Un projet de gravière pourrait voir le jour à Sauveterre-Saint-Denis, près d’Agen. La carrière de la commune voisine de Layrac arrive peu à peu à bout de son exploitation, et Nexstone cherche à s’implanter ailleurs...
Un projet de gravière pourrait voir le jour à Sauveterre-Saint-Denis, près d’Agen. La carrière de la commune voisine de Layrac arrive peu à peu à bout de son exploitation, et Nexstone cherche à s’implanter ailleurs pour continuer son activité. Les habitants du petit village lot-et-garonnais s’opposent au projet, craignant que les nuisances perturbent leur tranquillité. On vous explique.
Sauveterre-Saint-Denis. Petite commune située en bord de Garonne, nichée entre Agen et la frontière avec le Tarn-et-Garonne. La bourgade ne dépasse pas les 400 âmes. Dans le bourg : une église, une école et un restaurant. Autant dire que ce petit bout de campagne vit paisiblement.
Mais cette tranquillité ambiante pourrait bien être secouée. La raison : un projet de construction d'une gravière est à l'étude sur la commune. Pour les non-initiés, il s'agit d'un site d'extraction de granulats, de petits cailloux indispensables pour alimenter les marchés locaux du BTP, entretenir les routes ou servir pour le réseau de chaleur urbaine, par exemple.
Une installation classée pour la protection de l'environnementToutefois, une gravière ne s'installe pas en un claquement de doigts. À l'instar de la plupart des carrières et sites industriels, elle est considérée par la loi comme une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE). Ce statut implique que le projet ne peut pas se faire à n'importe quelles conditions. Il impose à l'exploitant - en l'occurrence Nexstone, marque du groupe Colas, filiale de Bouygues -, entre autres, un cahier des charges strict et des contrôles réguliers de l'État pour limiter au maximum les impacts sur l'environnement local. Des études géologiques, ainsi que de la faune et de la flore sauvages sont menées au préalable. À noter qu'une carrière n'est jamais éternelle. Une fois le site épuisé, l'exploitant a obligation de réhabiliter les terrains pour les rendre à la commune.
Pourquoi Sauveterre-Saint-Denis ? Tout semble être une question de réserves. La gravière de la commune voisine de Layrac arrive peu à peu en bout de course. Pour poursuivre son activité, Nexstone a donc jeté son dévolu sur les terres sauveterroises.
20 % de la surface de la commune pourrait être exploitéeProblème : le village lot-et-garonnais ne s'affiche pas ravi de voir qu'une telle installation pourrait émerger. En principe, la surface exploitée devrait s'étendre à 150 hectares. Soit un cinquième de la commune. Localement, le ratio passe mal. "C'est bien trop rapproché du village, déplore Yves Brandolin, maire de Sauveterre-Saint-Denis. S'ils exploitaient loin, ce ne serait pas pareil."
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Car c'est bien connu. Une carrière engendre forcément des impacts pas toujours plaisants. Les riverains redoutent des nuisances au quotidien : bruit des machines, poussière, passages réguliers de camions et autres engins volumineux... "Ça va nous impacter terriblement, s'inquiète le premier édile. Nos habitants ne veulent pas de cette gravière, c'est clair. Nous, ce qu'on veut, c'est simplement de la tranquillité."
Pour tenter de peser dans la balance, les administrés ont une petite fenêtre de tir : l'enquête publique. Lancée fin juin, elle se clôturera le 6 août prochain. L'utilité : chaque citoyen peut éplucher le dossier de manière transparente et donner son avis avant que le préfet ne tranche définitivement. Toutefois, cette enquête ne concerne pas la gravière en elle-même, mais la mise en compatibilité du PLUi (plan local d’urbanisme intercommunal). Autrement dit, le premier coup de pelle ne risque pas d’être donné de sitôt – sous réserve, bien entendu, que le projet soit validé.
Une pétition papier à 300 signaturesUne pétition a été lancée pour s'ériger contre le projet de Nexstone. Après des séances de porte-à-porte - pour l'instant, la pétition est disponible uniquement au format papier -, quelque 300 signatures ont déjà été récoltées. Sur environ 390 habitants.
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De son côté, la nouvelle municipalité, qui avait d'ailleurs fait de ce dossier son cheval de bataille, avance ses pions comme elle peut. En conseil municipal, les élus ont changé le statut des terres privées convoitées par Nexstone. Elles sont passées de "constructibles" à "agricoles". "Ça vaudra ce que ça vaudra", glisse Yves Brandolin. Même si le combat s'apparente davantage à un duel entre David et Goliath qu'à une lutte équilibrée, Sauveterre-Saint-Denis compte bien donner de la voix pour tenter de préserver son calme.