Le refuge des Oulettes de Gaube, dans les Pyrénées, rouvre ce samedi après des travaux d'un million d'euros pour améliorer ses infrastructures face à une fréquentation croissante. Avec quatre-vingt-quinze couchages et...
l'essentiel Le refuge des Oulettes de Gaube, dans les Pyrénées, rouvre ce samedi après des travaux d'un million d'euros pour améliorer ses infrastructures face à une fréquentation croissante. Avec quatre-vingt-quinze couchages et 500 visiteurs quotidiens, le site a notamment installé des toilettes sèches et amélioré son isolation thermique. On a suivi les derniers préparatifs avec Aurore et son équipe qui attendent plus de soixante convives dès ce samedi soir.
Aux Oulettes de Gaube, les derniers ouvriers n'ont quitté le refuge que mercredi. Moins de trois jours plus tard, les gardiennes Aurore Meyer et Claire Bodin, et leur équipe s'apprêtent à retrouver leur public, dans l'un des sites les plus courus des Pyrénées. Avec une capacité de 95 couchages, le refuge des Oulettes accueille en moyenne 500 visiteurs par jour, avec notamment des bivouacs toujours plus nombreux.
Des toilettes sèches face à la fréquentationUne fréquentation qui a conduit la FFCAM à entreprendre des travaux dont le montant s'élève à 1 M€ et qui arrivent enfin à leur terme, hormis quelques finitions qui attendront la fin de l'été. "Il s'agissait d'abord de créer une extension pour mettre en place des toilettes sèches car l'assainissement autonome était sous pression en raison de la surfréquentation à la journée notamment", résume Florent Roussy à la FFCAM. "Le système n'était pas dimensionné pour un tel public et saturait." Quatre cabines de toilettes sèches occupent donc l'extension à l'arrière du bâtiment, positionnée sur une fosse à réception. Un système déjà expérimenté par la FFCAM, avec succès, sur les refuges de Campana de Cloutou et de Venasque.
Derniers coups de balai et de serpillère pour évacuer les traces des mois de travaux.
Andy Barréjot
Dans le même temps, des travaux d'isolation ont été menés pour améliorer le confort thermique et la gestion énergétique de ce refuge, particulièrement froid durant l'hiver. "On souhaitait que les gens aient envie de rester là durant l'hiver, sur le tour de la Grande Fâche notamment. On a aussi cloisonné le grand dortoir pour en faire deux plus petits avec un couloir. Le vestiaire a également été réaménagé, tandis que les panneaux photovoltaïques ont été redisposés et étendus."
Bien qu'encore fermé, la terrasse du refuge et son panorama sur le Vignemale comblait les visiteurs.
Andy Barréjot
Un chantier qui arrive à son terme, non sans quelques péripéties, entre une fermeture envisagée tout l'été dernier puis finalement transformée en ouverture restreinte, une reprise des travaux début mai grâce à l'intervention des bénévoles du CAF de Lourdes pour déneiger le site, et enfin une réouverture qui devait intervenir au 1er juillet et aura donc lieu ce samedi. "Pendant tout le chantier, on a eu entre dix et vingt ouvriers au refuge que nous avons fait manger", précise Aurore, l'une des gardiennes. "La réouverture retardée est surtout pénalisante pour nos salariés. On a essayé de décaler les contrats et de s'adapter. C'est le maître mot dans la vie d'un refuge."
Bien qu'encore fermé, la terrasse du refuge et son panorama sur le Vignemale comblait les visiteurs.
Andy Barréjot
Ce samedi, les planches qui barraient encore l'accès au refuge la veille seront retirées. En attendant, l'heure était au nettoyage et aux préparatifs à 2 148 m d'altitude. "On a eu un héliportage mercredi, avec neuf rotations, soit 800 kg de nourriture pour tenir durant les premières semaines. Un autre sera nécessaire pour boucler l'été", détaille la gardienne à la tête avec sa collègue d'une équipe de six personnes. "Depuis mercredi, on redéploie tout le matériel, l'affichage et on nettoie le site car les travaux ont laissé des traces et pas mal de poussière." Mais le fonctionnement, lui, ne devrait pas évoluer des années précédentes. "On a vite retrouvé nos marques", sourit Aurore. "C'est surtout en hiver, avec ce poêle bouilleur qui va alimenter plusieurs radiateurs que le confort sera amélioré."
Soixante couverts réservésMais avant cela, c'est au cœur d'un été brûlant que le refuge rouvre ses portes. "Les gens étaient impatients que ça rouvre. On recevait beaucoup de coups de fil. Ça va aussi soulager les refuges voisins qui ont eu un report de clientèle. D'habitude, la fréquentation monte crescendo dans la saison et nous avec. Là, on rouvre fin juillet, en plein boom. Il va falloir vite se remettre dans le rythme." Vendredi matin, déjà soixante repas étaient réservés pour la première soirée de samedi. Le menu, lui, restait encore à élaborer. Nul doute que, comme l'accueil, il sera à la hauteur de la faim de montagne et de retrouvailles des convives.