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Blocus lycéen à Alès : "On en a marre d’être infantilisés, que l’on nous écoute maintenant !"

Дата публикации: 13-10-2026 13:33:14

Mardi 13 octobre, pour la quatrième semaine de mobilisation lycéenne, le blocus a été maintenu aux portes de l’établissement Jean-Baptiste-Dumas par près de deux cents élèves. Au-delà de la réalisation de pancartes...

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Mardi 13 octobre, pour la quatrième semaine de mobilisation lycéenne, le blocus a été maintenu aux portes de l’établissement Jean-Baptiste-Dumas par près de deux cents élèves. Au-delà de la réalisation de pancartes percutantes, de mots doux contre le proviseur ou d’une battle d’aura, les élèves poursuivent leur apprentissage d’une lutte rythmée par des assemblées générales démocratiques afin de faire entendre leur première revendication : être écouté.

8 h 30, sur le parvis de l’établissement dont le portail est bloqué par une chaîne, Mélanie (1) et ses collègues de lycée préparent leur pancarte à l’orée de cette quatrième semaine de mobilisation.
Sur celle-ci, "Gen Z" en lettres rouges, dit l’appartenance à cette génération née entre le milieu des années 1990 et le début des années 2010, dont la colère déborde depuis un mouvement de lycéens de Saint-Exupéry, à Créteil, dénonçant un manque de moyens.

On nous répète, sans cesse, de ne rien casser et tout se focalise sur ça, c’est énervant

Malgré les manœuvres grossières, un pseudo-journaliste, ce matin-là, tente de soutirer les numéros de téléphone à certains élèves pour connaître les leaders du mouvement, Mélanie poursuit son apprentissage d’un mouvement qui s’est propagé aujourd’hui jusqu’à la prestigieuse université Paris-Saclay. "En assemblée générale on parle de tout et c’est un mouvement collectif, sans leader. Mais on ne veut plus parler à certains médias car on n’a pas besoin de mauvaises nouvelles. On nous répète, sans cesse, de ne rien casser et tout se focalise sur ça, c’est énervant. Mais cette violence est systémique et on nous demande de faire cesser la violence de ceux qui la subissent ! On en a marre d’être infantilisés, que l’on nous écoute maintenant !"

Le temps est aux actes

Alors que les acteurs du blocus sont censés s’engager dans un défilé ouvert par la CGT locale, question qui fait débat alors que laisser le champ libre n’est pas souhaité par certains, Juan poursuit sur le thème de la violence. "La question des violences est complexe. On a essayé d’être dans le calme mais on ne nous écoute pas. Les blocus pacifiques n’ont jamais abouti. On demande plus de pouvoir et que l’État arrête de se foutre de nous, ces deux heures de débat, c’est n’importe quoi. Le temps est aux actes"

Il y a des fuites au CDI, on met des seaux pour récupérer l’eau, il y a de la moisissure sur les murs, le chauffage manque, on met parfois deux vestes dans l’hiver

Parmi les revendications, la nécessité de travaux, "il y a des fuites au CDI, on met des seaux pour récupérer l’eau, il y a de la moisissure sur les murs, le chauffage manque, on met parfois deux vestes dans l’hiver" détaille Isabelle. Mais aussi davantage de représentativité avec la création d"une assemblée pour les élèves et les parents d’élèves afin de peser sur les décisions et que les choses aillent dans le sens de nos désirs" détaille Juan, citant le mauvais exemple de la hausse des tarifs de la Bachotte, la cafétéria du lycée, à laquelle étaient opposés nombre d’élèves.

Il y a une marchandisation du savoir, avec un basculement vers le privé et donc avec des crédits…

"Police on vous aime", "La jeunesse emmerde le Front national", le cortège, après un court "battle d’aura" entre jeunes, finit par s’élancer en direction du boulevard Louis-Blanc, le plateau du camion de la CGT débordant de lycéens.

Lors d’une halte au rond-point de l’office de tourisme, alors que le slameur Nomis déclame ses textes, Julia, 30 ans, ex-lycéenne en section littéraire à JBD accompagne sa petite sœur, 17 ans. "Je viens soutenir ces jeunes dans leurs revendications alors que j’ai déjà connu ça, il y a 15 ans, avec des professeurs absents, des locaux vétustes… Je constate que rien n’a changé. Même si on était moins anxieux que cette génération par la faute de ce Parcoursup. Nous, nous savions que nous allions intégrer l’université que l’on voulait mais eux… C’est aussi angoissant pour nous car on aimerait qu’ils fassent ce qu’ils aiment. Il y a une marchandisation du savoir, avec un basculement vers le privé et donc avec des crédits…"

Avant que le cortège ne rallie le parvis de JBD afin de poursuivre le blocus, qu’un couple militant ayant profité de la générosité de commerçants propose un couscous à la pause déjeuner, Violette, enseignante en primaire exprime "sa solidarité avec ce mouvement lycéen car leurs luttes rejoignent les nôtres et, particulièrement, le droit de s’exprimer, de manifester pour une société plus désirable. Ne rien faire aujourd’hui, c’est comme si l’on sacrifiait cette génération. Ces jeunes en ont marre de cette société du fric, où l’argent est roi avec la figure du self-made-man qui ne l’est pas en réalité. Ils veulent vivre et ils ont compris que l’argent ne sauvera pas la planète…"

Une vie en accord avec des principes pour laquelle cette enseignante bat aussi le pavé ce matin-là. "J’enseigne depuis 11 ans mais c’est devenu de la maltraitance institutionnelle et on le vit mal avec des burn-out, des arrêts, ceux qui quittent la profession. On est complices à nos corps défendant, comme la police l’est aussi, du manque de volonté politique. Le manque est organisé et ensuite on doit gérer ce manque. Tout cela n’a qu’un but, faire des économies."

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