Depuis des mois, les fientes d’étourneaux saccagent les terrasses des restaurateurs et entachent la voirie. Ces commerçants, dont la terrasse est un indispensable de la saison estivale, souhaitent que la municipalité...
Depuis des mois, les fientes d’étourneaux saccagent les terrasses des restaurateurs et entachent la voirie. Ces commerçants, dont la terrasse est un indispensable de la saison estivale, souhaitent que la municipalité agisse avec détermination. Cette dernière vient d’annoncer deux campagnes anti nuisibles programmées pour la fin juillet et début août 2026. À Uzès, ville voisine également concernée par cette problématique, la municipalité a su résoudre la situation par les services d’un fauconnier.
Ce ne sont pas les oiseaux d’Hitchcock mais ce sont les étourneaux du boulevard Louis-Blanc qui, depuis plusieurs années, donnent des sueurs aux commerçants alésiens.
Pas moyen d’accueillir, en terrasse au cœur de l’été, le moindre client tant les nuées de volatiles, trouvant gîte le soir venu dans les hauteurs des platanes surplombant les espaces, s’en donnent à cœur joie. "Ils nous chient dessus et les clients sont obligés de rentrer, explique Kheira, manageuse du restaurant Eat sushi dont la véranda qui protégeait un temps la clientèle a été retirée. Elle était tellement abîmée, on avait beau frotter, ça ne partait plus. Et puis nos chaises sont avec des trous, c’est très long à nettoyer et le soir, il faut tout recommencer."
Ils nous chient dessus et les clients sont obligés de rentrer.
Un peu plus bas sur le boulevard Louis-Blanc, Damien Roux, restaurant la Cuisine, fait un constat identique avec un abri de terrasse littéralement criblé de fientes d’étourneaux. À cela s’ajoute une odeur pestilentielle provoquée par les fortes chaleurs ainsi qu’un nettoyage par les services de la ville qui ne s’attardent pas sur les boules de stationnement, les troncs des arbres ou tous supports sur lesquelles les fientes demeurent. "À partir de 20 heures, ils sont là, ça piaille avec les odeurs d’égouts qui remontent, c’est vraiment difficile ! J’ai écrit à plusieurs reprises, trois fois l’an dernier et contacté le numéro vert de la ville. Mais on ne se sent pas écouté. Nous sur le Louis-Blanc, on est les oubliés du centre-ville !"
L’état des terrasses après une nuitée sous les nuées d’étourneaux… En règle générale, c’est 1 h 30 de travail afin de tout remettre en été pour la clientèle.
M.L. - M.L.
Une situation renforcée par deux récents coups du sort avec une rupture de canalisation d’eau, le 3 juillet, puis d’électricité, le 9 juillet, qui on eut pour conséquence de renvoyer les clients chez eux avec une part de chiffre d’affaires qui ne reviendra pas…
« On est là à les écouter parler de dynamisme en centre-ville mais il devrait prendre le dictionnaire et vérifier la définition du mot… siffle un commerçant en colère. Et ce qu’ils ont fait avec l’élagage ces derniers jours, c’est comme s’ils n’avaient rien fait… »
À Uzès, Hubert Lupérini, directeur des services techniques à Uzès, précise que "le cas de figure est arrivé l’an dernier", que celui-ci a été "très compliqué à gérer" mais que la solution est lorsque la mairie a fait appel « à la société Eco nuisible. » Cette dernière use de deux techniques. La première consiste à surprendre les étourneaux par des artifices et les faire décoller de l’arbre où ils se sont installés en fin de journée puis, à lâcher alors des rapaces afin d’effrayer les volatiles. "C’est une opération qu’il faut répéter six ou sept fois, explique Hubert Lupérini, mais c’est efficace". Et si le coût de l’opération se monte "à 5 000 ou 6 000 €", il permet aussi de soulager les équipes techniques en évitant les nettoyages successifs des trottoirs impactés dont certains se doivent d’être décrassés "avec eau chaude et détergeant" lorsque les fientes sont incrustées…
« Moi, mes clients ne viennent pas en terrasse car ils m’expliquent que cela va leur coûter 10 € de plus, c’est le nettoyage de la voiture en repartant, détaille Julien Boithias, restaurant Le Louis-Blanc. Regardez l’état de ces parasols, ils ont 1 mois et demi ! Il y en a pour 3 000 € et les derniers, que je devais laisser ouvert pour protéger les tables ont été détruits par un orage. Si je dois faire, chaque jour, la terrasse, c’est 1 h 30 de travail. Sans compter que les feuilles qui tombent, puisque les arbres dépassent les habitations, viennent boucher les chéneaux et cela fuit par les toits dans le restaurant… »
Une table maculée de fientes. Un spectacle qui ne peut que rebuter la clientèle estivale…
M.L. - M.L.
Même son de cloche chez Delphine Pichon, restaurant le Ricochet et un dernier confrère qui demeure circonspect en constatant les déchets et papiers gras qui jonchent le sol après le récent passage des engins de nettoyage…