GSK a annoncé ce mercredi matin que la boîte a l’intention de restructurer et que 1.217 emplois pourraient être impactés. ...
"Il est urgent de prendre des mesures au niveau de la santé ou de la fiscalité si nous voulons sauver la Pharma Valley belge", a réagi mercredi le ministre fédéral de l'Emploi, David Clarinval, après l'annonce du groupe pharmaceutique GSK de son intention de restructurer ses activités en Belgique.
"Ma première pensée va évidemment aux travailleurs de GSK et à leurs familles, confrontés à une annonce lourde d'incertitudes. Notre priorité doit être de préserver le maximum d'emplois et veiller à ce que chaque travailleur concerné soit soutenu", indique-t-il dans un communiqué.
"J'attends de l'entreprise que toutes les possibilités de réduire les pertes d'emplois soient examinées avec les représentants des travailleurs, notamment la mobilité interne, la formation et le redéploiement vers d'autres activités du groupe", ajoute le libéral qui demandera à la direction de préciser les raisons de la restructuration, son périmètre et ses conséquences pour l'avenir de ses activités.
"Nous attendons de GSK qu'il assume pleinement ses responsabilités sociales. Nous mettrons tout en œuvre pour limiter les licenciements et préparer un accompagnement adapté lorsque des départs ne pourront être évités", poursuit le ministre.
Ce dernier proposera des échanges rapides avec la direction et les organisations syndicales. Il prendra également contact avec les autorités régionales concernées.
Plus généralement, l'annonce de GSK intervient alors que le secteur – qui représente 45.000 emplois directs en Belgique, ndlr – avait à plusieurs reprises tiré la sonnette d'alarme, rappelle encore David Clarinval. "Si nous n'agissons pas maintenant, d'autres entreprises pourraient choisir de réduire leurs activités en Belgique. J'ai déjà pris des mesures pour renforcer le secteur- plan Pharma Boost, relance de l'Observatoire de l'industrie pharmaceutique, soutien au futur Biotech Act, ndlr. Mais il est urgent de prendre d'autres mesures au niveau de la santé ou de la fiscalité si nous voulons sauver la Pharma Valley belge", conclut-il.
GSK va bien licencier: plus de 1200 emplois sont sur la selletteBart de Wever annonce une rencontreLe Premier ministre Bart De Wever rencontrera mercredi après-midi successivement les représentants de travailleurs (à 16h00) et de l'entreprise (à 17h00) GSK "suite à l'annonce de la restructuration envisagée", annonce son cabinet.
La réunion aura lieu en présence du ministre-président wallon Adrien Dolimont, du ministre fédéral de l'Économie David Clarinval et du ministre wallon de l'Économie Pierre-Yves Jeholet, précise-t-il.
"Le Premier ministre comprend la profonde inquiétude des 1.217 travailleurs potentiellement concernés. Le gouvernement accompagnera les travailleurs tout au long de la procédure", indique le cabinet.
Pour le Premier ministre, "cette annonce rappelle l'importance de renforcer la compétitivité de la Belgique et de préserver l'ancrage de notre secteur pharmaceutique, essentiel à notre économie."
Ecolo veut "limiter au maximun" la portée de la restructurationLes gouvernements fédéral et wallon doivent convoquer au plus vite la direction de GSK "afin de mener le rapport de force et de limiter au maximum" la portée de la restructuration annoncée mercredi matin, a réagi, sur les réseaux sociaux, le co-président d'Ecolo, Gilles Vanden Burre.
"Au vu des importants subsides octroyés au secteur, de nombreux leviers existent, notamment en termes de conditionnalité de ces aides", a-t-il insisté.
"L'industrie pharmaceutique joue un rôle économique important dans nos régions et représente un des premiers employeurs du pays. Il est donc fondamental qu'elle respecte aussi les règles du jeu, que ce soit au niveau social ou environnemental. Engranger des milliards de bénéfices et considérer les travailleurs comme des variables d'ajustement est, à cet égard, inacceptable", a poursuivi l'écologiste.
Pour Gilles Vanden Burre, l'accompagnement des travailleurs licenciés doit par ailleurs constituer "une priorité politique majeure", au même titre que la mise en place, dans les meilleurs délais, des cellules de reconversion.
"Nous allons, dès aujourd'hui/mercredi, interpeller les différents responsables politiques, tout niveau de pouvoir confondu", a-t-il enfin assuré.
Le PS plaide pour "une réponse globale face à ces géants""Il faut trouver une réponse globale face aux géants qui licencient massivement alors qu'ils font des milliards de bénéfices chaque année, tout en percevant des aides publiques", plaide, mercredi, le président du PS, Paul Magnette, en réaction à l'annonce de la direction de GSK de restructurer ses activités belges.
"L'urgence est là : nous devons à nouveau être à la pointe du secteur pharmaceutique à l'échelle mondiale et trouver une réponse globale face à ces géants", écrit-il sur X en évoquant "un énième choc terrible pour les travailleuses et les travailleurs. Un nouveau tremblement pour notre économie".
"Tout mon soutien et ma solidarité avec le personnel qui traverse des moments difficiles", ajoute le socialiste.
Mercredi matin, la direction de GSK Belgique a annoncé, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, son intention de procéder à une restructuration qui pourrait toucher "jusqu'à 1.217 emplois", répartis sur ses trois sites belges.
Une colère ravivée chez GSK après plusieurs licenciements : "Un signal extrêmement inquiétant"Le PTB exige le remboursement des aides publiques en cas de licenciementsLe PTB a appelé mercredi à exiger un remboursement des aides publiques aux entreprises en cas de licenciements collectifs, après l'annonce de restructuration par l'entreprise pharmaceutique GSK, menaçant 1.200 emplois.
Dans un communiqué, le parti anticapitaliste dénonce une annonce "brutale" alors que le géant pharmaceutique "réalise des milliards de bénéfices, distribue des sommes colossales à ses actionnaires et bénéficie de centaines de millions d'euros de soutien public".
Selon les chiffres de la CSC relayés par le PTB, GSK a bénéficié d'au moins 481 millions d'euros d'aides publiques et d'avantages fiscaux pour la seule année 2025.
"C'est une double injustice", a déclaré la députée fédérale Sofie Merckx. "D'un côté, des milliards sont distribués aux actionnaires grâce aux richesses produites par les travailleurs. De l'autre, des centaines de millions d'euros d'argent public viennent soutenir cette multinationale. Et après avoir bénéficié de tout cet argent, GSK voudrait supprimer plus de mille emplois ? C'est indécent."
Pour le PTB, une entreprise qui bénéficie d'aides publiques doit garantir l'emploi. Si elle décide de procéder à des licenciements collectifs, elle doit rembourser les aides reçues.
Roberto D'Amico, député PTB et président de la commission de l'Économie à la Chambre, demandera l'audition de la direction de GSK Belgique pour qu'elle s'explique devant le Parlement. Julien Liradelfo, député wallon du PTB, interpellera mercredi après-midi le ministre MR de l'Économie Pierre-Yves Jeholet.