Ce père de famille de 37 ans s’apprête à partir pour un voyage solo dans les Alpes, en van aménagé, pendant lequel il continuera de travailler. Une échappée qui lui est précieuse.
« Je ne suis pas effrayé par le fait d’aller vers les gens si j’en ai besoin, mais je me définirais plutôt comme un gros ours », décrit Clément. FLORIS VERWEIJ/GETTY IMAGES
« J’avais 15 ans quand j’ai fait mon tout premier voyage en solo. Mes parents voulaient que j’apprenne l’anglais, si bien qu’ils m’ont envoyé en séjour linguistique en Australie pendant un mois et demi. Ils avaient des amis sur place qui leur avaient parlé d’une école réputée. Pour autant, la formule n’avait rien à voir avec les voyages éducatifs clés en main qu’on peut trouver aujourd’hui. J’étais hébergé dans une famille en compagnie d’autres élèves étrangers, mais en dehors des cours que j’avais le matin, j’étais complètement livré à moi-même. J’ai appris à me débrouiller tout seul très loin de chez moi, notamment pour m’occuper l’après-midi. Mon père m’avait dit : on n’organise rien pour toi sur ces moments-là, à toi de te débrouiller. J’ai fini par trouver un groupe de surfers dont je me suis rapproché, et avec qui j’ai passé la totalité de mon séjour. C’est comme ça que j’ai pris le goût de voyager et d’oser aller vers les autres.
Je suis fils unique, mon rapport à la solitude est très apaisé. J’ai l’habitude d’être avec moi-même, parfois dans une forme de contemplation. Je ne suis pas effrayé par le fait d’aller vers les gens si j’en ai besoin, mais je me définirais plutôt comme un gros ours. Je ne cours pas après les bains …

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