Avant de retrouver les Bleus ce lundi soir, les Diables peuvent se tourner vers deux précédents favorables. En 2002 et en 2015, la Belgique avait quitté le Stade de France avec une victoire. ...
Ce lundi, au stade de France, les souvenirs des dernières victoires de la Belgique contre la France remonteront à la surface. Les deux derniers succès des Diables rouges contre les Bleus ont en effet été arrachés à St-Denis, chaque fois en match amical, à quelques jours d'une Coupe du monde (2002) et à un an d'un Euro (2016).
Depuis le succès spectaculaire du 7 juin 2015 (3-4), la Belgique a perdu les six matchs (officiels) qui ont suivi, et on ne va pas faire le décompte ici, dans le détail, d'un enchaînement que la Belgique espère enfin interrompre.
L'expression dit "jamais deux sans trois" ? C'est le bon moment, avec cette visite au stade de France, pour s'en rappeler. Pour rafraîchir la mémoire des Diables, et leur donner des idées, voici un petit rappel de ces deux derniers succès, amicaux certes, mais bien réels.
Fellaini : "On était supérieur sur tous les plans : physique, technique, tactique"Quand ils débarquent à Paris, le 7 juin 2015, les Diables rouges viennent de terminer un stage d'une petite semaine à Bordeaux. À un an de l'Euro 2016, organisé en France, le sélectionneur Marc Wilmots avait obtenu de s'installer au Haillan, centre d'entraînement des Girondins et camp de base choisi pour le tournoi européen par la fédération belge.

Sur le chemin du retour en Belgique, l'étape parisienne devait être une préparation pour un futur déplacement au pays de Galles, cinq jours plus tard, afin de garantir la qualification pour l'Euro. Elle sera reportée de quelques semaines, puisque les Diables ont été battus à Cardiff (1-0).
Mais si la défaite galloise a été gentiment oubliée, le souvenir de la victoire belge à Paris est toujours bien ancré dans les mémoires. Marouane Fellaini, double buteur et passeur décisif ce soir-là, a été un acteur majeur du succès. Il rembobine : "On avait dominé ce match, surtout la première heure. Je me souviens de mes buts, un du gauche et un de la tête."
guillement"Marquer deux buts au stade de France, ce n'est pas rien"
L'ancien médian va même plus loin, quand il y repense : "Si on avait joué la demi-finale de la Coupe du monde (2018, perdue 1-0) comme ce soir-là, on aurait gagné, j'en suis certain." Fellaini développe : "Je sais que les équipes ne sont pas les mêmes entre les matchs de 2015 et de 2018 (NdlR : il ne restait que 6 joueurs français de 2015 en 2018), mais on était supérieur sur le plan physique, athlétique et… tactique."
Jason Denayer, opposé à Olivier Giroud, a honoré sa première titularisation en France. ©Pardon ? "Oui, j'assure que, tactiquement, ce jour-là, on était supérieur. On allait vers l'avant, on n'avait pas peur." Roberto Martinez, s'il lit ces lignes, appréciera.
À Paris, la Belgique avait mené 0-3, ce qui faisait chanter aux supporters belges un air assez connu, popularisé dans la même enceinte dix-sept ans plus tôt. Fellaini, donc, avait ouvert la marque au bout d'un quart d'heure et avait doublé la mise juste avant la mi-temps, avant que Nainggolan, d'une frappe lointaine, passe la troisième.
"C'est difficile de dire si je place ce match parmi mes meilleurs moments sur le plan personnel, mais marquer deux buts au stade de France, ça n'arrive pas tous les jours", s'amuse l'ancien joueur de Manchester United.
guillement"On avait fait une dégustation de vin à Bordeaux, ça a peut-être aidé pour le match de Paris"
Le match de 2015 avait également été l'occasion de noter quelques premières : la première titularisation de Jason Denayer en équipe nationale. Le défenseur, alors au Celtic Glasgow, avait laissé une très bonne impression et la perspective d'avoir trouvé un défenseur central de grande qualité, dans l'ombre de Vincent Kompany, absent, était née. On connaît la suite, moins savoureuse.
C'était aussi le premier match d'Eden Hazard avec le brassard de capitaine. Que cela se passe en France, le pays où il s'est révélé avec Lille, ne devait rien au hasard. Wilmots, pendant le stage bordelais, avait modifié sa hiérarchie des vice-capitaines, derrière Kompany, et il voulait donner plus de responsabilités au Brainois.
Hazard, buteur sur penalty à la suite d'une faute provoquée par Axel Witsel, avait promené sa simplicité, dans un match un peu fou et précédé d'un petit vent de panique pendant le stage de Bordeaux. Marc Wilmots était en effet dragué par Schalke 04 et une clause libératoire de son contrat était l'objet de toutes les discussions.
Le sélectionneur n'en faisait pas mystère, ne fermait pas complètement la porte au club allemand, et cela avait un peu agité le quotidien de la caravane, moins ensuite. Marouane Fellaini n'a pas souvenir de l'épisode, mais il retient ceci : "Lors du stage à Bordeaux, on avait fait une visite d'une cave à vins, avec une petite dégustation, très légère, hein. Mais c'est peut-être ça qui a aidé à Paris (éclats de rire)."
La fiche techniqueFrance - Belgique 3-4
FRANCE : Lloris ; Sagna, Varane, Koscielny, Trémoulinas ; Matuidi, Cabaye (46e Payet), Sissoko ; Valbuena (73e Fekir), Griezmann (46e Lacazette), Giroud (80e Ntep).
BELGIQUE : Courtois ; Alderweireld, Denayer (85e Dendoncker), Lombaerts, Vertonghen ; Nainggolan, Witsel (81e Dembélé), Fellaini (77e Chadli) ; Mertens (60e Carrasco), Hazard, Benteke (59e Lukaku).
Buts : 17e Fellaini (0-1) ; 42e Fellaini (0-2) ; 50e Nainggolan (0-3) ; 53e Valbuena (1-3) ; 54e Hazard, sur pen. (1-4) ; 89e Fekir (2-4) ; 90e+1 Payet (3-4).
Carte jaune : Cabaye.
Ce 18 mai 2002 devait être une soirée de fête, pour souhaiter bonne chance aux champions du monde et d'Europe sortants, avant le grand départ pour la Corée du Sud. Quelques jours avant la Coupe du monde, le stade de France était en transe pour les Bleus.
Même privée de Zinédine Zidane et de Thierry Henry, la France restait une armada que la Belgique regardait avec une pointe de respect, et l'une ou l'autre question, aussi, puisqu'elle avait été accrochée par l'Algérie (0-0), quelques jours plus tôt, à Bruxelles.

"On était les petits Belges, se souvient Gert Verheyen, titulaire ce soir-là. Bref l'adversaire idéal pour permettre à la France de finir sa préparation… Mais on avait envie de gâcher la fête (sourire)." Et cela n'a pas manqué, avec un but au bout de vingt minutes et un deuxième, victorieux, dans les arrêts de jeu, pour climatiser un stade qui a pu ranger les drapeaux.
guillement"La victoire nous a rassurés pour la Coupe du monde"
Le premier but restera le seul en sélection du regretté Glen De Boeck. À la réception d'un coup franc de Johan Walem, le défenseur d'Anderlecht croisait sa reprise de la tête, ou de l'épaule, c'est difficile à déterminer, pour ouvrir la marque.
Malgré les apparences, Gert Verheyen et les Belges ont bien pris le dessus sur Marcel Desailly et les Français. ©La suite, c'est Verheyen qui la raconte : "Je n'ai pas beaucoup de souvenirs du match, mais je me souviens bien que le but de la victoire, c'est Marc (Wilmots) qui le met, et je fais la passe décisive. Cette victoire nous a rassurés pour le tournoi, mais pas trop non plus, car ça restait un match amical."
La France allait vivre une Coupe du monde très compliquée, une élimination au premier tour, alors que la Belgique sera arrêtée en huitièmes de finale, par le Brésil. Pour Verheyen, gagner en France, "face à ces grands joueurs, c'était tout de même quelque chose".
guillement"Mais tu sais qui est l'adversaire, par terre ?"
Mais l'ancien Diable rouge ajoute, dans un sourire : "On ne représentait pas grand-chose pour eux, ils étaient dans leur monde, prêts à partir pour le Japon. Nous, c'était notre petite motivation de se payer les champions du monde et d'Europe. Pour l'anecdote, lors de l'Euro 2024, j'ai croisé Marcel Desailly, face à qui j'étais opposé lors de ce match amical. Il m'a montré une photo sur son compte Instagram, où je n'étais pas à mon avantage. Je lui ai demandé : mais tu sais qui est le joueur par terre ? Il ne savait pas évidemment. J'ai ajouté : c'est moi (sourire)."
La fiche techniqueFrance - Belgique 1-2
FRANCE : Ramé ; Thuram (46e Candela), Leboeuf, Desailly, Lizarazu (46e Sagnol) ; Petit, Vieira ; Wiltord (80e Boghossian), Djorkaeff (46e Micoud), Dugarry, Trezeguet (46e Cissé).
BELGIQUE : De Vlieger ; Peeters (64e Deflandre), Van Buyten, De Boeck, Van Kerckhoven ; Walem (80e Englebert), Simons (75e Vanderhaeghe) ; Verheyen, Wilmots, Goor (46e Boffin) ; Mpenza (46e Sonck).
Buts : 20e De Boeck (0-1) ; 40e Simons csc (1-1) ; 90e+1 Wilmots (1-2).
Cartes jaunes : Peeters, Leboeuf, Lizarazu, Dugarry.
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