La société Deuerer Petcare France, basée à Villeneuve-sur-Lot, va lancer une campagne de prélèvements et d'analyses des boues de son usine. Elle sera concentrée sur sa station d'épuration pendant 12 mois, afin d'y...
La société Deuerer Petcare France, basée à Villeneuve-sur-Lot, va lancer une campagne de prélèvements et d'analyses des boues de son usine. Elle sera concentrée sur sa station d'épuration pendant 12 mois, afin d'y détecter une éventuelle présence des "polluants éternels", les PFAS. La direction de l'usine se dit confiante quant aux résultats à venir.
La circulaire est passée quelque peu inaperçue, au printemps dernier. Les ministères de la Transition écologique et de la Santé avaient alors demandé aux préfets de lancer une campagne de recherche de PFAS - les "polluants éternels" - dans les boues issues de stations d’épuration destinées à la valorisation agricole. Une mesure qui avait été lancée notamment après qu’un taux de PFAS supérieur à la limite réglementaire a été détecté dans les Ardennes et la Meuse, obligeant en juillet 2025 une dizaine de communes à interdire la consommation d’eau du robinet. La préfecture de Lot-et-Garonne a donc mis en œuvre cette injonction ministérielle : l’usine Deuerer Petcare France, fleuron spécialisé dans la fabrication d’aliments pour animaux de compagnie et implantée à Villeneuve-sur-Lot, va devoir s’y résoudre.
Dans un arrêté complémentaire publié en ce mois de juillet, le préfet Bruno André impose à l’industriel villeneuvois un programme de contrôle de la présence de composés per- et polyfluoroalkylés dans les boues. En effet, sur le site de la ZAC de La Boulbène, une station d’épuration a été implantée afin de traiter directement les eaux usées issues de son activité agroalimentaire.
Quatre campagnes de contrôle en douze moisL’arrêté préfectoral fixe le cadre d’un suivi étalé sur une année. L’entreprise villeneuvoise devra réaliser quatre campagnes d’analyses, séparées par un intervalle de deux à quatre mois. Chaque session de contrôle comportera un à trois prélèvements successifs effectués sur ses boues, destinées à l’épandage, au compostage ou à la méthanisation. "Nos boues suivent une filière de valorisation qui respecte la réglementation en vigueur à toutes les étapes de transformation", nous confirme Lionel Chemineau, le directeur de l’usine de Villeneuve.
L’objectif affiché par les services de l’État est clair : s’assurer que les résidus issus des procédés industriels ne contribuent pas à la contamination des sols et des nappes phréatiques. Les analyses devront être conduites par un laboratoire indépendant et porter sur une large palette de molécules PFAS prévues par la réglementation nationale.
"Nos analyses de risque en interne nous donnent confiance"Pour garantir la sécurité sanitaire, la préfecture a instauré des seuils stricts d’analyses. L’arrêté précise un seuil global d’alerte. En cas de dépassement constaté lors des contrôles, l’épandage agricole des boues concernées sera purement et simplement interdit. Deuerer aura alors l’obligation d’en informer immédiatement l’inspection des installations classées et de réorienter les volumes vers des filières de traitement ou d’élimination adaptées. "Nos analyses de risque en interne nous donnent confiance", assure le directeur Lionel Chemineau.
Le dispositif préfectoral va plus loin : en cas de non-conformité avérée, Deuerer Petcare devra remonter le temps. L’industriel sera contraint d’effectuer des analyses de sols sur l’ensemble des parcelles agricoles ayant reçu des épandages de ses boues au cours des cinq dernières années. Cette campagne, qui se tient au niveau national via 1 100 stations, permettra également de définir les normes de teneurs en PFAS dans les boues d’épuration, car il n’en existe pas pour l’instant...