rire arrive à être volé à l’angoisse.
Mais le retour à la réalité n’est jamais loin. Peu avant 10 heures, Stéphane Mestres, le maire de Thuir et Hermeline Malherbe, la présidente du Département, révèlent aux administrés que le calvaire est loin d’être fini. À cette heure-ci, le feu n’est toujours pas maîtrisé ni fixé. Impossible donc de savoir quand ces Catalans pourront retrouver le réconfort de leur foyer. "On se prépare au pire, donc nous nous occupons du repas du midi et également de celui du soir", assure le premier magistrat.
L’édile ouvre ainsi la possibilité de passer une nouvelle nuit sur ces lits de camp. Pas de quoi réjouir Françoise, d’Ille-sur-Têt. "Mon voisin n’a pas arrêté de ronfler. Moi aussi je ronfle peut-être un peu. Mais bon… Enfin, j’ai passé ma nuit à siffler quoi". Cette sexagénaire refuse de céder aux lamentations. Mais son regard fixe soudainement l’horizon quand elle confie espérer retrouver sa maison.