Pieter Timmermans a annoncé quitter ses fonctions en février 2027. Une décision mûrement réfléchie depuis… 2023. ...
Pieter Timmermans, 62 ans, quittera l'an prochain son poste d'administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). L'organisation patronale va lancer la procédure destinée à lui trouver un successeur. Entré à la FEB en 1998, Pieter Timmermans en avait pris la direction en 2012. Il est depuis devenu une figure incontournable de la concertation sociale et du débat économique, défendant régulièrement les positions des employeurs sur la compétitivité, les salaires (et son combat contre l'indexation automatique), l'emploi et les finances publiques.
À la tête de la principale organisation patronale du pays, il a également représenté les entreprises au sein de plusieurs instances de concertation, notamment le Groupe des Dix, qui réunit les principaux représentants des employeurs et des syndicats. Avec le temps, il était devenu une figure marquante de ce G10. Ses passes d'armes avec les hommes forts de la FGTB qu'ont été Marc Goblet et Thierry Bodson notamment, auront marqué une bonne part des dix négociations salariales (accords interprofessionnels) menées depuis son intronisation en tant que CEO de la FEB.
Si on le surnomme "le patron des patrons", il aimait rappeler qu'il était surtout "au service des patrons", en tant qu'administrateur de la fédération patronale.
La FEB n'a pas encore communiqué le nom d'un éventuel successeur. La recherche sera prochainement engagée afin d'assurer la transition à la tête de l'organisation.
guillement"Ce secret a été soigneusement gardé"
La Fédération des entreprises de Belgique précise que ce scénario "est fixé depuis plusieurs années", afin de tenir compte de plusieurs échéances qui ont marqué la politique du pays.
Bart De Wever réussit un tour de force à Anvers en présence d'Emmanuel Macron et de nombreux patrons, mais reste un point noir : "Ne nous transformons pas en losers""Ce secret a été soigneusement gardé, mais aussi soigneusement préparé à la rue Ravenstein", commente Pieter Timmermans, bien qu'il nous eût fait part de sa volonté de préparer sa retraite. "Toutes les pièces du puzzle sont en place pour que je puisse, avec conviction et en toute sérénité, passer le flambeau à la personne qui me succédera au début de l'année prochaine. Je demeurerai ensuite actif en coulisses pour apporter aide et conseil à la direction de la FEB", a-t-il ajouté.
En coulisses, il se dit que les récents échecs de la concertation sociale – notamment sur le dossier, justement, de l'indexation des salaires – ont pu peser dans la balance également. L'indexation plafonnée des salaires, décidée par un gouvernement dominé par la N-VA et le MR, a priori plutôt favorable aux entreprises, n'a pas été modifiée, alors que les partenaires sociaux avaient fait une proposition alternative crédible (l'indexation aurait été reportée), que Pieter Timmermans a portée à bout de bras. C'est qu'à long terme, les entreprises vont probablement payer beaucoup plus cher que la seule cotisation spéciale à leur charge, équivalente à la moitié du gain réalisé sur le non-paiement des salaires plafonnés.
"La première fois que j'ai évoqué cette décision avec quelques personnes de confiance remonte à 2023. Ensuite, en regardant l'agenda – les élections de 2024 – les départs de Monica et Danny (Monica De Jonghe et Danny Van Assche, respectivement ancienne présidente de la FEB et ancien CEO de l'Unizo, l'équivalent de l'UCM en Flandre, NdlR), on s'est dit que début 2027 était le meilleur moment, explique-t-il. C'était donc une décision voulue."
D'ici là, Pieter Timmermans, qui continuera de refuser tout mandat jusqu'à son départ pour garder sa neutralité et son indépendance, s'impliquera encore personnellement pour la FEB dans ce dossier sensible et compliqué de la norme salariale, qu'il connaît par cœur pour en avoir été l'un des principaux artisans lors de ses modifications. Il approfondira aussi les liens avec BusinessEurope, la fédération patronale européenne au sein de laquelle la FEB représente les entreprises belges, et d'importantes fédérations sœurs européennes (Benelux).
Fan de football et supporter inconditionnel du RSCA, amateur de marche à pied, l'homme s'adonnera-t-il à des causes plus "légères" ? "Je suis très motivé, et je l'ai toujours été, à l'idée de m'impliquer au niveau européen pour plaider la cause de nos entreprises. J'aimerais vraiment travailler sur ce plan pendant deux ans, donner de la visibilité à nos fleurons, œuvrer à l'amélioration de leur compétitivité et préparer le terrain au futur CEO, à qui je céderai ce flambeau en 2029", conclut Pieter Timmermans.
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