Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken, ex-présidents de la chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne, sont convoqués devant la cour d'appel d'Agen le 19 novembre prochain pour prise illégale d'intérêt. La justice...
Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken, ex-présidents de la chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne, sont convoqués devant la cour d'appel d'Agen le 19 novembre prochain pour prise illégale d'intérêt. La justice pointe du doigt la provenance des fonds avec lesquels les deux hommes avaient réglé leurs amendes, à la suite d'une condamnation en 2022 pour la construction illégale du lac de Caussade. En première instance, tous deux avaient été condamnés à une peine de prison avec sursis probatoire et à cinq ans d'inéligibilité. D'importantes sommes d'argent avaient été confisquées.
Décidément, le monde agricole lot-et-garonnais n'a pas fini de régler ses comptes avec la justice. Le feuilleton s'allonge, et un nouvel épisode s'y ajoutera le 19 novembre prochain. Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken, ex-présidents de la chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne, ont rendez-vous du côté de la cour d'appel d'Agen pour répondre de prise illégale d'intérêt.
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En première instance, le dossier avait été examiné en février dernier. Aux côtés des deux prévenus en figuraient deux autres : Pascal Béteille, ancien président de la Coordination rurale (CR) 47 et Pierre Grosz, alors trésorier du syndicat. Les faits reprochés : abus de confiance, prise illégale d’intérêt, détournement de biens d’un dépôt public et recel de bien obtenu à l’aide d’un abus de confiance.
De lourdes amendes en lien avec le lac de CaussadeAu cœur des débats : l'éternel dossier du lac de Caussade. Retour en 2022. Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken avaient été reconnus coupables d’avoir construit illégalement cette fameuse retenue d’eau à Pinel-Hauterive (Lot-et-Garonne). Tous deux avaient été condamnés à une peine de prison avec sursis et devaient verser de lourdes amendes, notamment à des associations de défense de l’environnement.
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L'affaire aurait pu s'arrêter là. Mais le règlement des indemnités les a de nouveau amenés à comparaître devant la juridiction agenaise. Plusieurs réunions s'étaient tenues entre la CR 47 et la chambre d'agriculture. Deux délibérations avaient été soumises au vote : un versement de 83 000 euros aux deux condamnés, puis un autre de 74 000 euros. Les principaux intéressés avaient eux-mêmes pris part à ce vote.
"Tous les agriculteurs les soutiennent"Face aux magistrats, les mis en cause avaient balayé d'un revers de main tout soupçon d'enrichissement personnel. "Le lac de Caussade est d’intérêt général, s'était défendu Serge Bousquet-Cassagne. Il est hors de question qu’on paye quelque chose d’intérêt général avec nos deniers." Maître Christophe Dejean, son conseil, avait appuyé : "La seule chose qui les nourrit, ce n’est pas d’être riches : c’est d’être solidaires. Ils sont en première ligne d’un combat, et tous les agriculteurs les soutiennent."
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Le procureur de la République, lui, avait avancé une lecture du dossier différente. "Il y a un détournement des cotisations des adhérents. Les sommes n’auraient jamais dû être versées ni à l’un, ni à l’autre", avait-il estimé.
Des peines de prison avec sursis en première instanceUn mois après l'audience, le tribunal correctionnel avait décidé de relaxer Pierre Grosz et Pascal Béteille. En revanche, les deux ex-leaders de la chambre d'agriculture avaient été reconnus coupables d'une partie des faits : détournement de biens d'un dépôt public et prise illégale d'intérêt pour Serge Bousquet-Cassagne, et seulement la seconde infraction pour Patrick Franken. Tous deux avaient été respectivement condamnés à 18 et douze mois de prison avec sursis probatoire et à cinq ans d'inéligibilité chacun. Le tribunal avait aussi prononcé la confiscation des 37 000 et 25 000 euros saisis.
18 février : Serge Bousquet-Cassagne, Patrick Franken, Pascal Béteille et Pierre Grosz jugés pour abus de confiance, prise illégale d’intérêt, détournement de biens d’un dépôt public et recel de bien obtenu à l’aide d’un abus de confiance.
26 et 27 mars : la CR 47, son président José Pérez et une vingtaine de ses membres jugés en appel pour dépôt illégal de déchets devant l'Office français de la biodiversité (OFB) à Clairac, les menaces envers son personnel, des dégradations de supermarchés ou de bâtiments publics et recel de biens publics.
3 juillet : Serge Bousquet-Cassagne, Patrick Franken, Christian Girardi, Nicolas Bousquet-Cassagne et Didier Perrel jugés devant la cour d'appel financière de Paris pour construction illégale d’une retenue d’eau (lac de Caussade), absence d’appel d’offres et "avantage injustifié" attribué aux entreprises sollicitées, attribution "d’aides illégales"...