Après les révélations de Mediapart, Marine Le Pen a attaqué le journal en ligne avec une formule les enjoignant à enfiler un gilet pare-balles.
Politique 30/09/2026 15:58 Actualisé le 30/09/2026 16:42
Après les révélations de Mediapart, Marine Le Pen a attaqué le journal en ligne avec une formule les enjoignant à enfiler un gilet pare-balles.
Par Jade Toussay et Marie Haynes
Double condamnation. Depuis l’Espagne ce mercredi 30 septembre, le président de la République a jugé « inacceptables » les propos antisémites attribués à Jordan Bardella dans les révélations de Mediapart. Et dénoncé tout aussi sévèrement la déclaration de Marine Le Pen qui a invité les journalistes du site d’investigation à « enfiler (leur) costard en Kevlar » dans un propos jugé menaçant par des élus et journalistes.
« La lutte contre l’antisémitisme est une des priorités de la République parce qu’elle est existentielle à la République elle-même. Jamais nous n’accepterons de propos antisémites. Les propos qui ont été rapportés sont gravissimes et inacceptables et (...) ils appellent à la condamnation la plus extrême », a tranché le chef de l’État à l’occasion d’un déplacement en Espagne. Et d’appeler, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article, les responsables politiques concernés à ce qu’ils « clarifient la ligne, les mots et les gens qui dans leur parti peuvent prononcer de telles choses. »
Avant de dénoncer « la violence » y compris « langagière » qui « s’installe (...) et conduit toujours à une escalade, même quand c’est métaphorique ». « Je pense qu’il est inacceptable d’avoir des mots violents à l’égard des adversaires politiques et qu’il est inacceptable de s’en prendre à ceux qui sont, pour partie, les organisateurs de ce débat », à savoir « les journalistes qui font leur profession en indépendance », a déclaré Emmanuel Macron, en réponse à une question sur les propos de la candidate du RN à l’Élysée.
La justice saisie sur les propos de Le PenDepuis la publication par Mediapart d’écrits accablants attribués au président du Rassemblement national, le parti lepéniste a tenté tous les axes de défense. Démentis sur le fond, spectre d’une vengeance interne ainsi qu’une remise en cause totale du travail du site d’investigation.
Anticipant des révélations supplémentaires dans les jours à venir, Marine Le Pen a ironisé sur le fait qu’elle et son poulain avaient enfilé leurs « costards en Kevlar », matière dont sont faits les gilets pare-balles. Une manière de dire qu’elle était prête à être la cible de nouvelles attaques politiques. Ce, avant d’enjoindre les journalistes à en faire de même. « C’est à Mediapart qu’il va falloir dire d’enfiler son costard en kevlar parce qu’il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent », a-t-elle menacé.
La déclaration a immédiatement fait bondir la sphère médiatique, dont les équipes de Mediapart qui ont dénoncé des « propos menaçants d’une grande gravité ». La députée écologiste Léa Balage El Mariky a quant à elle saisi la justice, au nom de l’article 40 « pour des propos qui ressemblent à des menaces de mort ».
À l’origine de nombreuses révélations sur les responsables politiques depuis sa création, Mediapart a souvent fait l’objet d’attaques en justice. Mais rares sont celles qui ont abouti : en témoigne le précédent de Nicolas Sarkozy, qui a trois reprises à saisi la justice pour « faux et usages de faux » dans l’affaire du financement libyen de sa campagne. L’ancien président de la République a systématiquement été débouté, jusqu’à la décision définitive rendue par la Cour de Cassation en 2019.