Les syndicats sont vent debout contre une promesse du gouvernement faites aux artisans boulangers et fleuristes de pouvoir faire travailler leurs salariés le 1ᵉʳ-Mai 2027.
Un manifestant tient une pancarte lors d’un rassemblement pour protester contre la proposition de loi sur le travail le 1ᵉʳ-Mai, le 10 avril 2026 à Paris. BASTIEN ANDRE/HANS LUCAS VIA AFP
« Pas touche » au 1ᵉʳ-Mai : les syndicats donnent rendez-vous dans la rue ce vendredi 1ᵉʳ-Mai pour défendre ce jour « férié et chômé », dont le gouvernement souhaite revoir les modalités pour les salariés des artisans boulangers et fleuristes.
Le gouvernement l’a promis : en 2027, artisans boulangers et fleuristes pourront faire travailler leurs salariés le 1ᵉʳ-Mai, ce qui n’est actuellement autorisé que pour certaines activités ne pouvant s’interrompre.
Le ministre du Travail a présenté mercredi 29 avril en conseil des ministres un projet de loi en ce sens, fixant notamment les conditions du recueil du volontariat des salariés. Pour cette année, la loi reste la même. Mais Jean-Pierre Farandou a lancé un appel à « l’intelligence collective » pour permettre aux boulangers et fleuristes de faire travailler leurs salariés volontaires sans être sanctionnés, tout en se gardant de donner la moindre « instruction » aux inspecteurs du travail.
« On est dans un des seuls secteurs où l’on demande aux agents de contrôle d’anticiper une potentielle évolution réglementaire », s’insurge l’inspectrice du travail Cécile Clamme, secrétaire générale de la CGT Travail, Emploi, Formation professionnelle.
Des « instructions » aux services de l’EtatLe Premier ministre avait évoqué mi-avril des « instructions » aux services de l’Etat pour que les artisans fleuristes et boulangers ne souffrent « d’aucune conséquence d’une ouverture le 1ᵉʳ-Mai 2026 dans les règles fixées par la future loi ». Un communiqué de Matignon attaqué en référé mercredi par Sud, la CGT et des députés écologistes.
Jeudi, le Conseil d’Etat a estimé qu’il n’y avait « plus lieu » de « statuer ». « Les conclusions des requêtes aux fins de suspension et d’injonction ont perdu leur objet », indique la décision, consultée par l’AFP. Le Conseil d’Etat considère que le nouveau communiqué mis en ligne par le gouvernement, tout comme « les explications fournies par les représentants de l’administration au cours de l’audience » permettent de conclure que « le gouvernement n’entend pas donner une instruction par laquelle il ferait obstacle » au cadre légal actuel autour du travail le 1ᵉʳ-Mai.
Les cinq confédérations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) ont émis un avis négatif sur le projet de loi. Elles avaient auparavant obtenu que la proposition de loi portée par l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, qui prévoyait des ouvertures beaucoup plus larges de commerces, ne soit pas votée à l’Assemblée nationale.
« On ne touche pas au 1er-Mai ! »« Pas de projet de loi sur le 1ᵉʳ-Mai », a tonné lors du congrès du FO la semaine dernière son secrétaire général Frédéric Souillot, attendu vendredi dans le cortège parisien, comme les cheffes de file de la CFDT Marylise Léon et de la CGT Sophie Binet.
Le numéro deux de la CFDT, Yvan Ricordeau, note la « volonté des militants d’être présents pour défendre le seul jour férié et chômé ». « On ne touche pas au 1ᵉʳ-Mai ! », abondent la CGT, la FSU (secteur public), Solidaires et des syndicats étudiants, qui défileront aussi pour le pouvoir d’achat, la paix et contre l’extrême droite.
Pour cette journée symbolique dans le monde du travail depuis 1889, la cérémonie annuelle en mairie avec les syndicats a été supprimée par la municipalité RN fraîchement élue de Liévin (Pas-de-Calais) où 42 mineurs ont péri en 1974 dans le plus grave accident minier en France depuis la Seconde Guerre mondiale.
Cette année, Julie Ferrua, co-déléguée générale de Solidaires, estime particulièrement important de « rappeler cette attaque qu’il y a eu sur le 1ᵉʳ-Mai , rappeler les accidents du travail, rappeler aussi que l’extrême droite n’est pas pour les travailleurs et les travailleuses, contrairement à l’image qu’elle véhicule ».
« L’extrême droite, c’est l’imposture sociale en permanence », affirme également le secrétaire confédéral de la CGT Thomas Vacheron alors que le RN a soutenu la proposition de loi portée par Gabriel Attal. « Le contexte de l’attaque très forte sur le 1ᵉʳ-Mai donnera un climat particulier » aux cortèges, prédit aussi la secrétaire générale de la FSU, Caroline Chevé, qui appelle aussi à manifester « pour l’urgence salariale ».
Par Service Actu (avec AFP)