La Chambre régionale des comptes Occitanie vient de rendre son rapport concernant l’enquête menée auprès du Sivu (syndicat à vocation unique) du Conflent. Un document accablant à plus d’un titre.
La Chambre régionale des comptes Occitanie vient de rendre son rapport concernant l’enquête menée auprès du Sivu (syndicat à vocation unique) du Conflent. Un document accablant à plus d’un titre.
"Une performance insuffisante du service de distribution de l’eau potable et un prix de l’eau plus élevé". Le rapport rentre immédiatement dans le vif du sujet. Côté performance, "37,5 % de l’eau produite et traitée par le réseau retourne dans le milieu extérieur sans avoir été distribuée aux usagers". Le taux national moyen est de 16,6 %. Canalisations vieilles de parfois plus de 100 ans, difficultés de trouver les fuites, les raisons sont multiples. Côté prix, "en augmentation de 14 % entre 2019 et 2024, le prix moyen pondéré de l’eau potable est de 2,63 euros en 2026, plus élevé que dans le reste du département". Le prix moyen au niveau national est pour sa part de 2,32 euros.
Et comme si cela ne suffisait pas, la Chambre régionale des comptes rappelle que "la qualité de l’eau a fait l’objet de plusieurs alertes de la part de l’Agence régionale de santé. Réagissant ponctuellement à ces alertes, le Sivu ne s’est pas doté des outils prévus par la réglementation qui lui permettraient d’avoir une meilleure connaissance de ces risques et des moyens d’y répondre". Elle note tout de même que "la situation s’est améliorée depuis la mise en service de l’usine de traitement d’En Gorner". Des décisions sont donc à prendre mais l’existence de deux modes de gestion différents au sein du syndicat ne facilite pas les choses.
54,5 millions d’investissements à prévoirEn effet le Sivu ne gère une partie de ses adhérents en régie (8 communes), le reste (soit 11 communes) étant géré via une Délégation de service public (DSP) contractée avec la Saur. Un mode de gestion qui favorise les disparités entre usagers, notamment dans les tarifs. Touché mais pas coulé, le Sivu du Conflent peut tout de même compter sur une situation financière saine. Malgré tout, les investissements nécessaires sont estimés à 54,5 millions d’euros. "36 millions pour le réseau de plus de 40 ans et 18,5 millions pour celui de plus de 100 ans". Toujours selon le rapport, "la mobilisation des réserves ainsi que le recours à l’emprunt pourraient aider au financement de cet investissement".
Pour Aude Vivès la nouvelle présidente du Sivu, qui succède à Yves Delcor, "Ce n’est pas une surprise, on prend un héritage. On avait déjà constaté les défauts d’investissement et autres retards accumulés. Maintenant, il faut réagir, planifier et ne plus subir. Nous devons absolument améliorer notre taux de rendement. Idem pour la qualité de l’eau, nous devons éviter des épisodes comme celui de l’année dernière. Le problème est qu’il s’agit d’investissements colossaux par rapport au nombre d’abonnés. Nous espérons que l’agence de l’eau et les autres partenaires suivront les propositions que nous ferons. D’ailleurs, nous parlons du Sivu, mais c’est l’intégralité du Conflent qui doit s’interroger sur ce sujet".