La traditionnelle tournée des vendanges s’est déroulée ce mercredi 16 septembre à Maury. Si la récolte 2026 s’annonce meilleure que les précédentes, les vignerons restent confrontés à une autre réalité : celle des...
La traditionnelle tournée des vendanges s’est déroulée ce mercredi 16 septembre à Maury. Si la récolte 2026 s’annonce meilleure que les précédentes, les vignerons restent confrontés à une autre réalité : celle des ventes difficiles et de la baisse de la consommation du vin.
C’est la tradition! Et, comme à l’accoutumée, cette année encore, tout le monde a répondu présent. Le Syndicat des vignerons, la Chambre d’agriculture, le préfet des Pyrénées-Orientales, le Département… Tous sont venus pour la tournée des vendanges du Pays catalan. Un marronnier de la fin de l’été qui permet surtout de prendre le pouls de l’une des économies majeures du territoire. Et tous s’accordent à le dire. Les vendanges 2026, encore en cours dans certains domaines, sont globalement de bons augures. Tout du moins davantage que ces dernières années.
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Une "respiration"Au Mas Amiel, à Maury, où une partie de la tournée était organisée, les vendanges ne sont pas encore tout à fait terminées. Mais Nicolas Raffy, directeur du domaine, constate déjà une nette amélioration.
"Les vendanges sont plutôt belles. Un peu plus de 30 hectolitres par hectare. Les années précédentes, on était plutôt aux alentours de 20, 22, 24. Ça nous amène un peu de respiration", souligne-t-il.
Une "respiration" bienvenue mais pas encore un soulagement. En cause, la baisse de consommation et la mévente du vin ces dernières années. "À nous de nous battre, de trouver des ressources, de réimaginer le commerce, de réimaginer notre façon d’aborder les marchés. On doit poursuivre son travail de valorisation du vin et de notre image. Il faut se réinventer", estime-t-il.
Monter en notoriété, être visible et reconnu à notre juste valeur
Même constat au domaine Sol Payré, à Elne. Didier Rodriguez annonce une récolte d’environ 35 hectolitres par hectare, contre seulement 18 l’an dernier. "Une belle vendange. On n’est pas sur une année record, mais on est sur de bons rendements et une belle qualité", souffle le vigneron. "Mais ça ne compensera pas les années passées. Ça ne compensera pas non plus le fait que c’est compliqué de vendre du vin. Ce n’est pas tout de faire du volume, après il faut le vendre. Il faut que nous, le Roussillon, puissions monter en notoriété, qu’on puisse être visible et qu’on soit reconnu à notre juste valeur en termes de qualité. Et, avec ça, espérer retrouver des prix plus rémunérateurs", fait-il valoir.
Car c’est bien là que se situe aujourd’hui l’un des principaux défis du vignoble catalan. La consommation de vin recule. Certaines exploitations disposent même de stocks qu’elles peinent à écouler. À la tête du Syndicat des vignerons des Pyrénées-Orientales depuis cet été, Laurianne Tournier préfère rester nuancée quant aux résultats de ces vendanges. "C’est un peu mieux, c’est vrai. Mais tout est relatif. C’est très hétérogène sur le territoire. En moyenne, le département devrait atteindre environ 29 hectolitres par hectare. Un chiffre encore très éloigné du seuil de rentabilité qui est de 39 hectolitres par hectare."
"Les récoltes de ces trois dernières années étaient vraiment basses, le mieux de cette année ne compense pas ça", poursuit la présidente. Et surtout, "le problème de la vente est toujours d’actualité". La question n’est donc plus seulement de savoir combien de bouteilles pourront être produites mais de comprendre comment elles peuvent trouver leur place auprès de consommateurs dont les habitudes ont changé…