Mercredi 1er juillet, une femme de 44 ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Carcassonne pour répondre de "menace de mort avec ordre de remplir une condition" à l’encontre de son compagnon. Les faits...
Mercredi 1er juillet, une femme de 44 ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Carcassonne pour répondre de "menace de mort avec ordre de remplir une condition" à l’encontre de son compagnon. Les faits reprochés remontent au 17 mai dernier, à Cambieure, à une dizaine de kilomètres de Limoux.
Placée sous contrôle judiciaire depuis le 19 mai, c’est libre que Cristina est arrivée devant le tribunal correctionnel de Carcassonne, dans la matinée du mercredi 1er juillet. Âgée de 44 ans, cette ressortissante portugaise était poursuivie pour des faits de menaces de mort à l’encontre de son compagnon, dans le contexte d’une relation ponctuée de jalousie de sa part. Les faits reprochés remontent au dimanche 17 mai à Cambieure, dans le Limouxin.
Ce jour-là, c’est le compagnon de la victime qui a appelé la gendarmerie, en indiquant avoir été menacé de mort par celle avec qui il vit. Au téléphone, elle lui aurait ainsi dit : "Si tu rentres à la maison, je te tue et par la suite je me tue aussi !" Craignant pour sa vie, en disant aux gendarmes qu’il y avait des armes à la maison, le plaignant a précisé que sa compagne avait "l’habitude de péter les plombs, car elle est jalouse et a peur que j’aie d’autres relations".
Il m’accuse sans que ce soit vrai !
Devant le tribunal et la présidente Perle Dagneaux, la prévenue a contesté les faits par le biais de l’interprète qui l’assistait : "Je n’ai rien dit de tout cela. La seule chose que je lui ai demandée, c’est de me donner mon argent pour que je m’en aille. Je lui ai aussi dit qu’il pouvait rester, là où il était resté tout l’après-midi !" Le hic, c’est que deux personnes auraient entendu la même chose, car le compagnon de madame avait mis son téléphone sur haut-parleur. "Ils ont dû se mettre en accord pour me porter préjudice", a-t-elle répondu sur ce point. Au sujet de la carabine retrouvée au domicile, la prévenue a expliqué "être chasseuse et avoir le permis. L’arme est déclarée".
De la personnalité de Cristina, dont le casier judiciaire est vierge, on apprend qu’elle est venue dans l’Aude il y a cinq ans pour vivre avec monsieur. Elle a été ouvrière agricole. Mère d’un enfant de 22 ans resté au pays avec son père, elle souhaite désormais rentrer au Portugal : "Après ce qu’il m’a fait, il n’y a pas de retour possible. Il m’accuse sans que ce soit vrai !". De l’examen psychiatrique pratiqué sur elle, il ressort "qu’elle a des difficultés à gérer ses émotions, tout comme à laisser sa place à son compagnon". Au ministère public, sa représentante a relevé chez la prévenue "une absence totale de réflexion sur son passage à l’acte, elle est dans le déni sur les faits. Ses premiers mots sont de parler d’un conflit autour de l’argent". La peine de douze mois de prison assortis du sursis a ainsi été requise. Avec l’interdiction d’entrer en contact avec le plaignant, ainsi que de se rendre à Cambieure durant trois ans. Sans oublier une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans, et l’interdiction du territoire français durant trois ans.
Elle ne nie pas être jalouse, mais conteste avoir tenu les propos qu’on lui reproche
À la défense, Me Sarah Faïdi (barreau de Carcassonne) a plaidé la relaxe en portant la parole de sa cliente, "qui nie les faits depuis le début. Il ne peut y avoir de réflexion de sa part s’il n’y a rien ! La relation avec monsieur ne s’est finalement pas bien passée, et l’argent a toujours été un sujet de discorde dans le couple, car c’est lui qui gérait tout… Aujourd’hui, on voudrait la condamner sur la base de deux témoignages qui ne sont absolument pas neutres. Elle ne nie pas être jalouse, mais conteste avoir tenu les propos qu’on lui reproche !"
Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement condamné la prévenue à quatre mois de prison avec sursis. Durant trois ans, elle aura aussi l’interdiction de se trouver sur le territoire français, ainsi que celle d’être en contact avec la victime. La confiscation de la carabine a été ordonnée.