Alors que la France prépare son budget 2027, la sempiternelle question de la taxation des riches est sur toutes les lèvres. Loin d'être une réalité propre à l'Hexagone, le même débat fiscal rebondit en Californie.
Le budget 2027 relance le débat fiscal en France. Le 25 septembre 2026, l'Observatoire de la justice fiscale a défendu une hausse ciblée des impôts sur les plus riches. Sébastien Lecornu a pourtant confirmé qu'aucune hausse d'impôt n'était prévue. Au même moment, la Californie prépare un scrutin très suivi. Le 3 novembre, ses habitants voteront sur la Proposition 40, qui prévoit une taxe unique de 5% sur certains patrimoines dépassant 1milliard de dollars. Le sujet oppose déjà des analyses radicalement différentes.
Le budget français remet la fiscalité sous tensionDans son texte, l'Observatoire conteste l'idée d'une contribution suffisante des plus fortunés. Il rappelle que la contribution différentielle sur les hauts revenus aurait rapporté 388millions d'euros en 2025. Le rendement annoncé atteignait pourtant 2milliards. L'organisme attribue notamment cet écart aux stratégies d'optimisation fiscale. Il défend donc une réforme renforçant la progressivité des revenus, du patrimoine et des transmissions.
Cette position intervient alors que le gouvernement privilégie la réduction des dépenses pour contenir le déficit. L'Observatoire propose, au contraire, de mobiliser davantage les recettes publiques pour financer le climat, la santé, le logement ou l'éducation. Il met également en avant l'effet multiplicateur de l'investissement public. Cette approche constitue l'un des points de départ du débat actuel.
En Californie, une expérience fiscale très observéeLa Proposition 40 prévoit un prélèvement unique pouvant atteindre 5% sur les actifs couverts de certains milliardaires. Le texte exclut notamment l'immobilier et certains comptes de retraite. 90% des recettes doivent financer la santé. Les 10% restants concernent notamment l'éducation et l'aide alimentaire. L'analyse officielle estime des recettes temporaires de plusieurs dizaines de milliards de dollars.
C'est dans ce contexte que Benjamin Jaros, chercheur à la Hoover Institution, développe une lecture beaucoup plus prudente. Avec Joshua Rauh, il estime que les départs de contribuables fortunés pourraient réduire durablement les recettes. Dans L'Express, il affirme que ces mécanismes sont "généralement peu efficaces". Il ajoute : "Cela a échoué en France. Ce serait un désastre budgétaire et économique en Californie." Selon leurs simulations, le bilan net moyen pourrait atteindre -24,7milliards de dollars.
Les effets sur les recettes restent au cœur du désaccordPour Benjamin Jaros, la mobilité des grandes fortunes constitue un élément central. Il avance que certains contribuables peuvent changer de résidence, modifier leurs actifs ou utiliser des dispositifs d'évitement. Son analyse estime ainsi que les pertes futures d'impôt sur le revenu pourraient dépasser les recettes initiales dans 71% des simulations. Il présente cette taxation comme "contre-productive" lorsque ses effets indirects sont intégrés.
L'analyse officielle californienne apporte toutefois un autre éclairage. Elle estime que la mesure pourrait rapporter des dizaines de milliards, tout en entraînant une baisse annuelle inférieure à 1milliard des recettes d'impôt sur le revenu. Le débat porte donc moins sur l'existence d'une recette immédiate que sur son rendement final. Benjamin Jaros insiste sur les réactions possibles des contribuables concernés. Cette divergence explique la controverse actuelle : les défenseurs misent sur des recettes disponibles rapidement, tandis que les opposants évaluent aussi les pertes fiscales potentielles et les changements de comportement dans la durée. Peut-être, faudrait-il tout simplement "repenser la fiscalité" pour "plus de justice" comme Périco Légasse l'a proposé ?
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