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Colère et incompréhension chez les employés de GSK : “On ne sait pas quelles têtes vont tomber, tout le monde va se regarder en chiens de faïence”

Дата публикации: 14-10-2026 13:55:02

L’ambiance était lourde après l’annonce d’un plan social massif au sein de l’entreprise pharmaceutique. ...

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Les regards sont tendus, les vitres des voitures restent la plupart du temps fermées. Peu d'employés de GSK avaient envie de répondre aux sollicitations des journalistes ce mercredi midi devant le siège de GSK à Wavre. "Pas de caméra", indique un cadre de l'entreprise pharmaceutique depuis dix ans. On est sous le choc et anxieux. On s'attendait à une annonce de la direction, mais pas de cette envergure".

"On est déconfits"

Cette annonce a les allures d'un tsunami pour les travailleurs : l'entreprise pharmaceutique britannique pourrait supprimer jusqu'à 1 200 emplois en Belgique. "L'ambiance était lourde durant l'assemblée des employés, explique Véronique Garcia, 30 ans d'ancienneté chez GSK. C'est catastrophique. On ne s'attendait pas à cela : c'est une entreprise qui fait d'importants bénéfices, On est déconfits car on ne sait pas quelles têtes vont tomber".

Licenciement collectif chez GSK : plus de 1200 emplois sont sur la sellette

Plus que la colère et l'incompréhension, c'est cette incertitude qui pèse le plus chez les employés wavriens. Les syndicats ont fait les comptes : un employé ou cadre sur cinq devrait perdre son emploi sur les deux sites brabançons, Rixensart et Wavre. Mais qui est concerné ? Le mystère reste total.

Les voitures continuent de défiler. Les refus de s'exprimer sont polis, mais toujours aussi nombreux. Comme souvent dans ces cas-là, ce sont les plus anciens qui prennent la parole. "Je ne m'inquiète pas trop pour moi car j'ai un bagage technique, insiste Patrice, 32 ans chez GSK. Mais je pense fort à mes collègues qui viennent de commencer leur carrière ici et qui ont contracté un crédit hypothécaire". L'homme de 55 ans paraît fort ému.

"On sait que GSK a de l'argent et on ne va pas partir pour rien".

"J'espère que les syndicats vont tout faire pour favoriser les départs volontaires. Cela peut être une opportunité pour les gens plus âgés, à condition qu'ils reçoivent un gros chèque. On sait que GSK a de l'argent et on ne va pas partir pour rien. On n'est vraiment pas dans un cas de faillite".

Patrice a connu son premier plan social à 18 ans à Wavre. "Mais la situation est très différente, développe le Montois. Beaucoup ne se reconnaissent plus dans cette société. Quand Jean Stéphenne était encore le patron, c'était une entreprise vraiment belge. Il venait manger à côté de nous. Les responsables actuels ne nous saluent même pas. Aujourd'hui, on est que des numéros. On nous retire petit à petit nos avantages, alors qu'avant on était vraiment bien mis (sic)".

"Beaucoup de stress et d'angoisse"

Patrice a décidé de prendre un jour de congé. D'autres travailleurs de GSK ont fait grève, comme Geoffrey, ouvrier et donc non concerné par le plan social. "Mais je veux être solidaire avec les employés. J'ai connu leur situation il y a quelques années et donc je sais ce que l'on peut ressentir. Il y a beaucoup de stress et d'angoisse : la situation est vraiment très tendue".

Le "drame humain majeur" chez GSK va-t-il se propager ? C'est la crainte du pouvoir en place

Un préavis de grève a été lancé dès ce mercredi. "Il y aura des actions mais on ne va pas brûler toutes nos cartouches en une seule fois. On est parti pour un marathon", annonce Christophe Bouvier, secrétaire régional Brabant wallon pour le Setca. On fera tout pour réduire le nombre d'emplois perdus". Selon lui, ce sont les cadres de GSK en Belgique qui vont être les plus touchés. "Ils dégustent une nouvelle fois. C'est une catégorie de travailleurs qui n'est pas toujours facile à faire bouger, mais ils sont de plus en plus alertes car ils sont de plus en plus concernés par les restructurations".

Une perte "énorme" pour la Wallonie

Selon le permanent, la décision de GSK est "inadmissible". "Cette entreprise a fait 2,4 milliards de bénéfices en 2025 et a reçu 482 millions d'aides de l'État, sans compter les incitants. Rien ne justifie ces licenciements sauf de vouloir gagner encore plus d'argent. C'est, par contre, une perte énorme pour la Wallonie".

D'après lui, l'ambiance va être "très difficile" dans les prochaines semaines. "Tout le monde va se regarder en chien de faïence : est-ce que c'est moi ou c'est toi qui vas être licencié ?"

De plus, ce plan social arrive dans une situation économique "très compliquée". "On a un gouvernement antisocial, qui a limité le temps de durée de chômage et mis fin aux régimes de prépension. Tout a été détruit. Cela rajoute encore davantage d'incertitude dans la tête des travailleurs".

Une autre grosse incertitude concerne l'autre site brabançon de GSK, celui de Rixensart, dont l'activité a été largement réduite ces derniers temps et qui est aussi touché par ce plan social. "La direction va-t-elle le fermer, comme elle l'a fait récemment avec le site de Gembloux ? On n'en sait rien", conclut, désabusé, le syndicaliste.

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