Tout a commencé à l’hôtel au bord du lac pour se finir en chambrant Donald Trump dans le vestiaire. La stratégie des Diables a parfaitement fonctionné pour s’offrir un quart contre l’agence tous risques espagnole. ...
Ce n'était pas sur "Y.C.M.A." des Village People mais au son d'"On met la patate" d'Average Rob. Après leur victoire écrasante contre les États-Unis, les Diables se sont lâchés en imitant la "Trump Dance" dans le vestiaire du Lumen Field de Seattle, avec le déhanché particulier du président américain à chacun de ses meetings.
Une façon de tourner la page d'un match qui a commencé sur le terrain politique mais qui s'est décidé à onze contre onze sur une pelouse verte. Et à ce jeu, ce sont les Belges les plus forts, refroidissant violemment l'ambition de tout un pays qui aime tant la climatisation. Ni Balogun, ni aucun Américain n'étaient au niveau de ce huitième de finale.
La victoire des Diables s'est dessinée tôt, bien avant le premier coup de sifflet de l'excellent arbitre jordanien. À l'hôtel Hyatt Lake Washington quand, ensemble, les joueurs ont estimé que, Balogun ou pas Balogun, ils ne pouvaient pas craindre la Team USA. Même si elle jouait à treize, avec ses supporters et Gianni Infantino.
Puis c'est Rudi Garcia qui est entré en scène, avec un choix attendu mais fort quand même : Doku, De Bruyne et Lukaku sur le banc. Il a totalement oublié la hiérarchie de ses dix-huit premiers mois de mandat pour aligner le onze le plus fort possible sur le plan collectif.
Il fallait voir "l'échauffement" de Doku pour comprendre sa déception.
Avec des réactions différentes pour les trois joueurs de champ les plus célèbres du Royaume : un De Bruyne impliqué dans un rôle de motivateur, un Lukaku joker buteur comme quasiment toujours et un Doku qui a pris un fameux coup sur la cafetière. Il fallait voir "l'échauffement" de la star de Manchester City pour comprendre qu'il n'était pas ravi, mais alors pas du tout.
La hiérarchie n'est plus la même qu'au début du tournoi, même si huit des onze titulaires face aux États-Unis avaient commencé la rencontre initiale contre l'Égypte. KDB, Meunier et Doku sont les grands perdants. Le sélectionneur a déjà annoncé que l'équipe risquait encore de changer pour affronter la grande Espagne vendredi à Los Angeles mais il sera difficile de sortir des garçons comme De Ketelaere, Raskin, De Cuyper, Vanaken ou Lukebakio.
Le plan ne s'est pas résumé à des hommes. Garcia et son staff avaient bien étudié le jeu américain, si séduisant avant ce huitième de finale. Avec une grande idée pour embêter Mauricio Pochettino en première période : aspirer le pressing US jusqu'à Courtois puis allonger la relance vers les offensifs. À eux alors de faire stresser les défenseurs pas très rassurants de l'équipe locale.
Les supporters américains sifflaient chaque passe belge vers Courtois sans savoir que c'était la première étape du piège. Et il y en a eu… 19 sur la première période (25 en tout). Ngoy et Mechele n'essayaient même pas de se trouver, ils donnaient la balle à leur gardien qui jouait loin devant. Obligés de défendre bas, les États-Unis ont multiplié les erreurs autour de leur rectangle.
Courtois a reçu... 19 passes en retrait en première période et c'était le plan.
C'est ainsi que les buts belges sont tombés, à chaque fois. Avec des bévues plus ou moins flagrantes de l'adversaire et des attaquants belges réactifs. De Ketelaere a marqué les deux premiers, s'est arraché pour donner l'assist sur le troisième puis Lukaku a terminé le boulot.
Les Belges retournent à Los Angeles, là où ils avaient disputé leur seul match sans marquer (0-0 contre l'Iran le 21 juin). La machine offensive des Diables impressionne quand même : 13 buts inscrits depuis le début du tournoi. Seule la France fait mieux (14).
La Belgique est aussi l'équipe qui a créé le plus d'occasions dans cette Coupe du monde (107), soit quatorze de plus que… l'Espagne, deuxième de ce classement. Personne n'a été plus dangereux dans le grand rectangle adverse que les Diables (70 possibilités). Selon Opta, Trossard est le joueur qui crée le plus d'occasions sur ce tournoi.
Les Belges n'ont plus battu une équipe du top-10 en compétition depuis 2021.
Des stats agréables à consulter mais il est bon de rappeler aussi que les hommes de Rudi Garcia n'ont encore affronté aucune équipe de top 10 mondial pour arriver jusqu'en quart. Et voici subitement la Roja, numéro trois du ranking Fifa et zéro but encaissé dans le tournoi.
Pour continuer à danser, comme Trump ou pas, les Diables devront confirmer une montée en puissance qui s'est faite contre des nations des confédérations les plus faibles de la planète. La dernière victoire contre une équipe du top 10 dans un match de compétition remonte déjà à 2021 (Portugal en huitième de finale de l'Euro). À une époque où on était encore en tête du classement.
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