L’audit financier des comptes de la ville d’Agen préconise 2,5 millions d’euros d’économies annuelles. La majorité estime que l’opposition est responsable de cette situation. L’opposition considère qu’elle a rendu les...
L’audit financier des comptes de la ville d’Agen préconise 2,5 millions d’euros d’économies annuelles. La majorité estime que l’opposition est responsable de cette situation. L’opposition considère qu’elle a rendu les clefs d’une commune en bonne santé financière. Lors du dernier conseil municipal, en plein débat, le maire Laurent Bruneau a demandé à la consultante du cabinet Klopfer, auteur de l’audit, de s’exprimer sur le sujet. On vous raconte l’histoire.
La faute à qui ? L’audit financier des comptes de la ville d’Agen, commandé par la nouvelle équipe aux manettes de la municipalité, recommande de réaliser un effort de fonctionnement de 2,5 millions d’euros par an, dès cette année. Une seule question alimente aujourd’hui le débat : pourquoi ? Laurent Bruneau accuse ses prédécesseurs d’avoir "cramé la caisse". Le nouvel édile d’Agen pointe "une dette doublée entre 2023 et 2025 ainsi que des ratios dépassant les seuils d’alerte dès les premiers mois de 2026".
Ancien adjoint en charge des finances du maire sortant Jean Dionis, Mohamed Fellah s’appuie sur l’audit concluant à des ratios honorables fin 2025, "c’est-à-dire au moment où nous rendons les clés de la municipalité". Selon lui, la gauche est responsable des 2,5 M€ d’économies à réaliser. "Ce budget est le leur." Qui a raison ? Qui a tort ?
0,5 M€ de recettes en moins liées aux premières décisions de la majoritéPour que la vérité jaillisse lors de ce dernier conseil municipal, Laurent Bruneau, façon joueur de poker, a demandé à voir. Il a directement interrogé Mme Verrier. Se tournant vers la consultante du cabinet Klopfer, auteur de cet audit à 18 000 €, il a posé une première question : "Sans mesure prospective, peut-on dire aujourd’hui que les ratios sont bons ?". Et, dans la foulée, une seconde : "Pour moi, ils ne le sont pas. Par conséquent, est-ce que la nouvelle majorité que vous avez en face de vous est responsable de cette situation-là ou est-ce qu’elle s’explique par des choix de la précédente municipalité ?". Une question à 2,5 M€.
Mme Verrier a répondu sans ciller. Après avoir assuré que Klopfer aurait présenté exactement le même rapport si le résultat des élections avait été différent, elle a expliqué en toute transparence : "Dans la prospective 2026, nous avons intégré un budget avec uniquement comme mesure corrective 0,5 M€ de recettes en moins liées aux premières décisions que vous - la majorité - avez pu prendre sur la partie stationnement ou cantine". L’impact sera en réalité moindre, la gratuité des deux heures de stationnement ne s’appliquant que deux jours par semaine en zone orange. "0,5 M€ donc sur 2,5 M€", a-t-elle bien précisé.
"Il n’y a pas vraiment de réponse blanc ou noir"Elle a ensuite souligné l’impact des frais financiers et du nouvel emprunt sollicité en fin de mandat précédent. "Une partie des frais financiers va minorer la perspective d’épargne sur la prospective", a-t-elle indiqué. "Il faut avoir en tête que chaque prospective se situe aujourd’hui dans un contexte de risques. Elles intègrent la hausse des cotisations retraite, celle des frais financiers, un risque État potentiel, des contractions sur les variables d’ajustement." Elle a ensuite conclu : "Il n’y a pas vraiment de réponse blanc ou noir, mais il y a un effort à faire sur l’épargne brute pour redresser ce scénario".
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Pour Mohamed Fellah, ce n’est pas le stock de dettes qui compte, "mais la capacité à le rembourser, la capacité de désendettement". Toute la question est maintenant de savoir comment la nouvelle majorité parviendra à "rembourser" la dette en amorçant une politique de gauche. Et en tenant une promesse de campagne que Laurent Bruneau a répétée lundi soir, cent jours après son élection : "Nous n’augmenterons pas les impôts".