Ce jeudi 2 juillet, un homme de 38 ans a comparu devant le tribunal de Carcassonne pour répondre de "violence par conjoint aggravée par la présence d’un mineur, suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours". Les...
Ce jeudi 2 juillet, un homme de 38 ans a comparu devant le tribunal de Carcassonne pour répondre de "violence par conjoint aggravée par la présence d’un mineur, suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours". Les faits reprochés remontent au 14 mai à Limoux.
En détention provisoire depuis le 15 mai, c’est sous escorte des agents pénitentiaire qu’Adil est arrivé devant le tribunal de Carcassonne, ce jeudi 2 juillet après-midi. Jugé en comparution immédiate à délai différé, ce Carcassonnais âgé de 38 ans avait à répondre de "violence par conjoint aggravée par la présence d’un mineur, suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours". Ces faits remontent au jeudi 14 mai, à Limoux.
Ce jour-là, ce sont les gendarmes de Saint-Hilaire qui sont intervenus au domicile limouxin du prévenu, après avoir été appelés par celui-ci. Sur place, les militaires vont constater des dégradations dans le logement, et ainsi prendre attache avec la compagne du requérant. Positive au cannabis, alors que lui était alcoolisé et sous cocaïne, elle va alors déclarer avoir été violentée par son compagnon, qui a pété les plombs après avoir fouillé dans son téléphone portable. Elle indique ainsi qu’il a tout d’abord cassé sa coiffeuse puis la vitre du four, avant de la saisir par les poignets avec force. Il lui a ensuite attrapé la mâchoire en serrant. Leur fils âgé de 4 ans dormait dans sa chambre.
Ce jour-là, j’aurai dû prendre les devants et quitter le domicile
Dans sa déposition aux gendarmes, la jeune femme va également dénoncer des violences psychologiques quotidiennes, de la part d’un homme qui voulait toujours savoir où elle se trouvait et avec qui. La jalousie de monsieur est décrite comme maladive… Une ITT d’un jour lui sera délivrée, avec un retentissement psychologique évalué à 2 sur 7 au regard du stress aigu constaté chez elle. Devant le tribunal, le prévenu a reconnu les faits lui étant reprochés : "J’ai fait une erreur et je m’en excuse. Ce jour-là, j’aurai dû prendre les devants et quitter le domicile. Sur ses réseaux, j’avais vu des messages et je lui ai demandé des explications. Elle a voulu me mettre une gifle, et je l’ai repoussée."
Du parcours pénal du prévenu, on apprend que son casier judiciaire fait état de onze condamnations, dont cinq en lien avec des violences conjugales. Ce jour, c’était la troisième fois qu’il passait devant un tribunal pour des violences à l’encontre de madame. Aux intérêts de la compagne du prévenu, qui s’est également constituée partie civile au nom de l’enfant, Me Béatrice Solère-Rius a parlé "d’une relation toxique entre les deux, où cela faisait plusieurs mois que ma cliente vivait dans cette ambiance délétère. Aujourd’hui, elle a compris qu’il fallait qu’elle cesse toute relation avec cet homme !"
Un contexte habituel de violence dont il faudra tenir compte
Pour le ministère public, sa représentante a évoqué "un contexte habituel de violence dont il faudra tenir compte. Le prévenu avait mis en place une forme de contrôle coercitif pour avoir la main sur elle. En état de récidive, il était aussi sous le coup d’un sursis probatoire lors des faits…" La peine de deux ans de prison a ainsi été requise avec un maintien en détention, ainsi que la révocation partielle d’un sursis en cours à hauteur de deux mois. Un stage de responsabilité parentale a également été demandé, tout comme le retrait total de l’exercice parental sur l’enfant. À la défense, Me Marion Blondeau s’est dit "assez stupéfaite par les réquisitions, même si je ne peux contester les faits pour lesquels mon client est poursuivi". Ceci dit, l’avocate carcassonnaise a ensuite plaidé pour "l’abandon de la circonstance aggravante des faits commis en présence d’un mineur, car tous les deux disent que l’enfant dormait lors de leur dispute. C’est aussi mon client qui a appelé la gendarmerie ! La peine qui a été requise ne lui offre aucune perspective…" À l’issue de son délibéré, le tribunal a requalifié les faits en écartant la circonstance aggravante de la présence du mineur. Tout en suivant les réquisitions du parquet à la lettre.