À partir de 2026, une réforme des prélèvements sociaux bouleverse le calcul de la retraite en Espagne pour des milliers de Français. Selon votre profil, ce virage peut doper votre pension… ou l’amoindrir.
Prendre sa retraite en Espagne reste le projet phare de milliers de Français attirés par le soleil, les loyers plus doux et un rythme de vie plus tranquille. Mais un changement fiscal qui se met en place en 2026 pourrait, pour certains, peser bien plus lourd que la météo dans le choix de partir ou de rester. Derrière ce basculement, il y a surtout la fin annoncée d’une partie des prélèvements sociaux français pour les retraités devenus non-résidents et affiliés à la Sécurité sociale espagnole. Le magazine féminin Marie France rappelle qu’un résident fiscal français peut perdre jusqu’à 9,1% de sa pension en CSG, CRDS et CASA ; l’effacement de ces lignes change la donne, mais pas pour tout le monde.
Retraite en Espagne : un rêve déjà bien réel pour les FrançaisLe site d’accompagnement Ma Retraite en Espagne recense environ 78.600 retraités français déjà résidents fiscaux espagnols en 2025. Le cadre est simple : libre circulation dans l’Union européenne, versement continu des pensions françaises et coût de la vie encore inférieur à celui de nombreuses grandes villes françaises, surtout hors Barcelone et Madrid.
La convention fiscale France-Espagne du 10 octobre 1995 fixe les règles : les pensions privées (CNAV et Agirc-Arrco) sont imposées dans le pays de résidence, les pensions publiques (fonctionnaires, militaires, hospitaliers) restent imposées en France, avec un effet de "taux effectif" côté espagnol. Cette architecture existait déjà, mais la réforme des prélèvements sociaux côté français modifie l’équation.
Ce que le changement 2026 peut faire à votre pensionLes prélèvements sociaux français CSG, CRDS et CASA peuvent atteindre 9,1% de la pension d’un retraité resté résident fiscal en France, souligne Marie France. Pour un Français qui s’installe en Espagne, devient non-résident fiscal et se fait couvrir par la Seguridad Social via le formulaire S1, ces prélèvements disparaissent sur les pensions privées. La cotisation maladie COTAM, de 3,2% sur la base et 4,2% sur la complémentaire, peut aussi tomber à 0% dans certains cas décrits par le blog juridique JimenezJulien.
Reste l’impôt espagnol. L’IRPF 2026 affiche un barème de 19 à 47%, avec un abattement général de 5550€, complété de 1150€ après 65 ans et de 1400€ après 75 ans. Les pensions profitent d’une réduction spécifique de 2000€, augmentée pour des revenus inférieurs à 19.747€ selon Ma Retraite en Espagne. Pour les petites et moyennes retraites, la combinaison faible IRPF + suppression des prélèvements sociaux français peut représenter un gain mensuel concret.
France ou Espagne : pour qui le départ devient vraiment intéressant ?D'après L'Internaute, le nouveau cadre ne joue pas de la même façon selon les profils :
Pour profiter réellement de ce "nouveau deal", il faut aussi basculer clairement sa résidence fiscale : plus de 183 jours par an en Espagne ou centre d’intérêts vitaux sur place, déclaration à l’Agencia Tributaria, formulaire S1, et, au-delà de 50.000€ d’avoirs à l’étranger, Modelo 720. Un statut mal calé peut faire perdre l’exonération de CSG-CRDS, voire exposer à des redressements des deux côtés des Pyrénées.
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