Le kiosque blanc a fière allure. Sur le boulevard de Cahors (Lot), il y en a deux, dont celui qu'a repris Jean Vila, cet été, pour décliner tout le panel des gourmandises sucrées et glacées. Pour ce forain, habitué...
l'essentiel Le kiosque blanc a fière allure. Sur le boulevard de Cahors (Lot), il y en a deux, dont celui qu'a repris Jean Vila, cet été, pour décliner tout le panel des gourmandises sucrées et glacées. Pour ce forain, habitué aux fêtes et aux manèges, c'est une nouvelle aventure qu'il partage avec les habitants et les vacanciers, donnant un air de fête à ce petit bout de trottoir. Rencontre avec celui qui se dit "marchand de bonheur".
Impossible de le manquer, le petit kiosque blanc du boulevard Gambetta à Cahors attire l'œil autant qu'il suscite la gourmandise. Dans cet univers sucré, Jean Vila prépare des gaufres, des crêpes, des churros, des barbes à papa, des granités ou même des glaces, depuis quelques mois seulement, suite à la disparition de son ami François. "En plus de cette petite affaire, il avait l'un des plus gros stands de confiserie de la fête foraine, une belle affaire", rappelle le commerçant qui a décidé d'aider les proches de son ami décédé. La fraternité est une des valeurs de la communauté des gens du voyage. Alors, tandis que son épouse Johana fait tourner leur attraction du palais des glaces à Saint-Pierre-la-Mer, près de Narbonne, lui, vend des douceurs à Cahors pour les touristes et les Lotois, donnant au kiosque des airs de fête et de vacances.
"J'adore faire ça, cet univers je le connais bien, j'ai commencé tout petit à l'âge de mon fils, Soloway"."J'ai repris en mai, je veux travailler sur une saison complète et sur l'année pour voir ce que ça donne. Alors je m'investis, j'ouvre vers midi et jusqu'à 23 heures le soir, tous les jours. J'adore faire ça, cet univers je le connais bien, j'ai commencé tout petit à l'âge de mon fils, Soloway".
Jean et son fils passent un bel été dans leur kiosque sur le boulevard de Cahors.
DDM Laetitia Bertoni
Transmettre aux enfants, le savoir-faire, tout en comptant sur eux pour aider, c'est le principe dans la famille de Jean, depuis quatre générations. À bien y regarder, le petit dernier ne se débrouille d'ailleurs pas si mal, du haut de ses 10 ans, pour préparer les cornets de glace et rendre la monnaie. Lui est ici, et les plus grands, 19 et 15 ans, sont avec leur mère à Saint-Pierre-la-Mer. Tout en lui jetant un regard bienveillant, il rétorque : "Je le laisse faire parce que de toute façon si on ne fait pas de conneries, on n'apprend pas. Ils vont à l'école, mais en dehors, ils sont toujours avec nous, ils sont mieux là à nous aider qu'à être sur le téléphone à ne rien faire."
Cuisiner, une passion que la famille de Jean se transmet de génération en générationPour réussir ce nouveau défi, Jean a mis les moyens pour transformer le kiosque cadurcien et sa terrasse. Des couleurs et des airs de fête qui lui ont valu un petit rappel à l'ordre de la ville pour un peu plus de sobriété, qu'il prend avec le sourire. Car il est comme ça Jean, il ne fait rien à moitié. "Je voulais vraiment que ce soit joli et que ça sorte de l'ordinaire, que ce soit rigolo", se défend-il, décidant de se rattraper sur les propositions gourmandes, en les étoffant de mille et une douceurs, sans aucune modération cette fois.
Ce que Jean préfère dans cette nouvelle aventure professionnelle, c'est la rencontre avec les gens.
DDM Laetitia Bertoni
"En plus, on fait toutes les pâtes maison, on se transmet ça de génération en génération. On aime tous cuisiner, d'ailleurs y'a qu'à voir, je ne fais pas pitié" lance-t-il avec un brin d'humour. Car dans la famille de Jean, ils ont tenu un stand salé-sucré de 15 mètres de long à Perpignan, jusqu'au départ en retraite de son père. Quant à Johana elle venait avec son attraction à chacune des fêtes de Cahors, c'est comme ça qu'il a découvert la ville et le Lot. Cet été, il loue un hébergement pour pouvoir tenir le kiosque et rentre chez lui dans le sud dès qu'il peut, ses enfants font des allers-retours aussi entre Narbonne et Cahors, pour les aider. Car, pas question de baisser le rideau du "Kiosque de Cahors", quand il part, sa femme vient le remplacer. Même s'il adore la région et la rivière Lot, Jean avoue que "rester deux mois au même endroit est un calvaire. J'aime voir des gens, de nouvelles têtes, je suis un marchand de bonheur", dit-il en préparant des crêpes pour des touristes ravis de faire un petit bout de causette avec lui.
Du haut de ses 10 ans, le plus jeune de ses trois fils a déjà le goût du commerce et du contact avec les clients.
DDM Laetitia Bertoni
Pour être certain que son affaire fonctionne, malgré un mois de juillet très difficile, il ne cesse de proposer de nouvelles choses, comme ces gaufres à la carte, avec le choix de l'accompagnement et des petits toppings sucrés ou chocolatés à ajouter par-dessus la chantilly... Le comble de la gourmandise avec Jean, c'est qu'il n'y a aucune limite à vos envies. Dans son petit kiosque, il a vu les choses en grand pour en faire un palais des gourmandises.