Interpellé par le groupe "Rassemblés pour Alès" sur le trafic de stupéfiants et l’insécurité dans plusieurs quartiers de la commune, le maire Christophe Rivenq a défendu l’action des forces de l’ordre, rappelé...
Interpellé par le groupe "Rassemblés pour Alès" sur le trafic de stupéfiants et l’insécurité dans plusieurs quartiers de la commune, le maire Christophe Rivenq a défendu l’action des forces de l’ordre, rappelé l’arrivée de renforts de police et évoqué les limites de l’action municipale.
Le conseil municipal d’Alès, réuni lundi 12 octobre, s’est ouvert sur un hommage à Alain Aurèche, adjoint à la santé décédé cet été. Pour lui succéder au neuvième rang des adjoints, les conseillers ont élu Cyril Laurent, seul candidat, au terme d’un vote à bulletin secret. Après ce début de séance marqué par l’émotion, les élus ont abordé plusieurs dossiers de gestion courante, ainsi que l’extension du permis de louer. Mais c’est la question écrite du groupe "Rassemblés pour Alès" sur le trafic de stupéfiants et l’insécurité dans certains quartiers qui a donné lieu à une passe d’armes appuyée.
"Je ne baisserai pas la garde."En fin de conseil, Christophe Rivenq a choisi la fermeté pour répondre à la question du groupe d’opposition du Rassemblement national (RN) sur l’insécurité et le trafic de stupéfiants. Face aux descriptions d’Alexandre Belair, qui a évoqué des barrages dans le quartier des Cévennes, des professionnels contrôlés à l’entrée de certains immeubles et des témoignages inquiétants aux Prés-Saint-Jean, le maire a reconnu des situations "intolérables et inacceptables", tout en défendant le travail engagé par la municipalité.
Le conseil municipal a également voté plusieurs subventions. Une enveloppe de 24 300 euros a été consacrée à cinq associations sportives alésiennes. 9 000 euros pour le Full Contact Cévenol, 7 000 euros pour Alès Agglo Volley Ball et Alès Cévennes Handball, 1 000 pour l’ASSTP et 300 pour la Pétanque Alès Cévennes. Côté culture, 20 600 euros ont été consacrés à quatre associations. 10 000 euros pour Itinérances, 5 000 pour JazzOparc, 1 500 pour Renc’arts en Cévennes et 3 560 euros pour la Verrerie d’Alès. Une subvention exceptionnelle de 5 000 euros a aussi été votée à la Fondation de France au profit du fonds dédié "Solidarité canicule, incendies". Une somme similaire avait déjà été votée du côté de l’Agglomération.
Enfin dans le cadre de l’Opération programmée d’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain (OPAH-RU) "centre ancien et faubourgs de la Ville d’Alès", huit bénéficiaires, représentant 17 dossiers, se sont partagés 39 669 euros. Trois commerces ont également bénéficié de 16 609 euros au titre de l’opération Cœur de Ville.
L’élu d’opposition demandait des mesures concrètes pour rétablir la sécurité et permettre aux professionnels d’intervenir auprès des habitants sans crainte. Christophe Rivenq a rappelé que la police municipale intervenait quotidiennement, mais que ses moyens restaient limités. Il a également insisté sur le travail mené avec la sous-préfète, le procureur de la République, la justice et les forces de gendarmerie pour multiplier les opérations contre les trafics.
Christophe Rivenq a défendu son bilan.
Midi Libre - ALEXIS BETHUNE
Pour défendre son bilan, le maire a notamment affirmé qu’Alès comptait en 2026 le même nombre de points de deal qu’en 2014. Il a décrit un trafic en constante recomposition, alimenté selon lui par des réseaux criminels qui remplacent rapidement les personnes interpellées. "Les faits constatés, les signalements et les défèrements devant le parquet sont le résultat d’une action implacable", a-t-il déclaré, reconnaissant toutefois que cette mobilisation ne suffisait pas à résoudre tous les problèmes.
Christophe Rivenq a aussi confirmé l’arrivée depuis le 1er septembre de renforts pour le commissariat d’Alès : quatre policiers supplémentaires, trois officiers de police judiciaire et un poste administratif. "Le ministre doit arriver dans quelques jours pour les mettre en place", a aussi précisé le premier magistrat. "Ils vont pouvoir œuvrer pour renforcer les patrouilles de la police nationale."
Alexandre Belair a pris la parole en fin de conseil municipal.
Midi Libre - ALEXIS BETHUNE
L’échange a également porté sur la proposition du RN de créer une brigade cynophile municipale. Christophe Rivenq l’a rejetée, "je n’en ai pas la compétence". "Il faut arrêter de raconter des sornettes aux Français en leur faisant croire qu’il existe des solutions simples", a-t-il lancé. "Si je pouvais régler le problème de drogues en prenant 5 ou 6 chiens, je le ferai demain matin." Le maire a enfin défendu une stratégie associant répression des trafics et prévention auprès des consommateurs. Selon lui, la lutte contre les points de deal ne peut être efficace sans agir aussi sur la demande. Il a réaffirmé sa volonté de poursuivre les opérations de sécurité, tout en rappelant que les missions de police judiciaire relèvent de l’État.
Sollicité par l’Agglomération, le conseil a voté l’extension du périmètre de l’autorisation préalable de mise en location aux secteurs du Faubourg d’Auvergne et au quartier de Tamaris. Le maire, Christophe Rivenq, a défendu un déploiement progressif, "faubourg par faubourg", afin de protéger à la fois les propriétaires et les locataires. "Tout le monde a intérêt" à la mise en place de ce dispositif, a-t-il estimé. Rappelé par l’adjointe Martine Magne, l’objectif de ce dispositif reste de prévenir la dégradation du bâti et de lutter contre l’habitat dégradé.
Les premiers chiffres présentés en séance témoignent des résultats du dispositif dans les quartiers déjà concernés. Au Faubourg du Soleil, où il est appliqué depuis avril 2026, 175 autorisations ont été délivrées, sans aucun refus. Les quatre signalements de la Caisse d’allocations familiales (CAF) ont été régularisés. À Rochebelle, où le dispositif est en vigueur depuis le 1er janvier 2025, 80 autorisations ont été délivrées et les 17 signalements de la CAF ont également été régularisés. Pour Christophe Rivenq, cette extension s’inscrit dans une démarche progressive, qui évoluera en fonction des besoins repérés dans les quartiers.